Les problèmes de santé publique en Guadeloupe sont majeurs, liés au diabète et à l’hypertension. Selon vous, la complémentarité public-privé répond-elle de façon satisfaisante à ces problèmes ?

Pas encore, préven­tion et dépistage sont deux mis­sions que doivent mieux pren­dre en compte les étab­lisse­ments de san­té, qu’ils soient publics ou privés. Nous avons lancé en 2014 un appel à pro­jets « étab­lisse­ment de san­té, pro­mo­teur de san­té » et reçu des propo­si­tions très intéres­santes d’établissements privés. Nous avons par ailleurs financé deux coor­don­na­teurs d’éducation thérapeu­tique pour les trois ter­ri­toires de san­té et abouti mer­cre­di 20 jan­vi­er dernier à la présen­ta­tion d’un doc­u­ment réca­pit­u­lant tous les pro­grammes d’éducation thérapeu­tique. Nous pro­posons aux médecins général­istes un proces­sus d’orientation vers les dif­férents pro­grammes, recueil­lant ain­si l’assentiment des par­tic­i­pants, dont les por­teurs de pro­grammes issus des étab­lisse­ments privés. S’agissant des soins, et en par­ti­c­uli­er des soins de suite, je con­state un cer­tain équili­bre entre les étab­lisse­ments publics et privés, qu’il s’agisse de la prise en charge des con­séquences du dia­bète et notam­ment la dial­yse (deux clin­iques con­cernées ver­sus le CHU et une asso­ci­a­tion) ou les SSR, ou de la prise en charge de l’insuffisance car­diaque. Autre sujet, la prise en charge de l’obésité, là aus­si des répons­es équili­brées entre les secteurs pub­lic et privé.

Les établissements de Guadeloupe souffrent plus qu’en métropole de la pénurie de médecins, comment enrayer ce problème ?

La démo­gra­phie médi­cale est un prob­lème chronique en Guade­loupe qui néces­site de faire appel à de coû­teux médecins intéri­maires qui ne se fondent pas dans les équipes médi­cales des étab­lisse­ments. Nous tra­vail­lons dans plusieurs instances en Guade­loupe sur ce sujet :
— Le comité de pilotage du pacte ter­ri­toire san­té que je réu­nis ce jeu­di avec son volet for­ma­tion uni­ver­si­taire : nous n’avons pas de dif­fi­culté pour recevoir des internes aux Antilles Guyane mais ils ne revi­en­nent pas s’installer ensuite. Il nous faut donc tra­vailler avec le doyen et les étab­lisse­ments de san­té sur la fidéli­sa­tion, mais égale­ment accroître les répons­es en ter­mes de chefs de clin­ique. L’engagement n°6 du pacte ter­ri­toire san­té II prévoit que le statut de chef de clin­ique sera élar­gi aux spé­cial­istes libéraux.
— Le comité région­al de l’ONDPS qui tra­vaille sur l’attractivité et doit ren­forcer ses travaux en lien avec le Comité région­al par­i­taire des PH.

Quel sens prend la loi de santé et la non-intégration des établissements privés qui pratiquent des DP au Service Public Hospitalier, dans la configuration particulière de la Guadeloupe ?

J’ai évo­qué récem­ment ce sujet avec les respon­s­ables d’établissements de san­té réu­nis en for­ma­tion sur la Loi de mod­erni­sa­tion du sys­tème de san­té. Avant toute chose, nous avons con­venu qu’il fau­dra rapi­de­ment que la réflex­ion que les hôpi­taux publics vont avoir pour leur pro­jet médi­cal partagé, à finalis­er d’ici Juin 2016, asso­cie les étab­lisse­ments privés et les étab­lisse­ments médi­co-soci­aux. Je pense que c’est dans ce cadre que votre ques­tion va pou­voir trou­ver une réponse.

Inter­view réal­isée avec le con­cours de la FHP Guade­loupe.