Le comité d’alerte sur l’évo­lu­tion des dépens­es d’as­sur­ance mal­adie est déjà en sur­chauffe. Mis­sion­né pour veiller au respect de l’ONDAM, il con­sid­ère que l’ex­er­ci­ce 2016 se présente « dans des con­di­tions plus dif­fi­ciles que les années précé­dentes ».

À qui la faute ? Aux médecins de ville, tan­tôt les « piv­ots du sys­tème de san­té », tan­tôt trop dis­pendieux quand ils dépassent leur enveloppe de 270 mil­lions d’euros. Et aux médica­ments de la liste en sus, tan­tôt fierté de l’innovation française, tan­tôt trop chers quand leur coût pro­gresse de 5,1 %. Des dépens­es « en trop » que ne com­pensent pas les 160 mil­lions d’euros non con­som­més par les étab­lisse­ments de san­té.

Dans le même temps, le gou­verne­ment a présen­té son pro­gramme de sta­bil­ité budgé­taire. La loi de pro­gram­ma­tion des finances publiques 2014–2019 fixe le cap : elle entérine un déficit pub­lic inchangé à 3,3 % du PIB en 2016, puis 2,7 % en 2017, pour vis­er un équili­bre struc­turel en 2019. Sur les 3,8 mil­liards d’euros d’économies prévues en 2016, 1 mil­liard est fléché sur la san­té et la pro­tec­tion sociale.

Avec une pro­gres­sion de l’ONDAM main­tenue à 1,75 %, ce plan d’austérité porte la respon­s­abil­ité de baiss­es tar­i­faires d’ores et déjà annon­cées pour 2017 : 187 mil­lions à nou­veau en chirurgie, 25 mil­lions en dial­yse et une économie bien supérieure à celle de l’an­née dernière en médecine. Nous savons à présent que «les efforts de maîtrise des dépens­es de san­té se pour­suiv­raient pour main­tenir la pro­gres­sion de l’ONDAM à 1,75 % jusqu’à la fin de la péri­ode 2019 ».

Alors où va notre sys­tème de san­té avec de telles options de finance­ment ? L’urgence de trou­ver une autre poli­tique que celle du « rabot » est réelle. Et si on appli­quait vrai­ment la poli­tique de l’efficience ?

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO