Pierre Trudelle, Chef de pro­jet, ser­vice éval­u­a­tion de la per­ti­nence des soins et amélio­ra­tion des pra­tiques et des par­cours à la HAS et Marc Fumey, Adjoint au chef de ser­vice, ser­vice éval­u­a­tion de la per­ti­nence des soins et amélio­ra­tion des pra­tiques et des par­cours à HAS

La HAS vient de publier un référentiel de 101 bonnes pratiques pour favoriser le développement d’applications et objets connectés en santé sûrs, fiables et de qualité, quels étaient vos objectifs pour ce référentiel ?

Tout d’abord l’amélioration de la qual­ité et la sécu­rité des soins fait par­tie des mis­sions de la HAS. Notre objec­tif avec ce référen­tiel est de pro­mou­voir les bonnes pra­tiques. Il existe près de 50 000 appli­ca­tions san­té sur le marché en France, et de nou­velles appa­rais­sent tous les jours, mais il n’existait pas d’éléments pour struc­tur­er leur éval­u­a­tion, hormis des avis d’utilisateurs et des ini­tia­tives isolées. Ces appli­ca­tions peu­vent délivr­er des infor­ma­tions générales ou con­cern­er la préven­tion pri­maire et sec­ondaire. Elles peu­vent s’adresser au grand pub­lic, patients ou aux pro­fes­sion­nels de san­té. Ces derniers sont d’ailleurs prêts à les utilis­er selon une récente enquête du Con­seil nation­al de l’ordre des médecins dès lors que ces out­ils gèrent des don­nées cor­rectes et crédi­bles.

Nous avons donc élaboré un référen­tiel avec des critères d’évaluation sur trois domaines majeurs : la fia­bil­ité du con­tenu en san­té, la cyber­sécu­rité et la pro­tec­tion des don­nées per­son­nelles. Pour ce faire, nous sommes par­tis d’une large revue de lit­téra­ture déjà exis­tante sur le sujet, qui a con­sti­tué un squelette de départ.

Ce référen­tiel s’adresse aux développeurs et aux éval­u­a­teurs d’applications, mais égale­ment aux organ­ismes pro­fes­sion­nels qui pour­raient organ­is­er la pro­mo­tion d’applications au sein de leur spé­cial­ité.

Comment avez-vous travaillé ?

Nous avons lancé un appel à experts. Sur la cen­taine de répons­es, nous en avons sélec­tion­nées 20 ne présen­tant pas de con­flit d’intérêt. Nous dis­po­sions d’un groupe de tra­vail à la fois sci­en­tifique et indépen­dant com­posé d’ingénieurs développeurs, de chercheurs uni­ver­si­taires, de pro­fes­sion­nels de san­té et de représen­tants des usagers. Le référen­tiel a été soumis à la relec­ture de plus d’une cen­taine de lecteurs indépen­dants ou de par­ties prenantes.

Comment ce référentiel va-t-il évoluer ?

Nous pou­vons déjà attester de son suc­cès et avons compt­abil­isé 1 500 télécharge­ments en 4 jours. C’est donc un out­il qui était atten­du. Mais nous allons aller plus loin.
D’une part, nous allons pro­duire début 2017 sur la base de ce référen­tiel, un doc­u­ment court, adap­té au grand pub­lic, per­me­t­tant à tout un cha­cun de savoir quels sont les prin­ci­paux critères à véri­fi­er pour choisir son appli san­té. Nous allons égale­ment éla­bor­er le même type de doc­u­ment à des­ti­na­tion des util­isa­teurs pro­fes­sion­nels de san­té. Enfin, un tra­vail avec des organ­ismes de label­li­sa­tion pour­ra être envis­agé pour affin­er ou pro­longer ce tra­vail d’évaluation dans les années qui vien­nent.