L’hospitalisation privée a ouvert depuis longtemps la voie de la chirurgie ambu­la­toire : elle innove et occupe la pre­mière place en France. Les béné­fices de cette prise en charge pour le patient comme pour les finances de la Sécu­rité sociale ne font plus débat. Pour­tant, dans le plan tri­en­nal d’économies mis en œuvre par le gou­verne­ment, l’activité ambu­la­toire reste ciblée à hau­teur de 160 mil­lions d’euros en 2017.

Qua­tre points plaident en faveur d’un néces­saire change­ment de cap de nos tutelles.

Pre­mière­ment, com­ment inciter au développe­ment d’une pra­tique lorsque, dans le même temps, des « con­tre-inci­tat­ifs » tar­i­faires sont mis en œuvre ? Cette baisse tar­i­faire s’appuie sur les tar­ifs issus des coûts (TIC), dont la méthodolo­gie doit être affinée au regard du dif­féren­tiel de tar­ifs impor­tant con­staté pour cer­taines inter­ven­tions entre le GHM en J et le GHM de niveau 1. Il faut con­solid­er la démarche afin de fia­bilis­er davan­tage les don­nées.

Deux­ième­ment, le pos­tu­lat retenu pour jus­ti­fi­er une baisse tar­i­faire est un sys­tème de coûts type « bud­get base zéro ». Or les struc­tures réor­gan­isées n’obtiennent pas un niveau d’efficience équiv­a­lent à celui d’une struc­ture récente, créée ex-nihi­lo, pen­sée et dédiée à l’ambulatoire. Le mod­èle tar­i­faire doit néces­saire­ment en tenir compte.

Troisième­ment, le développe­ment de ce type de prise en charge s’opère aujourd’hui vers des patholo­gies plus lour­des en ter­mes de charge en soins, néces­si­tant des moyens impor­tants en amont et en aval du séjour. Sur ce point, les clin­iques sont dynamiques : infir­mi­er coor­di­na­teur, plate­forme de télé-suivi, information/formation des pro­fes­sion­nels de ville, élab­o­ra­tion et dif­fu­sion de pro­to­coles médi­caux et paramédi­caux, etc. Des études doivent pré­cisé­ment val­oris­er ces sur­coûts pour les inté­gr­er dans les GHS.

Qua­trième­ment, les 160 mil­lions d’économies escomp­tés sont inat­teignables si l’on utilise la même méthodolo­gie que les années antérieures, tant l’écart entre les GHS d’ambulatoire et les tar­ifs issus des coûts a dimin­ué. Il faudrait rééquili­br­er les efforts en les répar­tis­sant sur les deux secteurs pub­lic et privé, et lever quelques freins comme les bornes bass­es pour les niveaux 2 et les GHM en K.

Le min­istère doit mod­i­fi­er les ori­en­ta­tions de son plan d’économies, l’important étant de redonner du sens aux actions afin qu’elles soient en cohérence avec les objec­tifs poli­tiques.

Notre ténac­ité sur ce dossier est quant à elle motivée par la rai­son et la solid­ité de nos argu­ments.