A la même époque que les feux d’artifice du 14 juil­let, il est d’autres feux qui n’ont rien d’un arti­fice et bril­lent sur les revers des vestons : la légion d’hon­neur.
Cette année encore, par­mi les quelques 70 per­son­nes récom­pen­sées dans le domaine de la san­té, moins de 5 exer­cent a pri­ori dans le secteur privé libéral. Dif­fi­cile de croire que notre univers laisse éclore aus­si peu de per­son­nes méri­tantes aux yeux de la nation.

A l’aune de quels critères le mérite est-il donc éval­ué ? Certes, nous le savons, le monde hos­pi­ta­lo-uni­ver­si­taire n’évolue pas avec la même bous­sole que nous. Cela étant, le respect des valeurs fon­da­tri­ces de notre République, comme de celles qui régis­sent le Ser­ment d’Hip­pocrate, est iden­tique quel que soit le secteur.
N‘avons-nous pas assez de « can­di­dats » ? Rap­pelons que ce sont les min­istres qui iden­ti­fient les futurs décorés et s’appuient pour cela sur le corps social. Ici, pos­si­ble­ment le bât blesse : les pro­fes­sion­nels de notre secteur sont peu intro­duits dans les min­istères, et ils com­mu­niquent moins que d’autres sur ce qu’ils font.

Enfin, par­mi les heureux élus, les femmes se cherchent à la loupe. Voilà au moins une « égal­ité » avec nos amies du secteur pub­lic … dont on se serait toute­fois passée !

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

Vers la fin de la liberté d’installation des médecins ?

Les médecins attendaient le sou­tien des séna­teurs pour la sup­pres­sion du tiers payant général­isé, ils ont récolté un arti­cle addi­tion­nel au pro­jet de loi de san­té qui vise à con­ven­tion­ner de façon sélec­tive les médecins dans les zones sur­médi­cal­isées. Le con­ven­tion­nement à l’Assurance-maladie d’un médecin libéral ne pour­rait désor­mais inter­venir “qu’en con­comi­tance avec la ces­sa­tion d’activité libérale d’un médecin exerçant dans la même zone”. Cette régu­la­tion s’appliquerait dans les zones forte­ment dotées définies par les ARS en con­cer­ta­tion avec les syn­di­cats de médecins libéraux représen­tat­ifs et selon des modal­ités pré­cisées par décret. “Si on ne le fait pas, il y aura un jour des drames de san­té publique. Le but, ce n’est pas de sat­is­faire les médecins mais l’intérêt général. Il est temps d’arrêter les mesurettes et d’aller plus loin…” déclare le prési­dent de la com­mis­sion de l’aménagement du ter­ri­toire et du développe­ment durable, Hervé Mau­rey (UDI-UC). “L’exode médi­cal s’aggrave. La lib­erté d’installation sacral­isée n’est pas com­pat­i­ble avec l’aménagement du ter­ri­toire. Il est grand temps d’arrêter de céder au lob­by des médecins et d’écouter ce que dis­ent les gens.” ajoute le rap­por­teur pour avis du pro­jet de loi de san­té, le séna­teur cen­triste Jean-François Lon­geot.

Consolidation du secteur

Les deux groupes de san­té privés Védi­ci et Vitalia se rap­prochent pour for­mer une seule entité qui assur­era 12% de l’ac­tiv­ité du secteur de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée avec un chiffre d’af­faires con­solidé de 1,2 mil­liards d’eu­ros. La récente entité for­mée par le rap­proche­ment de Générale de San­té et Ram­say représente quant à elle 15% du secteur.

Pollution de l’air : le coût de l’inaction

La com­mis­sion d’enquête du Sénat estime que le coût san­i­taire total de la pol­lu­tion atmo­sphérique serait com­pris entre 68 et 97 mil­liards d’euros par an selon les don­nées du pro­gramme “Air pur pour l’Europe” de la Com­mis­sion européenne. Et “a min­i­ma” 3 mil­liards pour ce qui con­cerne la France ! Cela inclut les dépens­es pour traiter l’asthme dû à la pol­lu­tion, cer­tains can­cers, ou encore les frais d’hospitalisation.

Glob­ale­ment, la pol­lu­tion de l’air coûterait plus de 100 mil­liards d’euros par an à la France, en dépens­es de san­té, absen­téisme dans les entre­pris­es, ou baisse des ren­de­ments agri­coles. La com­mis­sion énumère 61 mesures plaidant pour “une véri­ta­ble fis­cal­ité écologique”.

L’industrie du médicament en récession

L’in­dus­trie du médica­ment Le LEEM (Les entre­pris­es du médica­ment) s’inquiète de “l’aggravation du mou­ve­ment de réces­sion qui touche l’industrie du médica­ment en France”, sous l’effet du “poids de la régu­la­tion compt­able” et du “manque de cohérence” de la poli­tique indus­trielle. Pour la 3ème année con­séc­u­tive, le CA recule : ‑2%  en 2014, con­traire­ment aux autres grands marchés mon­di­aux (+13 % aux États-Unis, +8 % en Alle­magne, +4 % au Roy­aume-Uni).
Le sol­de de la bal­ance com­mer­ciale du médica­ment est en excé­dent de seule­ment 6 mil­liards d’euros en 2014 con­tre 9 mil­liards en 2013 causé par l’essor de “la fab­ri­ca­tion locale dans les pays émer­gents et le manque d’attractivité de l’Hexagone dans les nou­velles pro­duc­tions” explique le LEEM.
Enfin, le PLFSS 2016 se pré­pare et le LEEM rap­pelle que 50% des économies se con­cen­trent sur le médica­ment qui ne pèse que pour 15% dans les dépens­es.