« Protection maternité », les femmes médecins en secteur 2 sont exclues du dispositif

A la vitesse des réseaux soci­aux, les femmes médecins en secteur 2, les infir­mières, etc., suiv­ies par des organ­i­sa­tions, la Fédéra­tion nationale des infir­mières (FNI), l’Union française pour une médecine libre (UFML) sont mon­tées au créneau pour se réjouir de la « pro­tec­tion mater­nité » qui offre aux femmes médecins 3 000 euros par mois pen­dant 3 mois et simul­tané­ment pour man­i­fester leur colère sur l’ostracisme de la mesure qui ne con­cerne que les médecins en S1 ou qui ont signé le con­trat d’accès aux soins. Une médecin en secteur 2 témoigne : « J’ai fait le choix de m’ar­rêter 3 mois pour la nais­sance de cha­cun de mes enfants. Pen­dant mes arrêts mater­nité, je con­tin­u­ais à pay­er 8 000 à 9 000 euros pas mois de charges incom­press­ibles. J’ai reçu en tout env­i­ron 7 000 euros d’in­dem­nités for­faitaires et jour­nal­ières. Donc le cal­cul est vite fait : une sit­u­a­tion impos­si­ble sans avoir une tré­sorerie, en l’oc­cur­rence des économies de 8 années d’ac­tiv­ité libérale faites en prévi­sion ». Tra­vailler ou mater­n­er, il faut choisir !

Quand les patients le disent…

« L’an dernier, une pre­mière baisse sig­ni­fica­tive des for­faits avait dé­jà mis à mal l’équilibre financier des struc­tures de dial­yse, en par­ti­c­uli­er les unités dites de prox­imité (…) Il est en effet prévis­i­ble que les dif­férentes struc­tures de dial­yse soient con­traintes de faire des économies en dimin­u­ant leur masse salar­i­ale, qui est leur pre­mier poste de dépens­es. En pre­mière ligne, ce sont les psy­cho­logues, diététi­ciens, assis­tants soci­aux, per­son­nes en charge de l’éducation thérapeu­tique qui risquent d’en faire les frais (…) Il est aujourd’hui unanime­ment recon­nu que l’autonomie et le choix pour le patient de sa modalité de dial­yse, dans le cadre d’une dé­ci­sion partagée avec son médecin, sont des élé­ments clés de sa qualité de vie et de l’efficience de ses traite­ments. S’il s’agit vrai­ment d’encourager et d’accompagner cette autonomie, il est grand temps que la DGOS et toutes les autorités de tutelle se don­nent les moyens de leurs ambi­tions ! » écrit la Fédéra­tion nationale d’aide aux insuff­isants ré­naux (FNAIR).

« Ubérisation de la santé », le CNOM veille

295 euros pour un deux­ième avis de médecins sur une plate­forme web était l’actualité de trop. Le CNOM demande « une régu­la­tion des offres du secteur marc­hand, pour ne pas con­duire à l’ubérisation des presta­tions médi­cales ». Il con­state « un risque de dérive vers du com­merce élec­tron­ique non régulé qui réduirait la pra­tique médi­cale à une sim­ple presta­tion élec­tron­ique moyen­nant rétri­bu­tion » et lance une mis­sion pour exam­in­er la con­for­mité de divers­es presta­tions médi­cales en ligne avec les textes lég­is­lat­ifs et régle­men­taires en matière de respon­s­abil­ité pro­fes­sion­nelle et au regard de la déon­tolo­gie médi­cale. Voir le rap­port sur : www.conseil-national.medecin.fr

Par­al­lèle­ment, de nou­velles appli­ca­tions de e‑santé appa­rais­sent sur le marché. Par­mi les 7 trophées e‑santé remis le 8 févri­er dernier par Dmd avec l’appui de l’In­sti­tut nation­al de la con­som­ma­tion et son mag­a­zine 60 mil­lions de con­som­ma­teurs, retenons : à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels de san­té « My eRe­port » de eVe­Drug qui sig­nale, suit et déclare les effets indésir­ables des médica­ments, et « Mon coach douleur » de Take­da France SAS qui suit les douleurs liées au can­cer et per­met aux pro­fes­sion­nels de suiv­re leurs patients.

Déremboursement des anticancéreux : plus de peur que de mal ?

Le pro­jet de décret sur la mod­i­fi­ca­tion des con­di­tions d’in­scrip­tion ou de radi­a­tion de la liste en sus « ne prévoit pas de dérem­bourse­ment » veut ras­sur­er la min­istre de la San­té. Une trentaine de can­céro­logues sont mon­tés au créneau pour alert­er sur l’impossibilité de financer les anti­cancéreux onéreux et très sou­vent pre­scrits via le GHS ; ils s’inquiètent d’une men­ace d’inégalité d’accès aux soins. « Ce pro­jet de décret ne prévoit pas de dérem­bourse­ment, mais un ajuste­ment des critères qui per­me­t­tent un finance­ment sup­plé­men­taire pour les médica­ments à l’hôpi­tal », répondait Marisol Touraine dans Les Echos. Ah, alors tout va bien…