Quelle école, que celle de pilot­er une clin­ique ! Nous sommes passés maîtres dans le man­age­ment d’en­tre­pris­es évolu­ant dans un envi­ron­nement extrême­ment régle­men­té. Toute­fois, l’heure est sans doute arrivée pour notre secteur d’in­ven­ter les nou­veaux par­a­digmes de son exer­ci­ce. Doit-on se réjouir de sécuris­er 90% de notre chiffre d’af­faires avec la sécu­rité sociale et com­pos­er pour cela avec un sys­tème kafkaïen ? Ou doit-on oser renouer avec nos fibres entre­pre­neuri­ales et tiss­er l’étoffe de notre des­tinée ?

La résis­tance à faire évoluer le monde hos­pi­tal­ier est forte car les con­traintes sont acca­blantes. Et sur ce sujet, nous n’at­ten­dons rien de nos tutelles, si ce n’est de mau­vais­es nou­velles. Le comité d’alerte sur les évo­lu­tions des dépens­es d’as­sur­ance mal­adie a d’ailleurs souligné que l’an­née 2015 se présente sous un jour net­te­ment plus con­traint ! Dans 10 ans, à quoi voulons-nous que ressem­ble le secteur de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée ? Que faut-il con­stru­ire dès aujour­d’hui pour réus­sir ? Je vous invite, à un mois de notre con­ven­tion annuelle, à réfléchir aux idées les plus folles et à imag­in­er ce que serait notre révo­lu­tion coper­ni­ci­enne.

L’avenir de nos activ­ités se pré­pare en investis­sant la recherche clin­ique, l’avenir de nos pra­tiques se des­sine en posant la ques­tion de leur per­ti­nence, l’avenir de nos rela­tions tutélaires s’en­vis­age en cer­nant les con­séquences de la loi de san­té. Et l’avenir de nos étab­lisse­ments se façonne avec une pro­fes­sion debout et en marche, capa­ble de men­er des actions engagées comme l’opéra­tion « 1000 recours » pour faire respecter l’équité de traite­ment.

Je vous attends les 23 et 24 juin à Paris pour partager ces réflex­ions avec vous.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

1 patient sur 10, victime d’un événement indésirable

C’est un état des lieux sévère que dresse la HAS et qui prévoit de nou­velles recom­man­da­tions. L’analyse de presque 50 000 évène­ments por­teurs de risque mon­tre que dans 1 cas sur 3, le tra­vail en équipe, donc la com­mu­ni­ca­tion entre les pro­fes­sion­nels et vers le patient, est la cause. Puis, dans 23 % des cas, ces inci­dents sont liés aux tâch­es à accom­plir, et enfin, seule­ment 15 % sont liés au patient lui-même. « Il faut met­tre la ques­tion du tra­vail en équipe au cen­tre des préoc­cu­pa­tions », déclarait la HAS lors de sa con­férence de presse. « Le pire n’est pas seule­ment dans la sur­v­enue d’un événe­ment indésir­able, mais aus­si dans le fait de ne pas en tir­er des enseigne­ments. » Le retour d’ex­péri­ences s’appuie, selon la HAS, encore trop sur « un retour d’expérience tacite, lim­ité à un cer­cle spé­cial­isé et moins sur des retours d’expériences struc­turés et pluri-pro­fes­sion­nels ». Et con­clut : « Ce retard porte atteinte à la sécu­rité du patient : les erreurs non recueil­lies et non analysées ne sont pas cor­rigées de façon adéquate et risquent de se repro­duire régulière­ment. »

Des signaux rouges

« Con­traire­ment aux années précé­dentes, où le respect de l’On­dam avait été facil­ité par la forte sous-exé­cu­tion de l’ob­jec­tif de l’an­née précé­dente, l’an­née 2015 se présente sous un jour net­te­ment plus con­traint », souligne le comité d’alerte sur les évo­lu­tions des dépens­es d’as­sur­ance mal­adie, qui doit en noti­fi­er le Par­lement et l’as­sur­ance mal­adie, avant le 31 mai. Les crédits mis en réserve seront-ils suff­isants pour sup­port­er ces aléas ? Une alerte sup­plé­men­taire d’é­conomies poten­tielles sur les finance­ments qui s’a­joutent à la baisse de l’On­dam 2016 prévu à 1,75 % (et non les 2 % prévus) et au plan tri­en­nal d’é­conomies déjà lancé

Le développement du contrat d’accès aux soins entraîne une hausse des DP

« Le mon­tant total des dépasse­ments d’honoraires des médecins est tou­jours à la hausse, selon l’observatoire citoyen (Ciss, 60 mil­lions de con­som­ma­teurs et San­té­clair). « En 2014, plus de 2,8 mil­liards d’euros ont été fac­turés aux patients au-delà des tar­ifs de l’assurance mal­adie, en pro­gres­sion de 6,6 % par rap­port à 2012 », chiffre-t-il. « Avec 2,5 Md€ (+7,7 %), les médecins spé­cial­istes demeurent les prin­ci­paux béné­fi­ci­aires de ces dépasse­ments, tou­jours plus loin devant les général­istes qui eux voient leurs dépasse­ments dimin­uer de 1,5 % à 300 mil­lions d’euros» La Cnamts annonçait quant à elle il y a peu une baisse des DP chez les médecins de secteur 2 attribuée à la mise en place du con­trat d’ac­cès aux soins (CAS). Mais un biais inter­vient : les médecins en secteur 1 lorsqu’ils dis­posent de cer­tains titres, sont autorisés à pra­ti­quer des dépasse­ments. Une exten­sion du périmètre d’au­tori­sa­tion mal anticipée ?

Par ailleurs, un « blocage san­i­taire » par les médecins libéraux en oppo­si­tion au pro­jet de loi de san­té est lancé à l’au­tomne par plusieurs organ­i­sa­tions, dont le Bloc.

Vous êtes dans le guide !

Cette semaine est celle européenne du développe­ment durable ! Elle est dédiée à la lutte con­tre le dérè­gle­ment cli­ma­tique, déclarée 
« grande cause nationale », en pré­fig­u­ra­tion du Som­met mon­di­al sur le cli­mat en décem­bre 2015 à Paris. Vous êtes nom­breux à vous mobilis­er et pour cer­tains, comme la Poly­clin­ique de Navarre à Pau à organ­is­er une semaine entière d’évène­ments : sémi­naires, ate­liers, actions internes, etc. afin de sen­si­bilis­er patients, accom­pa­g­nants, salariés, prestataires, riverains aux enjeux et béné­fices d’une telle démarche.

Vos bonnes pra­tiques occu­pent égale­ment une belle place dans le 4ème Guide des pra­tiques vertueuses en développe­ment durable édité par le C2DS qui sera dif­fusé le 4 juin à l’Ago­ra, sémi­naire annuel à Paris. Le guide sera dis­tribué aux 475 étab­lisse­ments de san­té adhérents du C2DS puis disponible en for­mat PDF sur le site : www.c2ds.eu