Mise à jour de l’instruction sur les séjours fron­tières HDJ.
Travaux en cours

Vous êtes nom­breux à nous inter­roger quo­ti­di­en­nement (et lors du Club des Médecins DIM du 30 mars 2017) sur la sit­u­a­tion de la fac­tura­tion de l’HDJ et de l’instruction fron­tière actuelle­ment en cours de révi­sion.

Une 4ième réu­nion a été organ­isée à la DGOS ce 5 avril 2017 afin pour­suiv­re les échanges et acter, ou pas, les pris­es en compte des deman­des des fédéra­tions.

Factuelle­ment, où en sommes-nous ?

  1. RAPPEL DU CONTEXTE

La néces­sité de la sécuri­sa­tion de la place, du con­tenu et des con­di­tions de fac­tura­tion des séjours d’HDJ s’impose en rai­son de rap­ports IGAS/IGF et des travaux de la com­mis­sion O. VERAN mais aus­si par la mise en place de la presta­tion inter­mé­di­aire (PI), nou­v­el éch­e­lon dans la gra­da­tion des pris­es en charge ambu­la­toires mise en place par la Loi LFSS 2017.
« La réécri­t­ure de la cir­cu­laire fron­tière, mais aus­si l’arrêté presta­tion, con­stitue un préal­able à la lev­ée des obsta­cles au développe­ment de l’ambulatoire médi­cal. »

A not­er, par ailleurs, que les sit­u­a­tions con­flictuelles lors des con­trôles T2A sont essen­tielle­ment con­cen­trées sur les séjours en HDJ allant jusqu’à remet­tre en cause un séjour sur deux dans cer­taines sit­u­a­tions.

Nous parta­geons pleine­ment l’objectif de clar­i­fi­er les textes d’application, arrêté et instruc­tion fron­tière pour offrir aux acteurs de ter­rain et aux prati­ciens con­seils des règles de fac­tura­tion les plus claires pos­si­bles ne lais­sant pas de place à des inter­pré­ta­tions.

Cepen­dant, l’objectif de clar­i­fi­ca­tion ne doit pas con­duire à remet­tre en cause la fac­tura­tion « GHS » pour des pris­es en charge hos­pi­tal­ières légitimes qui mobilisent des moyens des étab­lisse­ments de san­té.

  1. ETAT DE LA SITUATION A CE JOUR

AVANT LA REUNION DU 5 AVRIL 2017

Le dis­posi­tif envis­agé et le pro­jet com­mu­niqué le 16 févri­er 2017 ne répondaient pas aux prob­lé­ma­tiques de ter­rain devant faire l’objet d’une prise en charge légitime sous forme d’un GHS car cor­re­spon­dant à une véri­ta­ble presta­tion hos­pi­tal­ière.

Sans être exhaus­tif, nous avons soulevé avec les autres fédéra­tions hos­pi­tal­ières de nom­breuses dif­fi­cultés, et notam­ment, trois sit­u­a­tions de pris­es en charge des patients qui ne pou­vaient plus être fac­turables en « GHS » :

  • La ques­tion de la sit­u­a­tion du GHM 28Z17Z : « Chimio­thérapie pour affec­tion non tumorale »
  • La ques­tion des soins pal­li­at­ifs
  • Les pris­es en charge pour pose de port à cathéter et Picc lines

Nous avons égale­ment alerté sur les dif­fi­cultés rel­a­tives à :

  • L’administration des pro­duits de la réserve hos­pi­tal­ière qui recou­vre des sit­u­a­tions très divers­es (le for­fait AP2 ayant pour objec­tif ini­tial de cou­vrir toutes les sit­u­a­tions)
  • D’autres sit­u­a­tions médi­cales plus ciblées.

APRES LA REUNION DU 5 AVRIL 2017

Les élé­ments suiv­ants ne seront défini­tive­ment acquis qu’après la pub­li­ca­tion de l’instruction fron­tière. Cepen­dant, nous sommes en mesure de vous présen­ter les points suiv­ants.

A. L’admission au sein d’une struc­ture d’hospitalisation indi­vid­u­al­isée demeure mais l’identification d’un lit ou d’une place n’est plus exigée.

