URPS : un nouveau paysage

Si MG France garde sa place hégé­monique chez les général­istes, la CSMF perd la sienne chez les spé­cial­istes mais con­serve la tête de liste dans de nom­breuses régions. Le Bloc monte en puis­sance et con­firme sa représen­ta­tiv­ité des prati­ciens de plateau tech­nique lourd. Il réu­nit les anesthé­sistes de AAL et les chirurgiens de l’UCDF et dépasse les 60 % dans de nom­breuses régions. Des alliances ont été passées entre Le Bloc et la FMF ce qui a vraisem­blable­ment boosté les résul­tats en nette pro­gres­sion de la FMF. Le SML, pour sa part, sta­bilise ses voix. Les cartes sont rebattues et de nou­velles alliances vont se dessin­er dans la per­spec­tive des négo­ci­a­tions con­ven­tion­nelles qui déci­dent du finance­ment des médecins pour les cinq ans qui vien­nent.

Polémique autour des chiffres

Les médecins libéraux con­nais­sent les mêmes affres de cal­cul que les clin­iques. La CNAM rap­pelle à qua­tre mois de l’ouverture des nou­velles négo­ci­a­tions con­ven­tion­nelles (févri­er 2016) que les revenus des médecins ne se mesurent pas seule­ment à l’aune de leurs hon­o­raires mais en ajoutant aus­si les rémunéra­tions sur objec­tifs, les majo­ra­tions, etc. Bref de 23 euros, le total monte pour la CNAM à 31,50. A l’inverse, les médecins, une fois toutes les charges sous­traites, esti­ment leur revenu à 7,50 euros la con­sul­ta­tion. Autre polémique de chiffres. La CNAM déclare une baisse de 17 % des feuilles de soins le 5 octo­bre, jour de grève des médecins, quand la min­istre ne par­le que de quelques dizaines de réqui­si­tions et les coor­di­na­tions régionales de médecins de 90 % de fer­me­tures des cab­i­nets.

Désertification médicale : chapitre 2

La min­istre de la San­té s’apprête à révéler le con­tenu du « pacte ter­ri­toire san­té 2 » dans quelques semaines qui fera suite à celui de 2012. Con­va­in­cue que la réponse à la déser­ti­fi­ca­tion médi­cale n’est pas liée au numerus clausus, la min­istre n’exclut cepen­dant pas de le faire évoluer à la marge dans cer­tains ter­ri­toires. Il s’a­gi­ra de « ren­forcer les objec­tifs, faire preuve de plus de volon­tarisme sur cer­taines mesures pour lesquelles on a de bons résul­tats ». Pour rap­pel, l’édition 2015 de l’Atlas de la démo­gra­phie médi­cale édité par le Con­seil de l’Ordre pointe, qu’avec 281 087 médecins inscrits à l’Ordre en 2014 et avec unnumerus clausus qui a presque triplé en 10 ans, la France n’a jamais comp­té autant de médecins. Toute­fois, la ques­tion demeure sur leur répar­ti­tion et sur leur âge. Les objec­tifs de créa­tion de maisons de san­té devraient être revus à la hausse, pour­tant elles sem­blent peu attrac­tives pour les jeunes médecins qui ne s’orientent pas plus que leurs aînés vers les maisons médi­cales qui fonc­tion­nent en réal­ité avec des pro­fes­sion­nels âgés de 50 ans en moyenne.