Quels sont les objectifs de France Assos Santé ?

En clair, nous avons l’intention de nous impos­er. Le con­tre-pou­voir n’est ni offen­sif ni belliqueux mais néces­saire pour garan­tir une vraie démoc­ra­tie en san­té par la représen­ta­tion poli­tique des usagers du sys­tème de san­té au tra­vers des asso­ci­a­tions agréées. Nous représen­tons l’ensemble des coti­sants et usagers du sys­tème de san­té, et nous serons intraita­bles si nos représen­tants d’usagers qui siè­gent dans les instances ne sont pas respec­tés et sont traités comme des potich­es.
Nos mis­sions sont pré­cisées par la loi. Tout d’abord, for­mer les représen­tants des usagers qui siè­gent dans les dif­férentes instances de san­té. Cette mon­tée en com­pé­tence est un des trois piliers qui sou­ti­en­nent la mai­son France Assos San­té. Les représen­tants d’usagers du sys­tème de san­té sur le ter­ri­toire nation­al sont aujourd’hui env­i­ron 15 000 à siéger dans de nom­breuses instances : hôpi­taux, clin­iques, CPAM, HAS, ARS, etc. Ensuite, les textes relat­ifs à la san­té pro­posés au par­lement passeront par France Assos San­té, qui en fera une lec­ture cri­tique et pour­ra en retour émet­tre des propo­si­tions. Enfin, la loi prévoit que nous accom­pa­gnions les asso­ci­a­tions agréées dans la mise en œuvre des actions col­lec­tives en san­té.
Nous dis­posons d’un bud­get de 8 mil­lions d’euros. Nos statuts nous inter­dis­ent de sol­liciter des indus­tries du secteur de la san­té. Le monde asso­ci­atif doit être exem­plaire dans sa ges­tion.
France Assos San­té se con­stru­ira sur 3 piliers : la col­lé­gial­ité, la com­pé­tence et la vis­i­bil­ité.

Comment déclinez vous la collégialité, le « vivre ensemble » ?

Nous regroupons aujourd’hui 72 asso­ci­a­tions et dis­posons de 8 col­lèges par caté­gorie d’association. Con­traire­ment à l’organisation du Col­lec­tif interas­so­ci­atif sur la san­té, auquel nous suc­cé­dons, l’échelon région­al est une éma­na­tion de l’organisation nationale. Il faut recon­naître que le CISS s’était « balka­nisé », entraî­nant une faib­lesse poli­tique de l’ensemble. France Assos San­té se déploiera dans les régions au tra­vers de ses représen­ta­tions, au plus près des usagers, de la vraie vie. Le sys­tème de san­té, son accès et sa qual­ité doivent être éval­ués dans chaque ter­ri­toire par les usagers eux-mêmes grâce à des out­ils mis en place par France Assos San­té.

Ne souffrez-vous pas d’un manque de visibilité ?

Nous nous devons d’être vis­i­bles du pub­lic, qui doit pou­voir ren­con­tr­er nos représen­tants non seule­ment dans les lieux de soins mais aus­si dans les com­mis­sions de recours. Ain­si, nous nous imposerons au sein des instances dans lesquelles le pub­lic a besoin de nous et nous attend. Par exem­ple, dans les com­mis­sions de recours ami­ables des CPAM, dans lesquelles tant l’administration que cer­tains syn­di­cats ne voulaient pas nous voir. Nous devons être utiles à ceux et celles pour qui, bénév­ole­ment, nous nous mobil­isons, et per­son­ne ne nous en empêchera. Dans les 12 prochains mois, France Assos San­té doit être iden­ti­fiée par les usagers du sys­tème de san­té comme une insti­tu­tion utile et qui les représente.
Cette recherche de vis­i­bil­ité est le dernier de nos trois axes stratégiques de tra­vail. Nous voulons être con­nus et recon­nus par le grand pub­lic, car là réside notre force poli­tique. Nous ne tra­vail­lons pas sur un sujet de colère, mais nous revendiquons un car­ac­tère exhaus­tif et uni­taire. D’ici fin 2017, nous représen­terons 90 asso­ci­a­tions. La ques­tion est ensuite de savoir rester un poil à grat­ter tout en tra­vail­lant avec le sys­tème. Nous voulons tra­vailler avec, sans jamais per­dre notre capac­ité d’indignation et de dénon­ci­a­tion. Notre prin­ci­pale inquié­tude : la souten­abil­ité du sys­tème, et en par­ti­c­uli­er la ques­tion de l’accès aux molécules.