Con­stru­it sur le mod­èle des sites d’avis exis­tants pour les restau­rants et les hôtels, Hos­pi­tal­idée est un site par­tic­i­patif visant à éval­uer les clin­iques et hôpi­taux français. Bonne ou mau­vaise idée ?

 

Le fonctionnement de la plateforme

Les patients peu­vent pub­li­er depuis le mois de sep­tem­bre un avis sur leur pro­pre expéri­ence dans un étab­lisse­ment de soins en sélec­tion­nant le ser­vice con­cerné et lui attribuer des notes allant de 1 à 5 pour le per­son­nel, le ser­vice, les soins, la sécu­rité ou l’accompagnement. En plus de pub­li­er son pro­pre avis, l’internaute pour­ra rechercher des com­men­taires déjà pub­liés ou encore chater en direct avec d’autres patients pour échang­er leurs impres­sions.

Voir la présentation d’Hospitalidée :

Peut-on juger d’une prestation médicale comme d’un plat au restaurant ?

Si l’initiative est saluée par le Col­lec­tif inter asso­ci­atif sur la san­té (CISS) qui représente les patients, la Haute Autorité de San­té et l’Ordre des médecins se veu­lent plus pru­dents. La HAS, qui a lancé en 2013 son pro­pre site d’é­val­u­a­tion des hôpi­taux, a ain­si souligné dans un mail à l’AFP que Hos­pi­tal­idée ne recueil­lait pas les avis « de façon sys­té­ma­tique », con­traire­ment aux ques­tion­naires qu’elle compte met­tre en place en 2016 et qui doivent faire enten­dre « toutes les voix des patients » et pas seule­ment celles des mécon­tents ou des ent­hou­si­astes.

« Il faut cer­taine­ment sta­bilis­er le site afin de s’as­sur­er de la fia­bil­ité des avis, et bien dis­tinguer la presta­tion hôtelière de la presta­tion médi­cale », a estimé Jacques Lucas, vice-prési­dent du Con­seil nation­al de l’or­dre des médecins cité par l’AFP, qui met en garde con­tre « l’in­stan­ta­néité » per­mise par Inter­net.

Le site compte à ce jour quelques 1.000 vis­i­teurs par jour — avec des pics à 7.000 — selon son fon­da­teur, Loïc Ray­nal. Con­traire­ment au mod­èle économique de sites comme Tri­pAd­vi­sor ou Book­ing, plate­formes de réser­va­tion et de nota­tion touris­tiques, Loïc Ray­nal compte gag­n­er de l’ar­gent en pro­posant aux étab­lisse­ments d’analyser de façon « quan­ti­ta­tive et séman­tique » les com­men­taires les con­cer­nant.