La san­té voit son ter­ri­toire grandir avec l’apport des nou­velles tech­nolo­gies qui per­me­t­tent de faciliter et mod­erniser les par­cours de soin. La san­té con­nec­tée apporte des répons­es à l’engorgement aux clin­iques et hôpi­taux et vise à lim­iter le poids financier des pris­es en charge médi­cales tout en par­tic­i­pant aux objec­tifs de  San­té Publique. 85% des Français esti­ment que ces nou­veaux dis­posi­tifs con­nec­tés peu­vent con­tribuer au bien com­mun et devraient être plus présents dans les débats poli­tiques. (1) La ques­tion est de savoir si le secteur de la san­té con­nec­té est suff­isam­ment mature en France. L’enjeu est de pou­voir béné­fici­er de l’appui des pou­voirs publics et des élus poli­tiques pour démoc­ra­tis­er les usages de ces nou­veaux mod­èles de san­té à une échelle nationale.

L’Hôpital Numérique : un programme national pour digitaliser les services médicaux

Dès 2012, le débat autour de la san­té con­nec­tée s’est élevée au niveau poli­tique. La min­istre des Affaires Sociales et de la San­té, Marisol Touraine a lancé des pistes sur lesquelles les élus poli­tiques ont com­mencé à se pencher : « l’essor de l’e‑santé est un enjeu majeur tant du point de vue de la san­té que de l’économie. Le numérique doit servir nos valeurs fon­da­men­tales : […] faciliter l’accès de tous à des soins de qual­ité ; et soutenir l’innovation de pointe. » Anticiper les patholo­gies et détecter plus en amont les pop­u­la­tions à risque sont deux élé­ments qui jus­ti­fient le développe­ment mas­sif de la san­té con­nec­tée. Le point con­ver­gent de ce con­stat réside dans le développe­ment et la mod­erni­sa­tion de l’Hôpital. C’est à cette ques­tion que le pro­gramme Hôpi­tal numérique a été lancé en 2012. (2) Ce plan de  finance­ment sur 5 ans s’est vu doté d’une enveloppe de 400 mil­lions d’euros qui a ini­tié de nou­velles bases pour mod­erniser les étab­lisse­ments de san­té : développe­ment des infra­struc­tures numériques, inté­gra­tion de nou­veaux dis­posi­tifs con­nec­tés dans les par­cours de soins …

Le « Territoire des Soins Numériques » : encadrer et coordonner les stratégies nationales de santé

En 2014, un autre pro­gramme impor­tant a vu le jour. Bap­tisé, « Ter­ri­toire de Soins Numérique » (3), ce grand pro­jet de 80 mil­lions d’euros visait à décloi­son­ner la Ville de l’Hôpital et de coor­don­ner les actions des dif­férents pro­fes­sion­nels de san­té. L’enjeu socié­tal est d’apporter des répons­es au vieil­lisse­ment démo­graphique, d’assurer un meilleur suivi des mal­adies chroniques et de sur­veiller les pop­u­la­tions à risque.

L’idée est de mod­erniser et flu­id­i­fi­er le secteur de la san­té en rap­prochant les dif­férents acteurs (étab­lisse­ments médi­caux, EHPAD, maisons de san­té, lab­o­ra­toires, phar­ma­cies, corps médi­cal…).  Ce pro­gramme per­me­t­tra, in fine, d’expérimenter de nou­veaux ser­vices et tech­nolo­gies et de parachev­er le secteur de la san­té con­nec­tée en plaçant le patient au cœur du sujet : prise de ren­dez-vous dématéri­al­isée, géolo­cal­i­sa­tion des équipes mobiles, ges­tion et disponi­bil­ité des lits…

Une nouvelle phase de tests pour le Dossier Médical Partagé

Le DMP est une ini­tia­tive de numéri­sa­tion du car­net de san­té pour flu­id­i­fi­er les par­cours de soins et dig­i­talis­er la rela­tion entre les pro­fes­sion­nels de san­té et leurs patients. (4) Le pro­jet, qui date de 2004, n’a pas trou­vé sa pleine mesure dans le paysage médi­cal français.

Théorique­ment, le DMP per­met aux pro­fes­sion­nels de san­té autorisés d’ac­céder aux infor­ma­tions médi­cales utiles (aller­gies, traite­ments, compte-ren­du, résul­tats d’examen …) et de les partager à d’autres con­frères, si néces­saire. 500 mil­lions d’euros ont été dédiés à ce pro­jet qui a été mar­qué par de nom­breuses défail­lances tech­niques. De nou­veaux essais sont réal­isés dans neuf départe­ments : le Doubs, l’In­dre-et-Loire, la Somme, le Puy de Dôme, le Val-de-Marne, le Bas-Rhin, les Pyrénées-Atlan­tiques, la Haute-Garonne et les Côtes-d’Ar­mor. Il devrait enfin être général­isé en 2019 si les sig­naux sont au vert.

Ain­si, mal­gré quelques pro­jets d’envergure struc­turant le secteur, l’implication des per­son­nal­ités poli­tiques reste encore faible. Si la san­té con­nec­tée est sou­vent évo­quée, il n’y a, à ce jour, aucune mesure « coup de poing » défendue. Le marché de la san­té con­nec­tée ne demande qu’à se dévelop­per si les sig­naux posi­tifs tant atten­dus se man­i­fes­tent dans les hautes sphères de l’Etat.

SOURCES :