L’institut IPSOS a dif­fusé les résul­tats du sondage réal­isé en avril 2015 à la demande de la FHF. Il en ressort qu’une très large majorité des Français a une bonne image de l’hôpital pub­lic (84%) … et des clin­iques privées (83%). 9 Français sur 10 con­sid­èrent que les hôpi­taux français offrent des soins de qual­ité, le sys­tème de san­té français étant même pour les trois quarts des per­son­nes inter­rogées le meilleur du monde. L’attachement fort de nos conci­toyens au sys­tème de san­té actuel ne fait donc pas débat.

Dans le même temps, le min­istère de la san­té, pressé par sa hiérar­chie, déroule son plan d’é­conomies de 3 mil­liards d’eu­ros qui pèse sur les étab­lisse­ments de san­té et devra attein­dre son objec­tif en 2017. Le gou­verne­ment devra faire preuve de per­sua­sion pour l’expliquer aux Français, quand un sur deux estime qu’il n’est plus pos­si­ble de faire davan­tage d’économies sans nuire à la qual­ité des soins. Plus encore, 60% des Français con­sid­èrent que l’hôpital pub­lic doit con­stituer pour le gou­verne­ment un domaine d’investissement pri­or­i­taire, et près de 90% ont le sen­ti­ment que l’hôpital pub­lic est en dan­ger, en rai­son du manque de per­son­nel et des exi­gences de rentabil­ité économique.

A l’heure où les ARS mul­ti­plient les démarch­es pour met­tre en œuvre ce plan d’économies, il ne sera pas aisé de le faire digér­er à l’hôpital pub­lic où la grogne monte peu à peu. Et con­traire­ment au tiers payant général­isé, l’opinion n’y est pas favor­able. Reste à savoir si le gou­verne­ment ira jusqu’au bout. Nous devrons veiller à ce que les ARS ne redis­tribuent pas en sub­ven­tions ce que le min­istère économise en tar­ifs, et à ce que l’hospitalisation privée ne soit pas le seul secteur à sup­port­er réelle­ment la con­trainte économique.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

Les Français prêts à faire payer les urgences

Inter­rogés sur leur pre­mière réac­tion face à un « prob­lème bénin », 8 Français sur 10 ont le réflexe de pren­dre rdv avec leur médecin général­iste. En son absence, 48 % préfèrent se ren­dre à l’hôpital ou aux urgences et 24 % appel­lent le SAMU. Lorsque les urgences sont engorgées, 57 % des Français jugent« souhaitable et indis­pens­able » l’instauration d’un paiement« min­i­mum » pour une vis­ite aux urgences lorsque le prob­lème de san­té peut être traité par un médecin général­iste.
Ser­vices d’ur­gence et médecine de ville doivent être coor­don­nés intel­ligem­ment, toute­fois, il serait aus­si utile d’op­ti­miser le fonc­tion­nement de cer­tains ser­vices publics embolisés et de déblo­quer les autori­sa­tions des ser­vices d’ur­gence privés gelés.

7 Français sur 10 sont contre la liberté d’installation

Les effets des déserts médi­caux se font sen­tir : 1 Français sur 5 a déjà renon­cé aux soins en rai­son de l’éloignement géo­graphique. 69 % d’entre eux avouent même avoir eu des dif­fi­cultés à trou­ver un pro­fes­sion­nel de san­té disponible « dans un délai accept­able dans leur zone ». Au final, 7 Français sur 10 sont con­tre la lib­erté d’in­stal­la­tion des médecins et 29% pour leur con­serv­er cette lib­erté. (Source : enquête Ipsos pour l’ob­ser­va­toire annuel de l’égalité d’accès aux soins de la FHF).
Par ailleurs, l’Unof après MG France, appelle leurs adhérents médecins à fac­tur­er leurs con­sul­ta­tions au-delà des 23 euros, tarif de la Sécu.

Expliquer la chirurgie ambulatoire

Seuls 44 % des Français plébisci­tent le recours à la chirurgie ambu­la­toire. Un tra­vail péd­a­gogique est donc plus que jamais néces­saire pour expli­quer la dimen­sion qual­i­ta­tive du process sans oubli­er d’en rap­pel­er les béné­fices pour les comptes de la sécu.
Par ailleurs, 58 % des Français se dis­ent favor­ables au recours à l’hospitalisation à domi­cile (HAD) « chaque fois que cela est pos­si­ble ». Fon­cez !

E‑Clinic : la santé connectée

Mieux suivre le patient après un cancer du poumon

Le patient devient acteur de sa san­té grâce à sa web-appli­ca­tion” explique le Dr Denis. Il auto-éval­ue chaque semaine 11 symp­tômes qui sont trans­mis à son onco­logue. Une étude vient de démon­tr­er un béné­fice de 25 % à 1 an avec l’usage de cette appli­ca­tion par rap­port au suivi clas­sique par scan­ners sys­té­ma­tiques.
Des alertes automa­tiques sont déclenchées via un algo­rithme spé­ci­fique (basé sur la théorie du Chaos) selon la dynamique et l’as­so­ci­a­tion de symp­tômes. “Si l’a­van­tage en survie de la détec­tion pré­coce des rechutes est con­fir­mée, ce type d’ap­proche per­son­nal­isée avec le patient comme acteur pour­rait devenir rapi­de­ment un stan­dard. Il appa­raî­tra aus­si prob­a­ble­ment comme économique­ment favor­able en évi­tant des exa­m­ens coû­teux inutiles aux patients ne rechutant pas et en évi­tant des angoiss­es inutiles à l’ap­proche des exa­m­ens de suiv­is sys­té­ma­tiques habituels”, déclare le Dr Denis. Il tra­vaille à l’In­sti­tut Inter-Region­al de Can­cérolo­gie Jean Bernard et développe d’autres types d’ap­pli­ca­tions avec la société Sephi­ra pour les autres can­cers ; ses travaux sont pub­liés dans la revue Amer­i­can Jour­nal of Clin­i­cal Oncol­o­gy.

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