Env­i­ron 130 000 médecins libéraux sont invités à vot­er ce jour pour élire leurs représen­tants aux URPS (Unions Régionales des Pro­fes­sion­nels de San­té). La prox­im­ité de la mise en place de la réforme ter­ri­to­ri­ale con­duit à organ­is­er ces élec­tions en ten­ant compte, par antic­i­pa­tion, des nou­velles cir­con­scrip­tions régionales. Pour mémoire, les URPS ont été créées pour être les inter­locutri­ces des pro­fes­sion­nels de san­té auprès des ARS. Elles ont pour mis­sion de con­tribuer à l’organisation et à l’évolution de l’offre de san­té au niveau région­al, et notam­ment à la pré­pa­ra­tion du pro­jet région­al de san­té et à sa mise en œuvre.

L’ob­jec­tif des syn­di­cats en présence — CSMF, SML, MG France, FMF, le Bloc — est le même : défendre les intérêts des médecins libéraux.

Toute­fois, sur des grands dossiers qui impacteront pro­fondé­ment l’ex­er­ci­ce du méti­er — le tiers-payant général­isé, l’ac­cès aux don­nées de san­té, la créa­tion des réseaux de soins — les élé­ments de lan­gage et la vir­u­lence de l’op­po­si­tion diver­gent. Les uns ont axé leur cam­pagne pri­or­i­taire­ment sur l’aug­men­ta­tion du prix de la con­sul­ta­tion, les autres ont appelé à la désobéis­sance civique, ou encore à un blocage san­i­taire pour défendre les valeurs et l’éthique de la médecine. Par­al­lèle­ment, la mon­tée en puis­sance de coor­di­na­tions spon­tanées régionales de médecins amène aujour­d’hui les plus mod­érés à dur­cir leur dis­cours.

A la pub­li­ca­tion des résul­tats prévue mi-octo­bre, la représen­ta­tiv­ité des médecins sera figée pour cinq ans. Dès lors, les dis­cus­sions con­ven­tion­nelles pour­ront repren­dre dans un envi­ron­nement où les forces en présence auront été dess­inées par le jeu démoc­ra­tique. Cela ne garan­tit pas des négo­ci­a­tions con­ven­tion­nelles de tout repos, mais cela apporte une légitim­ité et une crédi­bil­ité des représen­tants de médecins.

Le CNOM, pour sa part, lance une cam­pagne nationale rap­pelant le Ser­ment d’Hip­pocrate et inter­roge en creux les poli­tiques sur les moyens dont dis­poseront demain les médecins pour le respecter.

Nous parta­geons avec le corps médi­cal la défense de l’exercice libéral, frag­ilisé par l’ar­rivée des groupe­ments hos­pi­tal­iers de ter­ri­toire et bous­culé par la dés­in­for­ma­tion sur les restes à charge des patients. Ensem­ble, nous œuvrons à la défense de nos moyens pour garan­tir sur le long terme une offre plurielle de san­té pour tous.

La péri­ode est dif­fi­cile et les marges de manœu­vre étroites con­cer­nant le PLFSS et la loi de san­té. La flu­id­ité de nos rela­tions avec les représen­tants des médecins et la coor­di­na­tion avec eux, tant au niveau nation­al que région­al, sont donc essen­tielles pour par­ler d’une seule voix.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO