La san­té du patient est le point de départ et d’arrivée de notre méti­er. Écouter ses attentes, vis­er l’excellence de sa prise en charge dans nos étab­lisse­ments de san­té et veiller à l’aval de son par­cours, sont notre respon­s­abil­ité quo­ti­di­enne. Ain­si, à l’issue de chaque séjour, nous espérons avoir gag­né sa sat­is­fac­tion.

E‑satis est le pre­mier indi­ca­teur nation­al de la sat­is­fac­tion glob­ale des patients hos­pi­tal­isés. Piloté par la HAS, il mesure leur sat­is­fac­tion deux semaines après leur hos­pi­tal­i­sa­tion. Pub­liés pour la pre­mière fois, les résul­tats obtenus par les étab­lisse­ments MCO publics et privés sont jugés « accept­a­bles », avec une note glob­ale de 72,7 sur 100. Une bonne base pour pour­suiv­re la démarche d’amélioration con­tin­ue inscrite dans notre ADN, afin d’obtenir lors de la prochaine édi­tion, la note de 80 qual­i­fiée de « suff­isante » par la HAS. Pré­cisons que si les patients sont sat­is­faits de leur prise en charge (avec l’obtention d’une note col­lec­tive de 80,7 / 100), ils le sont moins de l’accueil (note de 72,7), et des mesures cor­rec­tives sont claire­ment néces­saires pour amélior­er l’or­gan­i­sa­tion de la sor­tie (62,6) et l’hôtellerie (66,7).

Nous plébisci­tons une démarche de trans­parence, voire nous l’initions, mais nous devons nous assur­er que l’outil de mesure est per­for­mant pour pro­duire une juste pho­togra­phie de la réal­ité. En l’oc­cur­rence, 30 répons­es suff­isent pour valid­er e‑satis, et nous serons tous d’accord pour dire que les patients mécon­tents sont plus enclins à répon­dre à 60 ques­tions, que ceux sat­is­faits pour lesquels l’expérience est passée et oubliée. Un si faible échan­til­lon n’est pas suff­isant pour représen­ter l’avis de tous les patients, et de fait, cer­tains étab­lisse­ments s’étonnent déjà de ne pas retrou­ver dans les résul­tats de e‑satis ceux de leurs pro­pres ques­tion­naires de sat­is­fac­tion.

Par­al­lèle­ment, l’outil est chronophage et il n’est pas si aisé de recueil­lir les adress­es mail exactes des patients, ni d’obtenir d’eux une réponse au ques­tion­naire qu’ils recevront après leur sor­tie. Preuve en est, sur les 983 étab­lisse­ments MCO par­tic­i­pants, 580 ont moins de 30 ques­tion­naires exploita­bles ! Les résul­tats pub­liés par la HAS sont donc à rel­a­tivis­er, puisqu’ils ne por­tent que sur 403 des 1493 étab­lisse­ments de san­té con­cernés par e‑satis, soit à peine plus du quart. De plus, le champ d’évaluation est restreint aux séjours de plus de 48 heures : à l’heure du virage ambu­la­toire qui représente plus de la moitié des séjours en chirurgie, on peut s’interroger sur la per­ti­nence des résul­tats pour les patients chirur­gi­caux.

Ce dossier nous con­forte dans les efforts déployés par la FHP-MCO en amont, pour être par­tie prenante dans la con­struc­tion tech­nique des indi­ca­teurs, mais aus­si dans notre volon­té d’agir en aval, afin d’améliorer l’outil au ser­vice de la trans­parence due aux patients.

Je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année.