D’ici 2050, on estime qu’une cen­taine de mil­liards d’objets con­nec­tés sera entre les mains des con­som­ma­teurs. Le marché de la san­té con­nec­tée est extrême­ment promet­teur mais il n’en est qu’à ses bal­bu­tiements notam­ment pour « sup­pléer » les médecins. La réflex­ion se porte donc sur la démoc­ra­ti­sa­tion de la médecine 2.0 dans la San­té Publique.

La médecine connectée présente certaines faiblesses.

Le Livre Blanc 2015 du Con­seil Nation­al de l’Ordre des Médecins a dédié son étude aux objets con­nec­tés. Ce rap­port remet en cause la per­ti­nence actuelle des objets con­nec­tés pour le ser­vice médi­cal. N’ayant pas le recul néces­saire, les médecins esti­ment que le niveau de sécu­rité est insuff­isant et que les diag­nos­tics peu­vent dif­fér­er de l’état réel du patient. Le prob­lème de la con­fi­den­tial­ité des don­nées médi­cales est soulevé. Pour l’heure, les failles de sécu­rité, dys­fonc­tion­nements et manque de fia­bil­ité freine l’essor des objets con­nec­té pour les médecins. Selon le rap­port d’études de la CNIL en 2014, 29% des français doutent sur la pro­tec­tion des don­nées. (1) L’Ordre des Médecins a dressé cette con­clu­sion : « les appli­ca­tions et objets con­nec­tés de san­té peu­vent con­stituer des out­ils com­plé­men­taires utiles à la prise en charge des patients. Ils peu­vent soutenir et ren­forcer la rela­tion patient/médecin ». (2)

Le défi de la santé connectée

Face à ces faib­less­es, les médecins ne peu­vent pas pleine­ment tir­er prof­it de ces tech­nolo­gies. Pre­scrire un objet con­nec­té ou une appli­ca­tion en com­plé­ment d’un traite­ment engagerait la respon­s­abil­ité du médecin en cas de dys­fonc­tion­nement. Le grand défi est d’instaurer un cadre de con­fi­ance en met­tant en place des codes déon­tologiques et juridiques qui garan­ti­raient la con­fi­den­tial­ité et la sécu­rité des don­nées col­lec­tées.

De plus, la san­té con­nec­tée revêt un enjeu économique impor­tant. Rien que sur mobile, le marché mon­di­al de la san­té devrait représen­ter 26 mil­liards de dol­lars d’ici 2017. La révo­lu­tion de l’e‑santé n’en est qu’à ses débuts et con­stitue déjà un appui poten­tiel pour la san­té publique qui pour­rait réduire le nom­bre d’hospitalisation et in fine alléger les coûts de la san­té.

En bref, la san­té con­nec­tée va décu­pler les pos­si­bil­ités offertes au corps médi­cal. Google glass, le cloud ou les smart­phones sont autant d’outils qui peu­vent accom­pa­g­n­er  les diag­nos­tics et prévenir cer­tains risques à dis­tance pour le patient. Le champ d’application étant vaste, il faut réguler ce marché en encad­rant les pra­tiques. A com­mencer par une banal­i­sa­tion de la san­té con­nec­tée au niveau éta­tique.

Bib­li­ogra­phie :

(1)   https://leseulrassemblementpourlens.files.wordpress.com/2015/02/image37.jpg
(2)   https://www.conseil-national.medecin.fr/sites/default/files/medecins-sante-connectee.pdf

Sources :

http://www.objetconnecte.com/sante-connectee-orientation-marche/
http://www.arte.tv/magazine/futuremag/fr/sante-connectee-demain-tous-medecins-futuremag