Par ailleurs, la déf­i­ni­tion des critères s’appuie sur trois sit­u­a­tions de prise en charge :

  • Type 1 : Prise en charge pour laque­lle est réal­isé un acte qui néces­site un envi­ron­nement respec­tant les con­di­tions tech­niques de fonc­tion­nement rel­a­tives à la pra­tique de l’anesthésie (acte CCAM qui accepte un code 4)
  • Type 2 : Prise en charge par une équipe pluridis­ci­plinaire et/ou pluri pro­fes­sion­nelle.
    — L’équipe pluridis­ci­plinaire et/ou pluri pro­fes­sion­nelle est com­posée d’au moins trois pro­fes­sion­nels dont au moins un pro­fes­sion­nel médi­cal et au moins deux pro­fes­sion­nels sup­plé­men­taires, médi­caux, paramédi­caux ou socio-édu­cat­ifs ;
    — La prise en charge donne lieu à la réal­i­sa­tion d’au moins deux actes tech­niques inscrits à la CCAM ou à la NGAP et rel­e­vant de deux tech­niques de spé­cial­ités dif­férentes ;
    — La coor­di­na­tion de la prise en charge est assurée par un pro­fes­sion­nel médi­cal qui rédi­ge le compte-ren­du d’hospitalisation ou la let­tre de liai­son.
  • Type 3 : Prise en charge du patient dont l’état de san­té présente un ter­rain par­ti­c­uli­er.

Cepen­dant, il est pré­cisé ce 5 avril 2017 que sont exclus de ces critères pour être admis­si­ble à la fac­tura­tion d’un GHS, les sit­u­a­tions suiv­antes :

  • L’ensemble des séances, quelle que soit leur nature et ce, dans l’attente de pou­voir mieux appréhen­der l’application des critères de la cir­cu­laire fron­tière aux pris­es en charge codées sous le GHM de séances de chimio­thérapies non tumorale ;
    Con­séquence : L’intégralité des séances (y com­pris non tumorales), telle que définies dans le guide PMSI MCO, demeure financée à tra­vers un GHS.
  • Les pris­es en charge codées en soins pal­li­at­ifs (qui répon­dent aux critères fixés dans l’arbre déci­sion­nel CNAMTS).
    Con­séquence : L’intégralité des pris­es en charge codées en soins pal­li­at­ifs demeure financée à tra­vers un GHS.

Par ailleurs, d’autres pré­ci­sions sont apportées pour les trois sit­u­a­tions décrites :

  • Type 1 : Par excep­tion, les actes ne béné­fi­ciant pas d’un code activ­ité 4 « anesthésie » mais réal­isés dans des con­di­tions strictes d’aseptie pour­ront jus­ti­fi­er la fac­tura­tion d’un HDJ. Les actes iden­ti­fiés à ce jour, qui ne béné­fi­cient pas d’un code activ­ité 4 mais qui sont pour autant réal­isés dans des con­di­tions strictes d’aseptie, con­tin­ueront à jus­ti­fi­er la fac­tura­tion d’un HDJ.

A titre d’exemple, l’instruction cit­era expressé­ment les pos­es de port à cathéter ou de pic­cline comme rel­e­vant d’une HDJ et donc d’une fac­tura­tion « GHS ».

  • Type 2 : équipe pluridis­ci­plinaire et/ou pluri pro­fes­sion­nelle : un élar­gisse­ment des sit­u­a­tions rel­a­tives à la réal­i­sa­tion d’actes notam­ment des exa­m­ens com­plex­es en biolo­gie est acté :

- Mesure du débit de fil­tra­tion gloméru­laire par test au ioe­hx­ol;
— Test endocrinologiques;
— Tests de stim­u­la­tion hor­monaux, titrages de médica­ments ;
— Stim­u­la­tion de l’hypophyse par la thy­rolibérine (« test au TRH ») ;
— Hyper­gly­cémie provo­quée par voie orale sur 3 heures (HGPO) pour diag­nos­tic et suivi acromé­galie ;
— Hyper­gly­cémie insulin­ique sur cor­ti­sol ;
— Test au CRH ou minirin sur ACTH ;
— Test aldostérone-rétine ;
— Test à la métopirone.

Par ailleurs, demeure à l’étude un dernier point relatif à la ques­tion de la place et de la val­ori­sa­tion de l’intervention des IDE.

  • Type 3 : ter­rain patient par­ti­c­uli­er : nous pas­sons de la notion de « poly­hand­i­cap » à « hand­i­cap » avec un ajout relatif à la déci­sion d’isolement médi­cal du patient. Les autres points demeurent : Etat gra­bataire ou de patholo­gies psy­chi­a­triques pour les dif­fi­cultés de coopéra­tion du patient ou son inca­pac­ité.

