Le mois de juil­let sait par­fois nous réserv­er des sur­pris­es, comme celle de la sor­tie mer­cre­di dernier du rap­port Grall sur les urgences. Ce qui nous est pro­posé n’est ni plus ni moins qu’un recen­trage sur l’hôpi­tal pub­lic — plus pré­cisé­ment sur les GHT — et un retour en arrière au temps des SAU et des UPATOU.

Le rap­port recom­mande de dis­tinguer trois types de struc­tures : les ser­vices d’urgence, les antennes de ser­vices d’urgence et les cen­tres de soins non pro­gram­més. Ces derniers cor­re­spondraient aux actuelles struc­tures d’urgence ayant une faible activ­ité (moins de 10 000 pas­sages) et n’auraient pas de finance­ment pro­pre. Il pré­conise égale­ment de con­fi­er aux ARS la for­mal­i­sa­tion d’un réseau ter­ri­to­r­i­al de soins non pro­gram­més, acces­si­ble à tous les acteurs, mais aus­si la créa­tion d’équipes de ter­ri­toire de médecins urgen­tistes sur la base des struc­tures d’ur­gence des futurs GHT. Exit les ser­vices d’urgence privés et les urgen­tistes libéraux, écartés de la prise en charge des « vraies » urgences, qui deviendrait ain­si le priv­ilège des GHT.

Ces propo­si­tions nous amè­nent à nous inter­roger sur les moti­va­tions réelles de la démarche : s’ag­it-il d’amélior­er la prise en charge des urgences, notam­ment dans les ter­ri­toires médi­cale­ment sous-dotés, ou de régler les prob­lèmes de l’hôpi­tal pub­lic ? Le con­texte de pénurie médi­cale dans les hôpi­taux publics et de sur­coûts liés au finance­ment de nom­breuses lignes de garde est omniprésent dans ce rap­port, et il est bien légitime de ten­ter d’y faire face, en mutu­al­isant les équipes et en réduisant les coûts de fonc­tion­nement. Le risque pour nos étab­lisse­ments et nos urgen­tistes : que nous soyons les vic­times col­latérales de cette réforme.

Il est néces­saire de rap­pel­er que nos étab­lisse­ments hon­orent pareille­ment en juil­let et août leur mis­sion de ser­vice pub­lic, alors que la France part en vacances. Une pen­sée par­ti­c­ulière ira aux 132 ser­vices d’ur­gence privés, aux médecins et aux équipes soignantes qui y assurent la per­ma­nence des soins.

L’équipe de la FHP-MCO ne s’ar­rête pas davan­tage et effectuera un roule­ment pour vous accom­pa­g­n­er sans relâche tout l’été. Il s’a­gi­ra de pré­par­er les dossiers de la ren­trée : la loi de san­té, la pré­pa­ra­tion du PLFSS, la pré­fig­u­ra­tion des GHT, la réforme des urgences, etc. Le 13h pour sa part, fait une pause esti­vale et vous donne ren­dez-vous le lun­di 7 sep­tem­bre.

L’équipe FHP-MCO et moi-même vous souhaitons d’ex­cel­lentes vacances.

Lire le com­mu­niqué de presse

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

L’hospitalisation privée et les urgentistes libéraux écartés

Pour la FHP-MCO, les propo­si­tions énon­cées dans le rap­port Grall sur « la ter­ri­to­ri­al­i­sa­tion des activ­ités d’urgences » remis à la min­istre de la San­té mer­cre­di, ignorent l’existence des 132 ser­vices d’urgence privés et écar­tent de fac­to les médecins urgen­tistes libéraux de la prise en charge des urgences. Si le réseau ter­ri­to­r­i­al de prise en charge des urgences com­prend l’ensemble des pro­fes­sion­nels et struc­tures du ter­ri­toire, les équipes de ter­ri­toire de médecins urgen­tistes seraient en revanche exclu­sive­ment publiques. Elles seraient créées sur la base des struc­tures d’urgence des étab­lisse­ments mem­bres des futurs Groupe­ments hos­pi­tal­iers de ter­ri­toire … dont seront exclus les étab­lisse­ments de san­té privés. Et chaque équipe serait placée sous l’autorité hiérar­chique d’un chef de ser­vice, situé au niveau de l’établissement siège du GHT. Par­al­lèle­ment, le rap­port Grall pro­pose de revis­iter le niveau de prise en charge des urgences, en dis­tin­guant trois types de struc­tures : les ser­vices d’urgence, les antennes de ser­vices d’urgence et les cen­tres de soins non pro­gram­més.
Le con­texte de pénurie médi­cale dans les hôpi­taux publics et de sur­coûts liés au finance­ment de nom­breuses lignes de garde est omniprésent dans ce rap­port. « Cette propo­si­tion a un goût de « déjà vu » et ressem­ble étrange­ment aux SAU et UPATOU qui ont été trans­for­més en « struc­tures des urgences » par le décret de mai 2006. Quant aux cen­tres de soins non pro­gram­més, ils exis­tent déjà dans de nom­breux étab­lisse­ments de san­té privés qui n’ont pas d’autorisation de médecine d’urgence. Au-delà, la volon­té de ce rap­port est-elle de sup­primer les ser­vices d’urgence privés pour faire de la prise en charge des « vraies » urgences un mono­pole de l’hôpital pub­lic ? » pour­suit Ségolène Ben­hamou.

