L’e‑santé est représen­tée par des dis­posi­tifs con­nec­tés à usage domes­tique mais pas que. Elle se démène à déploy­er de nom­breux out­ils des­tinés à l’enseignement médi­cal et la sen­si­bil­i­sa­tion : les seri­ous games (appli­ca­tions, réal­ité virtuelle, chat­bots …) Selon une étude pub­liée par Ambi­ent Insight, les revenus de ces logi­ciels ont représen­té 2,6 mil­liards de dol­lars en 2016. La san­té est un secteur idoine pour créer ce genre de for­ma­tions ludiques, for­ma­tri­ces et virtuelles. Ces nou­veaux logi­ciels peu­vent être défi­nis comme des appli­ca­tions qui appor­tent une réso­lu­tion de prob­lé­ma­tiques médi­cales. Plus pré­cisé­ment, à l’aide de la réal­ité virtuelle, de la 3D, des tablettes tac­tiles ou des chat­bots, de nom­breux exer­ci­ces de for­ma­tion et sim­u­la­tion visent à ren­forcer la con­nais­sance médi­cale du pro­fes­sion­nel de san­té et sen­si­bilis­er et aider le patient sur divers­es patholo­gies. Com­ment se présen­tent les seri­ous games ? Quels sont les ter­ri­toires de san­té qu’ils cherchent à explor­er ? Retour sur leurs dif­férentes fonc­tions et quelques exem­ples con­crets.

Former les médecins et chercheurs en santé …

Sur la base du jeu, les seri­ous games ten­tent d’apporter de nou­veaux con­tenus pour ren­forcer l’expertise san­té. ’abord, si le logi­ciel est per­ti­nent médi­cale­ment et bien dévelop­pé, il peut s’avérer être un véri­ta­ble appui pour for­mer le médecin à par­tir de la tech­nolo­gie.

Dans les hôpi­taux, l’e‑santé occupe une place impor­tante dans la thérapie des patients. À l’hôpital Ste Anne à Paris, la réal­ité virtuelle accom­pa­gne les médecins pour lut­ter con­tre les trou­bles neu­ropsy­chi­a­triques des patients. « Le pro­gramme Near, créé à New York par le pro­fesseur Alice Medalia, est un out­il qui s’inscrit dans un par­cours glob­al de remé­di­a­tion. Il doit jouer un rôle de trem­plin dans la vie du par­tic­i­pant », explique Isabelle Ama­do, psy­chi­a­tre à Sainte-Anne.

Dans le milieu de la recherche médi­cale et sci­en­tifique, des seri­ous games exis­tent. Un jeu s’est rapi­de­ment démar­qué. Bap­tisé Foldit, le logi­ciel pro­pose des énigmes qui ont pour but d’aider les sci­en­tifiques à avancer dans leurs pro­jets. Par exem­ple le jeu matéri­alise ce à quoi ressem­ble le déploiement tridi­men­sion­nel d’une pro­téine. La pre­mière ver­sion du jeu a per­mis de résoudre en 3 semaines un prob­lème sur lequel les chercheurs se pen­chaient depuis 10 ans ! (1)

… sensibiliser les patients.

Le patient peut égale­ment prof­iter du jeu pour pren­dre con­science de cer­tains aspects médi­caux et de pren­dre soin de sa san­té en amont de patholo­gies. Les seri­ous games s’adressent par exem­ple aux malades chroniques, aux enfants, aux seniors ou aux aidants, générale­ment très deman­deurs de ce genre de dis­posi­tifs. Ces ini­tia­tives, si elles sont per­ti­nentes, ludiques et infor­ma­tives, pour­raient être très vite plébisc­itées par un plus grand nom­bre.

Les seri­ous games explorent dif­férents aspects de la san­té et des patholo­gies asso­ciées. Par­mi ces appli­ca­tions validées comme dis­posi­tif médi­cal de classe 1, on peut citer X‑TORP, des­tiné aux patients atteints d’Alzheimer. Le jeu pro­pose des exer­ci­ces visant à stim­uler la motric­ité cérébrale, mus­cu­laire et à ren­forcer le lien social. Le CHU de Nice, qui a expéri­men­té ce pro­gramme sur cer­tains patients, a noté cer­taines amélio­ra­tions à des niveaux divers :

  • La motric­ité, l’endurance et la stim­u­la­tion car­diores­pi­ra­toire.
  • La mémoire
  • La réduc­tion de l’apathie

A tra­vers ce jeu et d’autres encore, ces out­ils sont aus­si l’occasion de sen­si­bilis­er un pub­lic senior, en apparence très peu con­cerné par ces dis­posi­tifs.

La portée péd­a­gogique, thérapeu­tique et for­ma­trice des seri­ous games a déjà porté ses fruits autour de dif­férentes patholo­gies et de patients. A l’aide d’une tablette tac­tile, de la réal­ité virtuelle ou encore des chat­bots, l’e‑santé sem­ble ren­tr­er dans une nou­velle dimen­sion, plus util­i­tariste et médi­cal­isée. Mais comme à chaque prob­lé­ma­tique médi­cale, une réponse en san­té con­nec­tée n’existe pas for­cé­ment. L’enjeu futur des indus­tries, star­tups de san­té est de mul­ti­pli­er la con­cep­tion de ces out­ils, en mêlant faibles con­traintes d’utilisation et fia­bil­ité du dis­posi­tif comme du con­tenu.

SOURCES :

(1) http://www.66millionsdimpatients.org/serious-games-sante/
https://seriousgamesindustry.com/une-nouvelle-etude-chiffre-le-marche-des-serious-games-denseignement/
http://www.soledadcrea.com/serious-game-sante/
https://www.seriousfactory.com/blog/seriousgame-sante-must-former-sensibiliser/#.WR1UsxPygb0