Une cam­pagne tar­i­faire chas­se l’autre. À peine l’analyse des effets de la cam­pagne 2015 est-elle bouclée que com­men­cent les réu­nions pré­para­toires de la prochaine cam­pagne, avec en arrière-plan la rédac­tion du PLFSS 2017.

La cam­pagne tar­i­faire demeure le résul­tat d’une équa­tion à plusieurs vari­ables. Cela com­mence par l’évolution de l’ONDAM hos­pi­tal­ier : elle découle de celle de l’ONDAM glob­al, annon­cée pour l’an­née prochaine à seule­ment 1,75 %. Un objec­tif dras­tique com­paré à l’aug­men­ta­tion de nos charges, qui fait écho au plan d’é­conomies tri­en­nal. Mais la ver­sion 2017 de ce plan ne pour­ra s’ap­pli­quer selon les mêmes mécan­ismes que les années précé­dentes, car pour la chirurgie cela con­duirait à fix­er des tar­ifs inférieurs aux tar­ifs issus des coûts !

Ensuite, les arbi­trages cibles sur le mon­tant du FIR, des MIGAC, des médica­ments et DMI fac­turables en sus, le vol­ume prévi­sion­nel … et la résul­tante de tout cela est l’évolution des tar­ifs.

Le vol­ume d’activité de notre secteur s’apprécie à par­tir des don­nées de la CNAMTS. Le coef­fi­cient pru­den­tiel — mécan­isme de réserve de l’État pour prévenir un éventuel dépasse­ment du vol­ume prévi­sion­nel — vient com­pléter le dis­posi­tif de pilotage. Autant de moyens d’actions de la tutelle ; autant de points de vig­i­lance et d’inquiétude du syn­di­cat. Car les règles du jeu ne sont pas respec­tées.

Il est ain­si com­mode pour la tutelle de prévoir pour la cam­pagne 2017, un vol­ume prévi­sion­nel de 1,7 % déjà retenu en 2016, mais qui cor­re­spond à une hypothèse bien haute au regard des réal­i­sa­tions passées. Nous nous sommes immé­di­ate­ment élevés con­tre ce scé­nario qui n’est pas réal­iste, dès lors que l’Observatoire économique de l’hospitalisation publique et privée acte sur 2015 une évo­lu­tion du vol­ume économique du privé MCO con­tenue à 1,5 % … pour un vol­ume prévi­sion­nel de 2 %, préemp­té sur nos tar­ifs de l’époque. Il s’agit d’un jeu de dupe puisque mal­gré cette sous-exé­cu­tion, seuls 70 % du coef­fi­cient pru­den­tiel 2015 ont été resti­tués aux étab­lisse­ments MCO.

Quand nous pilo­tons micro et démon­trons qu’un réglage à plus ou moins 0,5 % fait une très grande dif­férence pour un étab­lisse­ment de san­té, la tutelle raisonne macro et avance un arbi­trage glob­al … qui com­prendrait aus­si la médecine de ville ! Les déci­sions du min­istère sont effec­tuées sur la base de chiffres qual­i­fiés de pro­vi­soires, tou­jours alarmistes. Une incer­ti­tude que le man­ag­er, quant à lui, ne peut s’autoriser bien longtemps.

Cette année encore, il nous fau­dra nous bat­tre pas à pas pour ten­ter d’obtenir un min­i­mum d’équité et de cohérence dans la con­struc­tion de la cam­pagne tar­i­faire, et faire en sorte que les tar­ifs des clin­iques MCO ne soient pas la résul­tante de choix poli­tiques arbi­traires.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat FHP-MCO