Emmanuel Macron démarre ce nou­veau quin­quen­nat sans avoir coché aucune des cas­es du CV prési­den­tiel : être con­nu de longue date des Français, se pré­val­oir d’un par­ti poli­tique, d’une expéri­ence des urnes et du pou­voir. Il se présente comme le Prési­dent du renou­veau. Osera-t-il bous­culer autant les méth­odes et la cul­ture admin­is­tra­tives dans la ges­tion des dossiers ? Saura-t-il pro­pos­er des alter­na­tives inno­vantes et auda­cieuses pour le secteur de la san­té ?

Sur la forme, nous for­mu­lons un vœu. Celui que notre Prési­dent, choi­sis­sant de nou­velles per­son­nes, n’ait d’yeux que pour leurs com­pé­tences, quel que soit leur par­cours, et qu’il s’entoure de con­seillers issus de tous les secteurs, notam­ment de l’hospitalisation privée et de la médecine libérale. En d’autres ter­mes, qu’il fasse con­fi­ance aux pro­fes­sion­nels de ter­rain dans toute leur diver­sité et mette fin à la pen­sée unique qui enferme l’Administration dont nous dépen­dons. Renouons enfin le dia­logue et tra­vail­lons ensem­ble, car nous sommes forces de propo­si­tion.

Sur le fond, au-delà des grands principes d’équité de traite­ment et de trans­parence qui guident notre action, nous por­tons les attentes spé­ci­fiques des étab­lisse­ments de san­té privés MCO. Le pre­mier axe de tra­vail doit être de redonner des marges de manœu­vre à nos étab­lisse­ments, pour leur per­me­t­tre de con­tin­uer à inve­stir mal­gré la con­trainte finan­cière : nous deman­dons la sup­pres­sion des oblig­a­tions nor­ma­tives obsolètes, une réelle sim­pli­fi­ca­tion des autori­sa­tions, l’accélération de la dématéri­al­i­sa­tion, ain­si que des cam­pagnes tar­i­faires cohérentes et pluri­an­nuelles pour apporter de la vis­i­bil­ité aux pro­fes­sion­nels.

Ensuite, il faut œuvr­er à une meilleure recon­nais­sance du ser­vice réel ren­du aux patients dans le finance­ment des étab­lisse­ments. Il s’agit de met­tre fin à des sit­u­a­tions de rente, d’évaluer le ser­vice ren­du aux patients selon des critères objec­tifs com­muns et de financer en con­séquence. Nous par­lons ici du bon sens qui con­siste à con­firmer et soutenir le finance­ment à la qual­ité, mais aus­si de la néces­saire remise à plat du finance­ment des mis­sions d’intérêt général dont la réal­i­sa­tion doit être éval­uée. Nous atten­dons égale­ment un accès sécurisé et pérenne aux finance­ments de la recherche et de l’innovation, qui garan­tis­sent à tous l’accès aux meilleurs soins.

Enfin, à très court terme, il est impératif de tra­vailler sur un plan de sauve­g­arde de l’ob­stétrique privée. D’un côté, la grad­u­a­tion de l’of­fre de soins organ­isée par la tutelle et la préoc­cu­pa­tion légitime du reste à charge ont ori­en­té les par­turi­entes vers les mater­nités publiques ; de l’autre, des tar­ifs inférieurs aux coûts et des con­traintes nor­ma­tives ont appau­vri les mater­nité privées. Si l’État est attaché au principe fon­da­teur de la dual­ité pub­lic-privé de l’offre de soins, il ne doit plus rester indif­férent devant la dis­pari­tion pro­gres­sive de nos mater­nités.

Chaque année, la FHP-MCO organ­ise une con­ven­tion pour les pro­fes­sion­nels du secteur. En 2015 nous annon­cions être « Debout et en marche », en 2016 nous avions l’ambition de « Rebondir » face aux dif­fi­cultés, et en 2017 nous avons choisi d’être « Ensem­ble » avec la FHP-SSR et la FHP-Psy. Si l’on se fie aux slo­gans, nous devri­ons nous enten­dre avec la nou­velle équipe du Prési­dent. Si l’on se fie à ce que nous sommes, elle pour­ra compter sur des acteurs de san­té respon­s­ables pour con­stru­ire l’avenir du sys­tème de san­té.