Plus rien n’empêche désor­mais le vote de la loi de mod­erni­sa­tion du sys­tème de san­té. Demain 1er décem­bre, le rideau tombera pour sig­ni­fi­er la fin du spec­ta­cle d’un Sénat détri­cotant le tra­vail de l’Assemblée nationale et vice-ver­sa. Ain­si tri­om­phera la nos­tal­gie de la loi hos­pi­tal­ière de 1970, sans véri­ta­ble amélio­ra­tion de notre sys­tème de san­té qui aurait pour­tant été néces­saire pour affron­ter le développe­ment des mal­adies chroniques et relever le défi de l’efficience des par­cours.

Mal­gré 13 mois de lutte de l’ensem­ble du monde libéral de la san­té depuis la présen­ta­tion de ce pro­jet au Con­seil des min­istres d’octobre 2014, l’e­sprit de la loi est clair : inscrire le ser­vice pub­lic ter­ri­to­r­i­al dans la loi et recen­tr­er l’offre de soins sur le ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier en le réha­bil­i­tant. L’enjeu pour nous sera désor­mais que le label de « ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier » (SPH) ne devi­enne pas un passe-droit sys­té­ma­tique pour les étab­lisse­ments publics et les ESPIC.

De plus, la loi prévoit la mise en place d’un con­trôle et d’une récupéra­tion des sur­com­pen­sa­tions finan­cières pour l’ensemble des étab­lisse­ments de san­té. Il s’agit pour la France de répon­dre aux injonc­tions européennes sur les Ser­vices d’In­térêt Economique Général (SIEG). Mal­heureuse­ment, la ques­tion de l’efficience, qui était cen­trale dans notre recours européen de 2010, sem­ble mise de côté dans ce débat. Nous tra­vail­lons donc avec le cab­i­net KPMG pour franchir ce nou­v­el obsta­cle et pour­suiv­re notre com­bat vers une plus grande équité de traite­ment dans les finance­ments.

L’heure est grave pour notre pays, la sit­u­a­tion est dif­fi­cile pour notre secteur. C’est dans ce con­texte que démarre la COP 21, por­teuse de la vision d’un monde meilleur. Au-delà de la volon­té des Etats, c’est l’engagement des citoyens et des entre­pris­es qui fera la dif­férence. Et l’hospitalisation privée a son rôle à jouer. Si la loi de san­té ne nous donne pas de cap ni de per­spec­tive, nous nous en don­nerons nous-mêmes. Nous sommes des man­agers de san­té respon­s­ables et notre secteur est résol­u­ment tourné vers l’avenir. J’en veux pour preuve les nom­breuses ini­tia­tives qui foi­son­nent dans nos étab­lisse­ments en ter­mes d’innovation, de recherche, de RSE.

La FHP-MCO s’associe à ce som­met mon­di­al pour le cli­mat et apporte sa con­tri­bu­tion : je compte sur vous le 3 décem­bre après-midi pour par­ticiper à la plan­ta­tion de « la forêt de l’hospitalisation privée ». Un sym­bole qui a du sens.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO