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Quelles sont les initiatives que vous développez au long cours pour améliorer la sécurité des patients ?

Nous avons pro­posé il y a quelques mois, en col­lab­o­ra­tion avec un assureur, des ate­liers à des­ti­na­tion des prati­ciens et des infir­miers de bloc. Cela per­me­t­tait de met­tre une équipe en sit­u­a­tion de ges­tion des risques opéra­toires en dis­posant pour cela des dernières tech­nolo­gies, avec notam­ment un man­nequin con­nec­té. La dimen­sion était ici plutôt médi­cale.
Afin de sen­si­bilis­er régulière­ment les soignants, nous organ­isons des « blocs des erreurs ». Il s’agit de plac­er dans une salle de bloc, des anom­alies, comme par exem­ple, des erreurs liées à l’identité du patient, à son groupe san­guin, à la péremp­tion de boîtes d’instruments, etc. L’équipe (chirurgien, anesthé­siste, infir­mi­er de bloc opéra­toire) doit détecter les dys­fonc­tion­nements et pro­pos­er des actions de cor­rec­tion adap­tées.
Dans le cadre de la semaine de sécu­rité des patients, nous avons instau­ré, des « cafés infor­ma­tion » à des­ti­na­tion des patients autour de dif­férents thèmes (cuiv­re antibac­térien, sécu­rité de la sor­tie du patient, infor­ma­tion du patient etc.). Un ate­lier sur la sécuri­sa­tion de la pose de pro­thès­es par la plan­i­fi­ca­tion infor­ma­tisée a con­nu un suc­cès par­ti­c­uli­er durant cette semaine. À par­tir de la radi­ogra­phie du patient, un chirurgien expli­quait com­ment et pourquoi le choix se porte sur telle pro­thèse, de telle taille, etc. Les retours des patients ont été très posi­tifs et le chirurgien lui-même a été très heureux de la curiosité et de l’intérêt des patients. Il souhaite d’ailleurs péren­nis­er ces ani­ma­tions qui ren­for­cent la rela­tion de con­fi­ance entre le patient et le chirurgien.

Quelles sont les actions de communication que vous avez mises en place ?

Nous avons beau­coup dévelop­pé la com­mu­ni­ca­tion car pour nous, informer le patient est fon­da­men­tal pour l’impliquer dans la démarche de soins et ain­si dimin­uer les risques. Nous avons donc pro­duit une série de courts films vidéo qui séquen­cent le par­cours du patient de son entrée à sa sor­tie. Chaque étape est scé­nar­isée comme un vrai film tourné dans nos locaux avec l’intégration de films expli­quant les inter­ven­tions chirur­gi­cales. L’infirmière remet au patient dès son entrée, une clé USB con­tenant ces scènes. Nous avons fait le choix du séquençage pour per­me­t­tre au patient de vision­ner chaque étape de son par­cours au moment où il le souhaite. Nous édi­tons aus­si des guides du retour à domi­cile après l’intervention dans lesquels sont expliquées les suites opéra­toires, les recom­man­da­tions et les com­pli­ca­tions pos­si­bles. Nous avons par ailleurs beau­coup tra­vail­lé en amont avec les chirurgiens sur une homogénéi­sa­tion des pris­es en charge et avons pro­duit des « plans guide », pro­to­coles de soins post-opéra­toires, qui sont suiv­is à 90 % par nos chirurgiens. Cela per­met d’aboutir à une prise en charge cohérente et très sécurisée de nos patients.

Quels sont vos projets particuliers pour améliorer de façon continue la sécurité ?

Nous tra­vail­lons en ce moment à la final­i­sa­tion d’une plate­forme web avec code d’accès per­son­nal­isé pour que le patient puisse dis­pos­er dès la con­sul­ta­tion chirur­gi­cale de toutes les infor­ma­tions néces­saires à sa prise en charge. Nous y avons inté­gré nos films mais aus­si des réca­pit­u­lat­ifs d’informations délivrées lors de la con­sul­ta­tion, des for­mu­laires à télécharg­er et des vues 3D des inter­ven­tions. Le patient peut ain­si pren­dre con­nais­sance de son par­cours, anticiper les étapes de sa prise en charge et réé­couter les infor­ma­tions délivrées par les dif­férents pro­fes­sion­nels. Enfin, les dossiers de patients présen­tant des dif­fi­cultés diag­nos­tiques, d’indications chirur­gi­cales ou de tech­niques sont exam­inés tous les 15 jours au cours d’un staff médi­cal. Depuis un an, l’équipe de médecins anesthé­sistes organ­ise des réu­nions équiv­a­lentes afin d’offrir aux patients les plus frag­iles la prise en charge la plus sécurisée.