Vous l’avez remar­qué, en 2016 il y a un 29 févri­er. Et les 1er, 8 mai et 25 décem­bre tombent un dimanche. Un mois de mai presque nor­mal, on en rêve. Sans compter le 15 août ou encore le 11 novem­bre, situés un lun­di ou un ven­dre­di, ne pénal­isant pas trop l’activité de la semaine.

Si les bébés n’attendent pas les jours ouvrables pour naître, si les patients insuff­isants rénaux chroniques sont dialysés trois fois par semaine quoi qu’il arrive, l’activité pro­gram­mée de chirurgie pour­rait en théorie pren­dre davan­tage ses ais­es. Selon les cas, cet effet cal­endaire est un avan­tage mineur ou pos­si­ble pour l’étab­lisse­ment. La CNAMTS s’est juste­ment chargée de mesur­er l’augmentation mécanique cor­re­spon­dante de l’activité de san­té et l’évalue en 2016 à + 0,33 %.

Cette inci­dence n’aura pas échap­pé à la DGOS, et c’est un argu­ment qu’elle fait val­oir pour fix­er le vol­ume d’activité prévi­sion­nel de la prochaine cam­pagne tar­i­faire. Dom­mage qu’elle n’y ait pas pen­sé quand, à l’in­verse, les ponts à ral­longe rédui­saient forte­ment l’ac­tiv­ité du mois de mai …

Or, au sein d’une enveloppe fer­mée, tout ce qui aug­mente le vol­ume pénalise d’autant une évo­lu­tion tar­i­faire. Dès lors, 2016 sera-t-elle réelle­ment l’an­née des patrons de clin­iques ? Per­me­t­tez-nous d’en douter.

Pos­i­tivons. Cette année bis­sex­tile offre de fait une journée sup­plé­men­taire de tra­vail aux équipes du min­istère pour boucler la cam­pagne tar­i­faire. Espérons que les tar­ifs seront pub­liés à l’heure le 1er mars et que nous ne revivrons pas le cauchemar de 2015 avec des dossiers non fac­turés pen­dant 10 jours, faute de tar­ifs.

Mais si ces jours ouvrables sup­plé­men­taires  sont les bien­venus, l’ac­tiv­ité MCO n’est pas exten­si­ble et l’aug­men­ta­tion ne sera pas pro­por­tion­nelle. Cela ne suf­fi­ra pas à rééquili­br­er les 22 % de clin­iques MCO défici­taires, ni à relancer l’emploi et les investisse­ments dans notre secteur tan­dis que nous atten­dons fébrile­ment de con­naître le sort tar­i­faire qui nous sera réservé.

Alors, « le tra­vail c’est la san­té », un adage vrai ou faux ?

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO