Quel est l’objectif de votre projet européen ?

Ce pro­jet RARENET (rarenet.eu) est financé par le FEDER, (Fonds européen de développe­ment région­al) dans le cadre du pro­gramme INTERREG V, dont béné­fi­cie notre Région mét­ro­pol­i­taine tri­na­tionale du Rhin Supérieur reliant la France, l’Alle­magne et la Suisse.

C’est un pro­jet cen­tré sur la for­ma­tion de tous les acteurs de la san­té, pour mieux accom­pa­g­n­er les patients qui souf­frent de mal­adies auto-immunes rares ou mal­adies rares avec des aspects buc­co-den­taires. Nous sommes atten­tifs à for­mer tous les pro­fes­sion­nels : médecins général­istes, chirurgiens-den­tistes, etc., aux­quels le patient va s’adress­er en pre­mier lieu et qui sont les pre­miers à détecter quelque chose d’un peu dif­fèrent, et peu­vent être décon­te­nancés par une patholo­gie qu’ils n’ar­rivent pas à expli­quer. Ils risquent de pass­er à côté du diag­nos­tic, et cela sig­ni­fie une perte de chance pour le patient. Ils doivent aus­si con­naître et col­la­bor­er avec les Cen­tres de référence mal­adies rares (CRMR) et leurs réseaux (CCMR, Fil­ière, ERN) pour un partage d’expériences et d’expertise. Nous nous tournons aus­si vers tous les acteurs tech­niques, qui réalisent les tests géné­tiques ou sont en rap­port avec les bases de don­nées, les col­lec­tions d’échantillons biologiques, les attachés de recherche, etc. L’objectif est égale­ment de par­faire la con­nais­sance des patients eux-mêmes et de leur famille, pour amélior­er la prise en charge.

Rap­pelons que ces mal­adies rares touchent cha­cune peu de patients (moins d’une per­son­ne sur 2 000) mais qu’elles sont nom­breuses (7 000 mal­adies) : elles con­cer­nent 3 à 4 mil­lions de per­son­nes en France et 25 mil­lions de per­son­nes en Europe, aux­quelles s’ajoute l’en­tourage famil­ial. C’est une pop­u­la­tion non nég­lige­able.

Comment votre projet est-il organisé ?

Nous béné­fi­cions d’un accom­pa­g­ne­ment sur 3 ans, financé par 7 parte­naires. Notre pro­jet réu­nit d’une part une cinquan­taine de per­son­nes issues des hôpi­taux, des uni­ver­sités, des lab­o­ra­toires de recherche, et d’autre part des parte­naires non financeurs. Nous embar­quons au final plus de 100 per­son­nes. Tous béné­fi­cient des avan­tages de la dynamique de pro­jet. De plus, c’est un pro­jet de réseau qui vise à s’ac­croître, et de nou­veaux parte­naires vien­nent se gref­fer au fil de l’eau. Nous voyons déjà des ram­i­fi­ca­tions bien au-delà de la région. Dans ce domaine, les col­lab­o­ra­tions inter­na­tionales sont très impor­tantes.

Nous dévelop­pons la pra­tique de l’e-médecine, d’avis à dis­tance. Ain­si, nous sommes sol­lic­ités par des prati­ciens du monde entier pour pré­cis­er des diag­nos­tics. L’idée, c’est d’es­saimer !

Comment articulez-vous les projets européens que vous avez initiés ou animés ?

Le 1er pro­jet INTERREG que j’an­i­mais a per­mis de con­stituer un pan­el ciblé pour dévelop­per un test géné­tique groupé pour toutes les mal­adies. Avec ces pro­jets INTERREG IV (Offen­sive Sci­ences) et INTERREG V, nous pou­vons trans­pos­er cet out­il recherche vers les lab­o­ra­toires de diag­nos­tic, en en dimin­u­ant les coûts, pour un ren­du patient qui sera plus effi­cace. Le test est pro­posé gra­tu­ite­ment. L’idée, ensuite, c’est de pou­voir offrir ce ser­vice à une com­mu­nauté élargie, avec les modal­ités de paiement et de mise en œuvre qui exis­tent dans les sys­tèmes de san­té.

Le développe­ment de nou­veaux médica­ments, de thérapies inno­vantes, passe beau­coup par l’an­gle mal­adie rare, les firmes phar­ma­ceu­tiques le savent bien.

RARENET, coor­don­né par l’Université de Stras­bourg en parte­nar­i­at avec 7 parte­naires co-financeurs : l’Université de Stras­bourg, les Hôpi­taux Uni­ver­si­taires de Stras­bourg, le Cen­tre Nation­al de la Recherche Sci­en­tifique Alsace (CNRS), le GIE Cen­tre Européen de Recherche en Biolo­gie et en Médecine – IGBMC, Uni­ver­sität­sklinikum Freiburg, Uni­ver­sitätsmedi­zin Mainz, Uni­ver­sität­sklinikum Hei­del­berg ; et de nom­breux parte­naires asso­ciés : 14 struc­tures hos­pi­tal­ières, 3 groupe­ments pro­fes­sion­nels, 10 asso­ci­a­tions de patients, 3 entre­pris­es.

Cadre du pro­jet :
Durée : 3 ans (01/01/2016 – 31/12/2018)
Bud­get total : 3 979 174 €
Mon­tant du finance­ment de l’Union européenne : 1 989 587 € (50%)
(Fonds Européen de Développe­ment Région­al INTERREG V Rhin supérieur)