Un acteur de soins incontournable

Le secteur de l’hospitalisation privée est his­torique­ment fort en Guade­loupe (60 % de l’activité) mal­gré une forte restruc­tura­tion du secteur et la fer­me­ture de quelques clin­iques ces dernières années. Il assure 75 % de l’activité SSR de l’île et domine égale­ment au niveau chirur­gi­cal avec une offre de très haut niveau dans toutes les spé­cial­ités, ce qui per­met de lim­iter à env­i­ron 15 % le taux de fuite des patients vers la métro­pole, pour les spé­cial­ités non disponibles locale­ment. Glob­ale­ment, le secteur privé a très vite inté­gré à son fonc­tion­nement des modes de prise en charge alter­nat­ifs et com­plé­men­taires à l’hospitalisation, si bien que la prise en charge en ambu­la­toire et la HAD sont assurées en majorité par des acteurs du secteur privé (respec­tive­ment 70 et 73 %). Il est par ailleurs leader en can­cérolo­gie, chimio­thérapie et radio­thérapie, dans la prise en charge de l’obésité, de la géri­a­trie et des soins pal­li­at­ifs, pour les spé­cial­ités de réadap­ta­tion fonc­tion­nelle mais aus­si et surtout en hémodial­yse (93 %).

« Les prob­lé­ma­tiques que nous avons en Guade­loupe sont sim­i­laires à celles de métro­pole tout en étant spé­ci­fiques au fonc­tion­nement d’entités par­fois en con­cur­rence sur un petit ter­ri­toire. Nous subis­sons les réformes et sommes par­ti­c­ulière­ment inqui­ets de celles touchant le SSR. Le secteur privé guade­loupéen a tou­jours fait preuve d’une excel­lente sou­p­lesse et con­tin­uera à le faire à con­di­tion que l’hôpital pub­lic ne soit pas arti­fi­cielle­ment favorisé au détri­ment des forces en place. La ges­tion hos­pi­ta­lo-cen­trée de notre gou­verne­ment nous inquiète bien évidem­ment. D’autre part, les mou­ve­ments soci­aux sont par­ti­c­ulière­ment mar­qués sur notre île et nous poussent, directeurs d’établissements de san­té mais aus­si décideurs poli­tiques, à pren­dre des déci­sions qui vont au-delà de ce qui pour­rait paraître appro­prié d’un point de vue économique. La FHP Guade­loupe, qui a été quelques temps sans prési­dence, a bien l’intention de se faire enten­dre et de défendre la place de l’hospitalisation privée du départe­ment. Je pense que glob­ale­ment nous n’avons pas encore réelle­ment pris con­science de la mesure de notre puis­sance locale », déclare le Dr Pitat.

Des projets dictés par la démographie

« Les besoins de prise en charge locaux con­di­tion­nent notre développe­ment et notre capac­ité d’adaptation fera le reste. La Guade­loupe sera dans quelques années le départe­ment avec la pop­u­la­tion la plus vieil­lis­sante au niveau nation­al et nous détenons égale­ment la palme pour notre taux d’obésité et patholo­gies asso­ciées. Donc nous allons ori­en­ter notre développe­ment en con­séquence. Cepen­dant, un frein réel pour notre développe­ment est le manque de médecins et la dif­fi­culté à recruter des spé­cial­istes con­fir­més surtout en radi­olo­gie, oncolo­gie et anesthésie. Nous nous ori­en­tons par­tielle­ment vers d’autres pays européens pour recruter, comme l’Espagne. Le recrute­ment des per­son­nels infir­miers fut un prob­lème mais ne l’est plus actuelle­ment heureuse­ment. Nous souhaitons con­tin­uer à pro­pos­er aux patients de l’île une offre large et de qual­ité, c’est notre moti­va­tion prin­ci­pale et nous ne faisons pas de com­pro­mis sur la qual­ité. »

La FHP région Guadeloupe en chiffres :

140 643 patients pris en charge / an
Plus de 26 000 pas­sages dans l’u­nique ser­vice des urgences
1 accouche­ment sur 4
93 % des patients dialysés
75 % des Soins de Suite et de Réadap­ta­tion
73 % de l’activité de l’Hospitalisation à Domi­cile
70 % de la chirurgie ambu­la­toire
66 % du MCO
51 % des inter­ven­tions chirur­gi­cales
49 % de la chimio­thérapie anti-can­céreuse
9 % des hos­pi­tal­i­sa­tions psy­chi­a­triques