Stéphane Lievain,

directeur de la Clin­ique Inter­na­tionale du Parc Mon­ceau, Paris

 

La clin­ique Inter­na­tionale du Parc Mon­ceau est située en plein Paris. Avec près de 140 lits et places dont un ser­vice d’USC, cet étab­lisse­ment indépen­dant fait par­tie des gross­es struc­tures san­i­taires privées de Paris intra-muros.

Nous avons pris en charge 7 patients blessés par balle »

 « Ven­dre­di 13 novem­bre dès 22h30 nous étions sur le pont » ! Stéphane Lievain directeur de la clin­ique Mon­ceau dans le cen­tre de Paris est comme tous, vite alerté sur les évène­ments. Direc­tion et cadres se coor­don­nent et se met­tent en ordre de marche pour faire face à une éventuelle demande. « Notre sit­u­a­tion était alors tout à fait excep­tion­nelle car l’établissement était totale­ment à l’arrêt du fait de la très forte mobil­i­sa­tion de nos médecins con­tre la loi de san­té. Les blocs, le ser­vice de soins non pro­gram­més et l’accueil des Urgences Mains étaient tout sim­ple­ment fer­més pour 3 jours. »

Médecins et per­son­nels se sont tout de suite man­i­festés en nom­bre
« Les réac­tions étaient unanimes, médecins et per­son­nels ont appelé spon­tané­ment pour sig­naler leur disponi­bil­ité. Per­son­ne ne s’est posé de ques­tion, prati­ciens en grève les pre­miers, cadres, soignants. Nous avions même plus de pro­fes­sion­nels de san­té que d’ordinaire pour assur­er le week-end ! Comme tous les autres soignants, nous avons fait notre tra­vail, immé­di­ate­ment. » La clin­ique Mon­ceau n’a pas été réqui­si­tion­née dans le cadre du plan blanc mais dès ven­dre­di 23h, la direc­tion s’est sig­nalée auprès de l’ARS de façon proac­tive : chirurgiens, anesthé­sistes, blocs, per­son­nels de soins, tous sont disponibles et opéra­tionnels. « L’ARS a bien pris note que nous étions prêts à accueil­lir des patients blessés mais sachant que la grève des prati­ciens était très forte à Paris, nous propo­sions en pri­or­ité de délester les hôpi­taux des autres patients qui avaient sat­uré les ser­vices parisiens, du fait du Black Fri­day qui avait été très suivi dans les cen­tres d’urgences mains privés de la région.»

« Du same­di matin au lun­di, nous avons donc accueil­li les trans­ferts chirur­gi­caux habituels, ain­si que sept patients blessés par balles. Pris en charge en pre­mière inten­tion dans les hôpi­taux publics, ils ont été adressés chez nous pour des extrac­tions de pro­jec­tiles et des blessures divers­es. Plus tard dans la semaine, d’autres vic­times plus légères et néces­si­tant des soins non urgents se sont présen­tées chez nous de façon spon­tanée. » La direc­tion de la clin­ique a mis en place par la suite une cel­lule psy­chologique pour le per­son­nel. « Ce sou­tien est néces­saire. Nous avons noté dif­férents niveaux d’inquiétude. Même si on se dit que cha­cun a juste fait son boulot, par sen­ti­ment de sol­i­dar­ité et de patri­o­tisme, nous avons souhaité faciliter les retours d’expérience. Nous restons vig­i­lants et mobil­isés sur tous les fronts, les atten­tats, comme la loi de san­té.»