Ces trois sim­ples car­ac­tères — T2A — ont fait couler beau­coup d’encre ! Lancée dès 2005 dans les clin­iques MCO, la réforme du finance­ment à l’activité était une révo­lu­tion plébisc­itée, dans son principe, par l’hospitalisation privée. Face à nos incom­préhen­sions sur les dif­férences de tar­ifs intra-sec­to­riels, nous obte­nions la réponse invari­able suiv­ante : « c’est his­torique ». Mais com­ment jus­ti­fi­er pour un même acte, des tar­ifs dif­férents pour des clin­iques implan­tées dans une même ville ? La T2A a per­mis de sup­primer ces dis­par­ités, et en jetant un coup d’œil dans le rétro­viseur, nous mesurons le chemin par­cou­ru. Restent les dif­férences tar­i­faires inter-sec­to­rielles …

La T2A apporte une rémunéra­tion basée sur la « pra­tique médi­cale moyenne » et offre un éclairage néces­saire à l’assurance mal­adie sur les « presta­tions de san­té » qu’elle rémunère. Une évi­dence aujourd’hui. L’Etat dis­pose depuis d’un out­il pour pilot­er sa poli­tique de san­té en inci­tant ou dés­inci­tant finan­cière­ment cer­tains actes ou types d’actes. Si le principe est louable, l’utilisation qui en est faite nous inter­roge par­fois, comme la baisse des tar­ifs des GHS d’ambulatoire.

Le mod­èle sus­ci­tant tou­jours de nom­breuses cri­tiques, la Min­istre de la San­té a mis­sion­né le député Olivi­er Véran pour cor­riger les effets négat­ifs de la T2A. Notons d’ores et déjà que les effets infla­tion­nistes, con­statés les pre­mières années, s’expliquaient par un envi­ron­nement tech­nique mal maîtrisé et un con­tour impré­cis des fac­tura­tions, et qu’ils ont été pro­gres­sive­ment cor­rigés. Cette cri­tique relève aujourd’hui davan­tage d’une con­vic­tion per­son­nelle que d’une démon­stra­tion réelle et solide.

Néan­moins, onze ans après sa mise en œuvre, des amé­nage­ments de la T2A sont néces­saires. Le finance­ment à la qual­ité (IFAQ) en est un, que nous qual­i­fions de vertueux. Mais la déter­mi­na­tion des dif­férents tar­ifs reste dis­cutable. L’Etat fixe ce qu’il con­sid­ère le « juste » prix en s’inspirant de l’étude nationale de coûts, qui porte en elle de nom­breux biais méthodologiques : la faib­lesse de l’échantillon des étab­lisse­ments de san­té sur lequel repose l’étude peut con­duire à faire d’une spé­ci­ficité locale une général­ité, le décalage tem­porel entre l’année de référence et l’année d’application empêche de pren­dre en compte les évo­lu­tions médi­cales et organ­i­sa­tion­nelles.

La T2A, mod­èle retenu dans de nom­breux pays mod­ernes, doit être main­tenue car elle assure un sens entre financeurs et financés. Out­re des amé­nage­ments, des points durs de dis­cus­sion demeurent : com­ment met­tre en adéqua­tion une logique médi­cale et une réal­ité économique et en finir avec des sous-finance­ments majeurs ? Com­ment offrir une vis­i­bil­ité de pilotage aux man­agers au-delà du cal­en­dri­er annuel de l’ONDAM ? Com­ment inté­gr­er l’innovation dans toutes ses dimen­sions ? Et enfin, com­ment faire avancer l’équité des tar­ifs inter-sec­to­riels ?

La T2A est le cœur même de la cam­pagne tar­i­faire, qui pour l’heure nous occupe non-stop. Votre avis nous intéresse. Alors, la T2A, qu’en pensez-vous ? Quels sont les points faibles à cor­riger ?

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO