Le Bloc et l’U­nion col­lé­giale des chirurgiens et spé­cial­istes français (UCCSF) ont pub­lié les résul­tats d’une étude réal­isée par IMS Health sur les dif­férences de coûts de 248 actes traceurs en chirurgie et obstétrique entre les secteurs hos­pi­tal­iers pub­lic et privé, en inté­grant les hon­o­raires et les DP des médecins.

Pourquoi publier une nouvelle étude sur les différences tarifaires en chirurgie et obstétrique entre les secteurs hospitaliers public et privé ?

À l’aube de choix stratégiques pris par le nou­veau prési­dent de la République, il nous a sem­blé utile de faire une piqûre de rap­pel. Nous voulions remet­tre en évi­dence ce décalage de finance­ment entre les deux secteurs, que cette étude sérieuse pilotée par l’ancien DG de la CNAMTS démon­tre. Toutes choses égale par ailleurs, l’hôpital est plus cher et cette sit­u­a­tion demeure tou­jours sans expli­ca­tion. Nous exerçons au sein de clin­iques et nous sommes très inqui­ets d’une part de la baisse des tar­ifs et d’autre part de cette dif­férence de finance­ment réaf­fir­mée par notre étude.

En creux de cette étude, que voulez vous dire aux complémentaires santé ?

100 % des chirurgiens libéraux ont besoin de com­plé­ments d’honoraires, qui représen­tent env­i­ron et en moyenne 50 % de leurs revenus. Les prati­ciens sont mécon­tents et les patients nous dis­ent tous les jours que leurs coti­sa­tions ont aug­men­té de 2,5 % et que leurs rem­bourse­ments dimin­u­ent. Les com­plé­men­taires encais­sent 33 mil­liards d’euros et reversent 24 mil­liards. Où par­tent les 9 mil­liards d’euros de dif­férence ? Nous avons là un prob­lème poli­tique.

Que proposez-vous ?

La pri­or­ité du nou­veau prési­dent serait de mod­i­fi­er le décret du con­trat respon­s­able dès le PLFSS 2018. Les com­plé­men­taires pour­raient s’engager à rem­bours­er un planch­er de 30, 40, 50 % min­i­mum des com­plé­ments d’honoraires et les prati­ciens s’engageraient à les lim­iter à un cer­tain pla­fond, selon un cahi­er des charges. Aujourd’hui, il est lim­ité à 100 %, demain s’il était porté à 250 %, il cou­vri­rait le périmètre de tous les com­plé­ments d’honoraires. Je rap­pelle que, con­di­tion sine qua non de survie de la chirurgie libérale qui prend en charge grosso modo la moitié de l’activité en France, les com­plé­ments d’honoraires ne pèsent que 900 mil­lions d’euros sur un ONDAM hos­pi­tal­ier de presque 80 mil­liards. Au-delà, le futur prési­dent devrait net­toy­er la loi de san­té et la faire évoluer pour inté­gr­er par exem­ple un grand plan nation­al pour lut­ter con­tre les patholo­gies neu­ro-dégénéra­tives dont la prise en charge est un prob­lème poli­tique, ou encore redonner du souf­fle au Plan can­cer 3 en inté­grant davan­tage l’accès aux inno­va­tions thérapeu­tiques.