En termes de transition énergétique, que dit la réglementation ?

Elle est sim­ple et les dates butoir sont très proches. L’audit énergé­tique est oblig­a­toire depuis 2012 pour les entre­pris­es de plus de 250 salariés, et elles ont jusqu’au 30 juin de cette année pour dépos­er tous les jus­ti­fi­cat­ifs ! Ensuite le couperet tombe. Il s’agit d’une descrip­tion détail­lée de l’utilisation de l’énergie dans le bâti­ment. Il faut pour cela iden­ti­fi­er les prin­ci­paux postes de con­som­ma­tion et met­tre en évi­dence les pistes d’amélioration. Cet audit per­met égale­ment de quan­ti­fi­er les économies réal­is­ables et d’évaluer la rentabil­ité des pistes pro­posées.

Le diag­nos­tic de per­for­mance énergé­tique est quant à lui oblig­a­toire et doit être affiché dans le bâti­ment depuis le 1er jan­vi­er 2011. Ce diag­nos­tic présente la per­for­mance énergé­tique du bâti­ment par une esti­ma­tion de la con­som­ma­tion énergé­tique et son taux d’émissions de gaz à effet de serre.

Je peux vous assur­er que de nom­breuses clin­iques vont man­quer à l’appel, d’où l’im­por­tance de faire cir­culer cette infor­ma­tion.

La Caisse des dépôts et consignations offre un prêt à taux zéro pour la rénovation énergétique des hôpitaux publics. Est-ce un pas dans la bonne direction ?

Absol­u­ment ! Si l’argument financier n’est pas pre­mier, tant la volon­té des équipes est le fonde­ment de tout engage­ment durable, il demeure le nerf de la guerre. Ce prêt « crois­sance verte » de la Caisse des dépôts offre la pos­si­bil­ité aux étab­lisse­ments de rénover les bâti­ments, et ain­si demain de faire des économies mais égale­ment d’agir pour la planète.

Que proposez-vous pour les établissements privés ?

Que les directeurs pren­nent en main l’avenir de leur secteur ! Les coûts de réno­va­tion peu­vent être con­séquents, surtout quand on part avec un diag­nos­tic très défa­vor­able. Je ne vois qu’une seule solu­tion, celle de la créa­tion d’un fonds dédié. Les taxis vien­nent de le faire pour créer une plate­forme con­cur­rente à Uber. Les clin­iques pour­raient s’organiser de même pour palier la raré­fac­tion des finance­ments ou en l’occurrence leur iniq­ui­té. Il est en effet regret­table que seuls les étab­lisse­ments publics soient éli­gi­bles à ce dis­posi­tif excep­tion­nel car l’enjeu est bien glob­al. Mais il fau­dra bien se con­former à la régle­men­ta­tion en matière de tran­si­tion énergé­tique en temps et en heure, et assur­er les investisse­ments futurs dédiés à cette démarche de développe­ment durable sur laque­lle on ne vous demande plus votre avis. Dis­pos­er d’un fonds a plusieurs ver­tus, celui de per­me­t­tre aux pro­prié­taires des clin­iques d’optimiser leur retour sur cap­i­tal, d’avoir accès à ce finance­ment sol­i­darisé, de sol­liciter des finance­ments européens. Nous nous sommes déjà rap­prochés de pro­fes­sion­nels de la finance en capac­ité de nous aider à met­tre en œuvre rapi­de­ment un tel pro­jet.

Le gou­verne­ment veut agir con­tre le change­ment cli­ma­tique causé notam­ment par les émis­sions de gaz à effet de serre dues à l’augmentation des con­som­ma­tions des éner­gies fos­siles. Mais il revient aux pro­fes­sion­nels de san­té de pour­suiv­re le raison­nement car si le change­ment cli­ma­tique impacte l’environnement, il a surtout de nom­breuses réper­cus­sions sur la san­té humaine et sur le coût de notre sys­tème de san­té. En effet, réduire les con­som­ma­tions d’énergies fos­siles directes et indi­rectes, c’est aus­si réduire durable­ment, l’asthme, les aller­gies, les mal­adies à vecteur, les mal­adies car­dio­vas­cu­laires, les can­cers. C’est aus­si opti­miser les dépens­es de san­té et garan­tir un sys­tème san­i­taire pérenne pour les généra­tions futures.