S’il s’agissait d’un jeu télévisé, l’exercice prêterait à sourire, mais le bras de fer qui nous oppose à l’Etat sur la resti­tu­tion du cœf­fi­cient pru­den­tiel nous force à mon­tr­er les dents.

Afin de com­penser un éventuel dépasse­ment de l’ONDAM hos­pi­tal­ier, la loi a prévu des mécan­ismes de réserve. Le cœf­fi­cient pru­den­tiel en est un, qui s’applique aux secteurs pub­lic et privé. Au moins une équité de règle. Ce dis­posi­tif per­met de con­stituer une réserve de crédits qui pour­ra être rever­sée aux étab­lisse­ments en fonc­tion du respect de l’ONDAM.

C’est ain­si 143 mil­lions d’euros — dont 32,1 mil­lions pour le secteur privé MCO — qui sont « prélevés » sur les tar­ifs 2015 et qui cor­re­spon­dent à une baisse sup­plé­men­taire de 0,35 %.

Mais l’Etat a du mal à ren­dre aux étab­lisse­ments ce qu’il leur a pris, quand bien même ils auraient respec­té l’objectif de dépens­es. En 2014, il a fal­lu atten­dre le 3 décem­bre pour que soit prise la déci­sion poli­tique de dégel. Chaque année, la resti­tu­tion du cœf­fi­cient pru­den­tiel est source de ten­sions et l’approximation – voire l’opacité — des chiffres qui nous sont four­nis quant au dépasse­ment ou non de l’ONDAM nous laisse per­plexe.

Et d’une con­duite pru­dente, nous dévions vers une inéquité de cal­cul. Le Min­istère cul­tive une céc­ité alar­mante devant la sous-exé­cu­tion récur­rente de notre enveloppe de finance­ment, encore tout récem­ment soulignée dans le rap­port 2015 des comptes de la Sécu­rité sociale. Nous démon­trons, année après année, le bon usage des deniers publics et ce sont tout de même 42 mil­lions que nous n’avons pas dépen­sés en 2014. Pour autant, l’Etat a con­tin­ué à prélever sur nos tar­ifs 2015 un vol­ume prévi­sion­nel de 2 % et nous inflig­era sur l’activité 2015 la dégres­siv­ité tar­i­faire. C’est la triple peine !

Aus­si, nous exi­geons la trans­parence des don­nées 2015, et sans atten­dre, nous revendiquons le dégel des 32 mil­lions à réin­jecter dans le finance­ment de l’activité des étab­lisse­ments de san­té de notre secteur.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO