Qu’est ce que l’ARDSP ?

L’ARDSP est l’ « Asso­ci­a­tion des réan­i­ma­teurs du secteur privé » (loi 1901), fondée le 29 mai 1985, créée au départ par un besoin d’entraide con­frater­nelle lié aux dif­fi­cultés d’exercice. Elle unit les réan­i­ma­teurs du secteur privé qui veu­lent y adhér­er, dans un esprit col­lé­gial et d’entraide con­frater­nelle. Dès lors, l’association qui n’est pas un syn­di­cat, ni une société savante, est dev­enue un groupe de réflex­ion, qui se veut indépen­dant de ceux-ci, lais­sant le libre choix à ses adhérents de s’y affil­i­er ou non. Représen­tant l’exercice de la réan­i­ma­tion au sein d’établissements privés, cette asso­ci­a­tion a donc pris sa place comme inter­locu­teur auprès des sociétés savantes, des syn­di­cats, des instances tutélaires gou­verne­men­tales. Son point de vue et son prag­ma­tisme ont per­mis, aidé par la FHP, l’intégration aux SROS, la par­tic­i­pa­tion à l’élaboration de la Loi 2002 con­cer­nant la réan­i­ma­tion et le main­tien des ressources finan­cières néces­saires à sa survie (Nomen­cla­ture, CCAM, PDS).

Comment voyez-vous l’avenir de la « filière de soins critiques » dans le secteur privé ?

Les médecins réan­i­ma­teurs du secteur privé sont con­scients des enjeux de la poli­tique actuelle de san­té. Ils s’inquiètent de ce que cette poli­tique sem­ble men­ac­er l’ex­is­tence même de ser­vices de réan­i­ma­tion dans le secteur privé, comme en témoigne les fer­me­tures récentes de cer­taines réan­i­ma­tions offrant pour­tant des soins de qual­ité.

Le ser­vice pub­lic met tout en œuvre, par la main­mise sur la régu­la­tion des soins, la lég­is­la­tion, la créa­tion de GHT et les change­ments tar­i­faires, pour men­er une poli­tique de san­té cher­chant à recen­tr­er les patholo­gies les plus lour­des sur les étab­lisse­ments publics et ne ten­ant pas compte des qual­ités inhérentes au secteur privé.

Pour espér­er con­tin­uer à faire béné­fici­er au patient du savoir-faire des 54 équipes de réan­i­ma­tions du secteur privé, nous croyons à 2 principes :

- Le pre­mier con­siste à pour­suiv­re ce que les médecins réan­i­ma­teurs du secteur privé ont tou­jours fait : offrir des soins de qual­ité, s’appuyant sur les recom­man­da­tions sci­en­tifiques en vigueur, sur des équipes motivées et sur un plateau tech­nique per­for­mant. Ceci per­met actuelle­ment aux réan­i­ma­tions du secteur privé d’accueillir 12 % des patients hos­pi­tal­isés en réan­i­ma­tion, pour un nom­bre de lits représen­tant 10 % du nom­bre de lits de réan­i­ma­tion sur notre ter­ri­toire. Ces patients ont une grav­ité, un niveau de prise en charge et un devenir iden­tiques à ceux des patients du secteur pub­lic.

- Le sec­ond cherche à struc­tur­er les dif­férentes spé­cial­ités MCO autour de fil­ières de soins cri­tiques, des urgences à la réan­i­ma­tion et jusqu’au cen­tre de réadap­ta­tion, pour sécuris­er les patients les plus graves. Struc­tur­er ces fil­ières de soins doit per­me­t­tre d’attirer de sur­croît de jeunes prati­ciens et leur per­me­t­tre de déploy­er leurs tal­ents au ser­vice des patients, dans l’in­térêt de la pop­u­la­tion.

Selon vous quel est déjà, ou sera l’impact des GHT sur l’activité des établissements de santé privés (et leurs autorisations) ?

Les médecins du secteur privé ressen­tent dans leur exer­ci­ce, la mon­tée d’une com­péti­tiv­ité sur le thème des soins cri­tiques entre le privé et le pub­lic, bâtie sur un mode asymétrique puisque c’est le pub­lic qui dis­pose des moyens de régu­la­tion des patients cri­tiques, via la prise en charge par les SAMU entre-autres. Nous voyons là une vraie dis­tor­sion de con­cur­rence sous cou­vert d’un argu­ment de sécu­rité san­i­taire, qui a comme con­séquence depuis quelques années, de voir les patients qui souhait­eraient aller en réan­i­ma­tion dans le secteur privé, être ori­en­tés vers le secteur pub­lic.

Pour cette rai­son, les réan­i­ma­teurs du secteur privé pensent qu’il faut organ­is­er, à l’instar de ce que le secteur pub­lic a mis en place, un réseau de soins de type GHT entre étab­lisse­ments privés. En struc­turant les fil­ières de soins, en appor­tant l’organisation et la qual­ité des soins, aidés par les qual­ités pro­pres du secteur privé, les médecins privés enten­dent ain­si répon­dre aux exi­gences de la médecine actuelle et être attrac­t­ifs.

C’est par cette volon­té d’excellence et d’organisation que l’impact des GHT sur l’activité des étab­lisse­ments privés sera réduit au min­i­mum.