3 ques­tions à Arnaud Robi­net Mem­bre de la com­mis­sion des affaires sociales de l’Assem­blée nationale et con­seiller san­té du par­ti Les Répub­li­cains.

A l’ap­proche de l’ex­a­m­en du pro­jet de loi de san­té par la com­mis­sion des affaires sociales du Sénat le 22 juil­let, Arnaud Robi­net main­tient une posi­tion forte d’op­po­si­tion.

Retour sur son inter­ven­tion mer­cre­di 24 juin à la Con­ven­tion FHP-MCO.

Pas d’abrogation de la loi de santé

La loi ne sera pas abrogée mais sera amendée. C’est une loi fourre-tout avec un volet relatif à la préven­tion et un relatif à l’or­gan­i­sa­tion. Ce pro­jet de loi ne résout rien et ne répond pas aux attentes des Français. C’est un recul pour deux raisons, tout d’abord cette loi mar­gin­alise l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée et ensuite, elle ne pro­pose aucune réforme struc­turelle de l’hôpi­tal pub­lic.
Le label SPH est injuste, et c’est vous qui le dites car il ne sert pas à répon­dre aux soins, mais il amèn­era votre secteur à vivre en autar­cie.
Par ailleurs, sur la ques­tion du tiers payant général­isé, la loi ne règle aucun prob­lème tech­nique. En par­lant des dépasse­ments d’hono­raires de cer­tains, c’est toute une pro­fes­sion que l’on pointe. Or moins de 5 % des médecins pra­tiquent de forts dépasse­ments d’hono­raires et ils se trou­vent prin­ci­pale­ment dans deux régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur et Ile-de-France. Mais surtout les plus gros dépasse­ments se font dans le ser­vice pub­lic !

Remettre la convergence à l’ordre du jour

La gauche comme la droite a été très timide sur ce dossier de la con­ver­gence des tar­ifs publics et privés : il faut repren­dre le débat !
Cette con­ver­gence per­met égale­ment de se com­par­er, de se mesur­er. Pour cela, il fau­dra rétablir la con­fi­ance entre les pou­voirs publics et les pro­fes­sion­nels de san­té.
Les représen­tants des syn­di­cats salariés ne sont plus en phase avec la réal­ité car sou­vent ils ne tra­vail­lent plus dans l’étab­lisse­ment. Mais oui, nous remet­trons la con­ver­gence sur la table et revien­drons sur l’idée de l’hôpi­tal entre­prise.

Des propositions à venir

Un temps utile de propo­si­tions est à venir. J’ai con­sulté des pro­fes­sion­nels de san­té car rien ne se fera sans vous. Nous, les poli­tiques, nous ne sommes pas des sachants et je souhaite être dans un esprit de co-pro­duc­tion. Nous ne chang­erons pas ce qui fonc­tionne mais ce qui ne fonc­tionne pas. Cer­taines pistes com­men­cent à être pri­or­isées, notam­ment et par exem­ple, celles de la décen­tral­i­sa­tion et du numérique.

La loi HPST n’é­tait pas par­faite mais com­pre­nait cer­tains points posi­tifs. Elle avait notam­ment la ver­tu de région­alis­er, mais les ARS ont oublié d’être proches du ter­rain et le sont davan­tage de Paris ou de Bercy. Aujour­d’hui, nous vivons un hos­pi­ta­lo-cen­trisme. Il faut respecter la lib­erté d’in­stal­la­tion et la lib­erté de pre­scrire et faire con­fi­ance aux ARS qui doivent dis­pos­er de con­signes claires. Avec seule­ment 13 ARS à venir, nous serons encore plus éloignés du ter­rain. Garan­tir la neu­tral­ité des ARS est dif­fi­cile, nous pou­vons agir sur les nom­i­na­tions et pourquoi pas avoir un DGARS qui ne viendrait pas du sérail.

Le numérique est le grand absent du pro­jet de loi. Or la san­té con­nec­tée est devant nous et peut répon­dre à un cer­tain nom­bre de points : l’ob­ser­vance, la préven­tion, etc. L’open data est un point d’avenir cer­tain. Il faut redonner à ce dossier des leviers de sou­p­lesse mais égale­ment de la sécu­rité.