La réal­ité a eu rai­son des règles : mal­gré les annonces il y a 1 an d’une aug­men­ta­tion pla­fon­née à 1,75 % pour 2016 et 2017, Bercy vient de valid­er un ONDAM relevé à 2,1 % en 2017. Les pistes évo­quées dans le précé­dent 13h étaient donc vraies.

Cela représente une enveloppe sup­plé­men­taire de 700 mil­lions d’eu­ros, des­tinée notam­ment à financer les reval­ori­sa­tions salar­i­ales accordées dans la fonc­tion publique et les nou­velles règles con­ven­tion­nelles pour les médecins libéraux. Mais la reval­ori­sa­tion de l’ON­DAM priv­ilégiera le médi­co-social (+2,9 %) sur la ville (+2,1 %) et l’hôpi­tal (+2 %).

Et surtout, le gou­verne­ment prévoit un sur­croît d’é­conomies pour tenir ses objec­tifs : 4,05 mil­liards d’eu­ros d’é­conomies sont atten­dus en 2017 sur l’As­sur­ance mal­adie, con­tre 3,4 mil­liards cette année ! Dans la ligne de mire, tou­jours les mêmes leviers : la baisse des dépens­es hos­pi­tal­ières (opti­mi­sa­tion des achats et liste en sus), le virage ambu­la­toire, la baisse des pro­duits de san­té et la pro­mo­tion des génériques, la per­ti­nence des soins.

« Nous avons sauvé la Sécu », lit-on dans le jour­nal Les Échos. Même si la Cour des comptes recon­naît dans son rap­port annuel une « incon­testable diminu­tion du déficit de la branche mal­adie », elle tacle le gou­verne­ment en par­lant « d’artifices compt­a­bles » et rap­pelle la « per­sis­tance tenace » du déficit en répé­tant qu’il « n’est ni légitime, ni fatal ». La Cour retoque prin­ci­pale­ment l’inscription en pro­duit 2016 d’une recette excep­tion­nelle de CSG de 700 mil­lions.

Les 0,25 % d’augmentation sup­plé­men­taire de l’ONDAM hos­pi­tal­ier offre une petite bouf­fée d’oxygène, mais gar­dons-nous bien d’en tir­er des con­clu­sions hâtives. Il nous faut d’abord récupér­er les 0,50 % ponc­tion­nés sur nos tar­ifs 2016 au titre du coef­fi­cient pru­den­tiel. Les dépens­es de l’ONDAM hos­pi­tal­ier 2016 pour­raient, avant mis­es en réserve, être supérieures à ce qui était anticipé, du fait notam­ment du dynamisme des dépens­es sur la liste en sus et de l’arrivée de nou­veaux traite­ments anti-can­céreux. Mais quel crédit accorder aux prévi­sions de vol­ume faites en novem­bre, quand on voit a pos­te­ri­ori l’im­por­tance des écarts entre prévi­sions et réal­ité … évidem­ment tou­jours en notre défaveur !

Par notre effi­cience, notre adapt­abil­ité et nos inno­va­tions organ­i­sa­tion­nelles, NOUS sauvons la Sécu. Alors ren­dez-nous le coef­fi­cient pru­den­tiel !

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat FHP-MCO