L’ASIP Santé est un interlocuteur connu des directeurs d’établissements, mais pouvez-vous nous rappeler ses principales missions ?

L’ASIP San­té joue le rôle d’agence nationale de san­té numérique et dans cette per­spec­tive, elle exerce trois grandes mis­sions : con­tribuer à l’élaboration d’un cadre de régu­la­tion qui favorise le développe­ment des tech­nolo­gies et des usages de la e‑santé ; assis­ter les pou­voirs publics dans la mise en œuvre de ser­vices numériques ou de sys­tèmes d’information de portée nationale, comme par exem­ple les mes­sageries sécurisées de san­té MSSan­té, la refonte du sys­tème d’information des Samu-Cen­tres 15, la réno­va­tion du sys­tème d’information des cen­tres anti-poi­son, récem­ment l’ouverture d’un por­tail de sig­nale­ment des événe­ments san­i­taires indésir­ables et à venir un ser­vice pub­lic d’information à des­ti­na­tion des citoyens et patients ; accom­pa­g­n­er la con­duite du change­ment et les acteurs en prenant en con­sid­éra­tion les besoins et les attentes des util­isa­teurs et des pro­fes­sion­nels de san­té, mais aus­si en sou­tenant l‘innovation. Les enjeux de la san­té numérique ne sont plus réelle­ment tech­nologiques mais essen­tielle­ment cul­turels et organ­i­sa­tion­nels. Ces trois mis­sions sont un ter­rain de fer­til­i­sa­tion qui se réper­cu­tent sur l’ensemble de nos pro­jets.

La sécurité des systèmes d’information est une préoccupation majeure des directeurs d’établissement, en quoi l’ASIP Santé peut-elle les aider ?

L’ASIP San­té a élaboré un cor­pus doc­u­men­taire sous forme de référen­tiel qui col­lige la poli­tique générale de sécu­rité des sys­tèmes d’information de san­té, les principes et recom­man­da­tions  néces­saires pour sécuris­er les sys­tèmes et préserv­er la con­fi­den­tial­ité des don­nées de san­té à car­ac­tère per­son­nel. Ce référen­tiel a pour voca­tion à devenir oppos­able avec une série de textes régle­men­taires qui sont en pré­pa­ra­tion. En out­re, un por­tail de col­lecte des inci­dents de sécu­rité des sys­tèmes d’information de san­té et d’aide pour traiter ces inci­dents est prévu pour le dernier trimestre 2017. L’ASIP San­té est une puis­sance d’accompagnement des acteurs, de con­seil et de sou­tien péd­a­gogique, afin qu’ils puis­sent com­pren­dre et s’approprier les enjeux, dis­pos­er d’outils sim­ples et adap­tés aux usages pour met­tre en place leurs sys­tèmes d’information en respec­tant des principes de sécu­rité. Nous allons men­er en ce sens une opéra­tion de com­mu­ni­ca­tion avec des sys­tèmes de e‑learning, de for­ma­tion, etc., puis des plans d’accompagnement sur le long terme, que nous sommes en train d’expérimenter avec les GHT.

Dans 10 ans, à quoi ressembleront ces systèmes et comment pensez-vous qu’ils amélioreront les pratiques et les soins hospitaliers ?

La san­té numérique en France fran­chit un pre­mier palier de matu­rité, que nous devons encore trans­former en usages quo­ti­di­ens. Nous sommes en même temps en train de pré­par­er le deux­ième palier, qui va faire franchir à notre sys­tème de san­té une grande étape de ratio­nal­i­sa­tion et de mod­erni­sa­tion, avec des ser­vices ajoutés pour les pro­fes­sion­nels de san­té et les patients, les objets con­nec­tés, les out­ils d’aide à la déci­sion, les out­ils patients, le big data, etc. L’ASIP San­té est au cœur de cette trans­for­ma­tion, mais les acteurs doivent être con­scients que les impa­tiences vis à vis du numérique ne suff­isent pas et qu’il faut pren­dre en charge, cha­cun dans son secteur, sa part du chemin à accom­plir. Les pou­voirs publics ont du tra­vail pour ren­dre leur gou­ver­nance encore plus cohérente, rapi­de et effi­cace, ain­si que plus inci­ta­trice à l’in­no­va­tion. Nous avons devant nous un nou­veau cycle qui va être pas­sion­nant.
En France, nous avons col­lec­tive­ment tâton­né pour met­tre en place une poli­tique nationale, avec des pro­jets qui n’ont prob­a­ble­ment pas été au rythme souhaité. Finale­ment, cette phase qui aurait pu être perçue comme fac­teur de lenteurs a per­mis de pos­er un socle et est en fait un atout con­sid­érable pour une accéléra­tion dans la décen­nie qui vient. C’est le pronos­tic que je fais.