Pour réguler les pre­scrip­tions de médica­ments fac­turables en sus du GHS, le min­istère de la San­té décidait en 2015 de créer un sys­tème d’abattement financier, mal­gré l’opposition unanime et com­mune de toutes les fédéra­tions (Uni­cancer, FHF, FEHAP, FHP-MCO et AFC-UNHPC). Con­crète­ment, cer­tains GHS de can­cérolo­gie sont minorés de 40 euros, dès lors qu’une molécule onéreuse est fac­turée en sus. Une idée mali­cieuse cen­sée inter­roger les étab­lisse­ments de san­té et les prati­ciens sur leurs pra­tiques.

L’échec man­i­feste de ce dis­posi­tif a prou­vé à nos tutelles, s’il en était besoin, que dans les clin­iques et les hôpi­taux, les déci­sions médi­cales ne se pren­nent pas en fonc­tion d’intérêts financiers mais dans l’intérêt du patient ! C’est ain­si que le taux de recours aux molécules onéreuses n’a pas évolué mal­gré la sanc­tion finan­cière, démon­trant de fac­to l’inefficacité et l’incongruité du mécan­isme. En revanche, le choix de molécules onéreuses dépend du type de tumeur traité, et le recours à la liste en sus est donc dépen­dant du case-mix de l’établissement. Ce dis­posi­tif est de sur­croît inéquitable entre étab­lisse­ments, créant des effets d’aubaine ou de perte, décon­nec­tés des bonnes ou mau­vais­es pra­tiques.

Nous sommes pleine­ment con­scients de la néces­sité de maîtris­er l’enveloppe budgé­taire des médica­ments en sus, et nous sommes dis­posés à réfléchir à des mesures réal­istes pour amélior­er — autant que faire se peut — la pre­scrip­tion de molécules coû­teuses, notam­ment au moyen de démarch­es de per­ti­nence des pra­tiques … Mais dans l’immédiat, nous deman­dons l’abrogation de ce dis­posi­tif d’abattement qui, au bout d’un an et demi d’application, a large­ment révélé ses écueils et son iniq­ui­té en matière de régu­la­tion des dépens­es.

Sur ce dossier, toutes les fédéra­tions hos­pi­tal­ières se sont unies pour agir dans le cadre du PLFSS 2017 (cf. let­tre com­mune du 26 juil­let 2016). Le retrait de ce mécan­isme, qui n’a pas fait la preuve de son car­ac­tère dés­inci­tatif, serait une sim­pli­fi­ca­tion du sys­tème de finance­ment fort appré­ciée par tous.

Pièce jointe : Let­tre com­mune du 26 juil­let 2016