Déposez des dossiers d’innovation

Le for­fait inno­va­tion créé par la LFSS 2009 est aujour­d’hui sim­pli­fié et con­fie à la HAS la sélec­tion des pro­jets sus­cep­ti­bles de béné­fici­er de ce dis­posi­tif. Le dépôt de dossier de demande de prise en charge déroga­toire au titre du for­fait inno­va­tion ain­si qu’un dossier type est ouvert. Il con­cerne trois types de sit­u­a­tions : — les DM défi­nis par l’article L.5211–1 du CSP : le fab­ri­cant ou dis­trib­u­teur (+) entre­prise assur­ant une presta­tion de ser­vice (L.5232–3) et/ou étab­lisse­ment de san­té (L.6111–1) ; — les DM défi­nis par l’article L.5222–1 du CSP : le fab­ri­cant ou dis­trib­u­teur (+) étab­lisse­ment de san­té ; — les actes : par un con­seil nation­al pro­fes­sion­nel (R.4133–4 (+) étab­lisse­ment de san­té. Le for­fait inno­va­tion (ou arti­cle L165‑1–1 du code de la sécu­rité sociale) per­met, à titre déroga­toire et pour une durée lim­itée, une prise en charge totale ou par­tielle d’un dis­posi­tif médi­cal (DM) ou d’un acte inno­vant con­di­tion­né à la réal­i­sa­tion d’une étude clin­ique ou médi­co-économique, rap­pelle la HAS. Il précède éventuelle­ment une inscrip­tion sur la liste des pro­duits et presta­tions ou à la nomen­cla­ture des actes pro­fes­sion­nels.

Accessibilité aux personnes handicapées

Le Sénat a voté ce mar­di 21 juil­let le pro­jet de loi rat­i­fi­ant l’ordonnance du 26 sep­tem­bre 2014 ouvrant de nou­veaux délais pour la mise en acces­si­bil­ité des Etab­lisse­ments rece­vant du pub­lic (ERP). Tous les acteurs publics et privés qui ne sont pas en con­for­mité avec l’obligation d’accessibilité ont jusqu’au 27 sep­tem­bre 2015 pour dépos­er en mairie ou en pré­fec­ture un agen­da d’accessibilité pro­gram­mé (Ad’AP). Une sanc­tion de 2 500 euros et d’éventuelles pour­suites pénales sont prévues pour les con­trevenants. A savoir par ailleurs dans la nou­velle ver­sion : les étab­lisse­ments pou­vant accueil­lir plus de 200 per­son­nes doivent avoir un per­son­nel for­mé à l’accompagnement des per­son­nes hand­i­capées. Un fonds nation­al d’accompagnement de l’accessibilité uni­verselle récoltera le pro­duit des sanc­tions pécu­ni­aires.

ONIAM : des contentieux en augmentation

Le nom­bre de dossiers con­tentieux dans lesquels inter­vient l’Of­fice nation­al d’in­dem­ni­sa­tion des acci­dents médi­caux, des affec­tions iatrogènes et des infec­tions noso­co­mi­ales (Oni­am) a con­tin­ué de pro­gress­er de 29 % en 2014. Le nom­bre de recours directs ini­tiés par les vic­times hors CCI a bon­di de 35 % en 2014 (con­tre 31 % en 2013 et 28 % en 2012). Par ailleurs, l’O­ni­am est davan­tage con­damné à indem­nis­er la vic­time, avec un taux de con­damna­tion de 26 % en 2014, con­tre 12,9 % sur la péri­ode 2007–2014. Env­i­ron 10,4 % des dossiers font l’ob­jet d’un désis­te­ment. Entre le moment où le dossier est con­sid­éré comme com­plet et celui où la com­mis­sion rend un avis posi­tif, env­i­ron 10,4 mois se sont écoulés (11,4 mois en 2013). L’O­ni­am a recen­sé 52 dossiers d’in­fec­tions noso­co­mi­ales ayant occa­sion­né un décès ou un déficit fonc­tion­nel per­ma­nent supérieur à 25 %, con­tre 43 en 2013 et 82 en 2012. Le mon­tant moyen des dossiers clos s’él­e­vait à 95 105 euros con­tre 98 915 euros en 2013. Comme en 2013, la qua­si-total­ité (97 %, +1 point) des offres d’in­dem­ni­sa­tion de l’O­ni­am ont été accep­tées.