Samu-Urgences de France et urgences privées, une nécessaire complémentarité ?

Les hôpi­taux publics et privés sont encore dans une logique de con­cur­rence alors que dans le cadre de fil­ières de soins, nous devons être dans une logique de com­plé­men­tar­ité. Samu-Urgences de France plaide pour cette com­plé­men­tar­ité, bien con­stru­ite et intel­li­gente. Nous ne sommes pas dans une logique con­flictuelle. Ce qui nous importe, c’est le par­cours de soins et le ser­vice ren­du, et pour cela il est indis­pens­able que tout ser­vice d’urgence réponde à un cahi­er des charges pré­cis.

Le SAMU cen­tre 15, plate-forme de régu­la­tion médi­cale, est un ser­vice hos­pi­tal­ier au ser­vice de la pop­u­la­tion. Il fait fonc­tion­ner les fil­ières de soins en fonc­tion de leur exis­tence mais pour fonc­tion­ner, nous avons besoin de savoir quelles patholo­gies les étab­lisse­ments pren­nent en charge et surtout qu’ils s’y tien­nent. A Metz par exem­ple où nous tra­vail­lons avec le pub­lic, le privé et les mil­i­taires, nous avons passé au peigne fin tous les motifs de recours aux urgences défi­nis par la société française de médecine d’urgence, et cha­cun s’est posi­tion­né. Qui prend quoi ? Le médecin régu­la­teur sait qu’en fonc­tion de tel motif, il peut adress­er le patient à tel endroit. C’est une forme de con­trac­tu­al­i­sa­tion essen­tielle pour nous. Sur les bases du livre blanc que nous avons réal­isé, nous souhai­te­ri­ons voir s’étendre ce sché­ma d’organisation des urgences. Un point impor­tant est aus­si à pren­dre en compte, c’est le choix du patient, que le SAMU respecte dans la mesure de la patholo­gie et des plateaux tech­niques.

Selon vous, quels sont les points à améliorer pour optimiser les urgences en France ?

Nous avons écrit il y a six mois un livre blanc inti­t­ulé « Organ­i­sa­tion de médecine d’urgence en France : un défi pour l’avenir », ce sont les propo­si­tions de SAMU-Urgences de France. Ce livre blanc pro­pose un cahi­er des charges de ce que devront être les ser­vices d’urgences de demain. Le livre blanc est notre ligne poli­tique.

Les ser­vices d’urgences doivent évoluer car les besoins de la pop­u­la­tion évolu­ent aus­si, l’épidémiologie des patholo­gies change, il y a des regroupe­ments de plateaux tech­niques, les tech­niques médi­cales pro­gressent et on fonc­tionne beau­coup en fil­ières spé­cial­isées (AVC, syn­dromes coro­nar­iens, trau­ma­tisés graves, etc.). La démo­gra­phie au sens large évolue, les médecins veu­lent tra­vailler autrement. Les hôpi­taux ne sont pas prêts à cette évo­lu­tion. On ne peut pas répon­dre à des prob­lèmes de demain avec des solu­tions d’aujourd’hui.

L’Euro démarre le 10 juin, sommes-nous prêts à faire face à des situations extra-ordinaires ?



Nous pré­parons l’Euro de beau­coup de façons avec des modes de pré­pa­ra­tion qui sont con­fi­den­tiels en ter­mes stratégiques. Les équipes et les SAMU con­cernés par les matchs ont une pré­pa­ra­tion anti-atten­tats, prise en charge de vic­times, etc. ren­for­cée cette année.

Livre blanc « Organ­i­sa­tion de médecine d’urgence en France : un défi pour l’avenir »