B. L’ADMINISTRATION DES PRODUITS DE LA RESERVE HOSPITALIERE

Une clar­i­fi­ca­tion impor­tante a été effec­tuée ce 5 avril 2017. En effet, il est annon­cé que l’administration d’un pro­duit de la réserve hos­pi­tal­ière relève de la fac­tura­tion d’un GHS à l’exception des trois sit­u­a­tions suiv­antes :

  • Fac­tura­tion APE pour l’Avastin® dans le traite­ment de la DMLA (RTU) ;
  • Fac­tura­tion AP2 pour les spé­cial­ités de fer injectable (Venofer et Fer­in­ject) fixé à 39,04€ au lieu de 25€ envis­agé ;
  • FSE5 pour l’injection de tox­ine bot­ulique au niveau des paupières et dans les mus­cles striés fixé à 175,67€ au lieu de 140€ envis­agé.

Bien évidem­ment, si le ter­rain patient répond à la déf­i­ni­tion du Type 3, la fac­tura­tion d’un GHS est pos­si­ble.

C. LE PRINCIPE DU MECANISME DU RESCRIT TARIFAIRE EST CONFIRME

Principe :

  • Per­me­t­tre à tout étab­lisse­ment de san­té d’obtenir une prise de posi­tion formelle de l’assurance mal­adie et de l’Etat sur l’éligibilité à l’HDJ d’un pro­to­cole de soins pré­cis et oppos­able à ces derniers.

Objec­tif :

  • Har­mon­i­sa­tion des inter­pré­ta­tions des règles de fac­tura­tion des GHS pour les pris­es en charge de moins d’une journée
  • Pos­si­bil­ité à tra­vers ce rescrit d’apporter une réponse à des sit­u­a­tions spé­ci­fiques (notam­ment cer­tains actes non encore réper­toriés à la nomen­cla­ture)

Sa mise en place sera effec­tive dès 2017. Ce principe du dis­posi­tif rescrit tar­i­faire fig­ur­era dans l’instruction fron­tière

D. NOTRE DEMANDE DE MORATOIRE DES CONTROLES EXTERNES T2A SUR CE CHAMP RENOUVELEE

Les mod­i­fi­ca­tions sont telle­ment com­plex­es qu’il faut laiss­er le temps à la total­ité des acteurs de s’approprier les nou­veaux principes de fac­tura­tion des presta­tions nou­velles ou anci­ennes.

Con­crète­ment, pour les étab­lisse­ments de san­té, il faut laiss­er le temps aux DIM d’assimiler ces évo­lu­tions et de les dif­fuser au sein de leur étab­lisse­ment.

Nous avons donc renou­velé notre demande de mora­toire des con­trôles T2A.

En syn­thèse, un sché­ma décrit le mécan­isme général :

III. LA SUITE DES TRAVAUX

Dès lors que les derniers arbi­trages seront ren­dus sur la ques­tion de la place et de la val­ori­sa­tion de l’intervention des IDE, un nou­veau pro­jet d’instruction fron­tière nous sera com­mu­niqué. Une nou­velle réu­nion de con­cer­ta­tion sera égale­ment pro­gram­mée.

Par ailleurs, l’Etat pré­cise que sa volon­té est de procéder à une actu­al­i­sa­tion annuelle de l’instruction fron­tière au même titre que l’arrêté presta­tion et tar­i­faire.
Ain­si, un pro­gramme de tra­vail devra être élaboré afin de définir les axes de révi­sion pour les années à venir.
Les sujets suiv­ants ont déjà été évo­qués en séance du 5 avril 2017 :

  • Les actes réal­isés sous séda­tion ou hyp­nose. Un tra­vail doit être mené avec la SFAR et les fédéra­tions afin de clar­i­fi­er la place de ces tech­niques dans l’hospitalisation de jour. Les gestes tech­niques effec­tués dans le cadre de la prise en charge de la douleur chronique seront aus­si abor­dés avec la SFAR.
  • Les modal­ités de prise en charge des patients en UHCD (et donc de fac­tura­tion des GHS).

Il nous appar­tient d’alimenter la liste des travaux à con­duire.

Les élé­ments présen­tés ici ne seront défini­tive­ment acquis qu’après la pub­li­ca­tion de l’instruction fron­tière.
Dès sa pub­li­ca­tion, nous revien­drons vers vous.

Le Dr Michèle Bra­mi (michele.brami.mco@fhp.fr) et lau­re Dubois (laure.dubois.mco@fhp.fr) sont à votre dis­po­si­tion pour tout ren­seigne­ment com­plé­men­taire.

Thierry Béchu

Délégué Général de la FHP MCO depuis 2008, Thierry Béchu, impliqué dans le monde de la santé depuis 1991, a assuré les fonctions de directeur d’établissement de santé privés, notamment au sein du Groupe 3H avant de s’impliquer dans la vie syndicale, fort de cette expérience de terrain.

Voir tous les articles de l'auteur