Les répons­es de Jean Debeaupuis, directeur de la DGOS, à notre inter­view du 13h la semaine dernière visaient à nous ras­sur­er. Au-delà du rap­pel de la com­plé­men­tar­ité des modes d’exercice des médecins — qui n’est pas super­flu dans le con­texte actuel — elles nous réjouis­sent sur un point. L’article de la loi sur la trans­parence des comptes des étab­lisse­ments de san­té et l’appréciation d’un béné­fice « raisonnable » portera sur leurs activ­ités de soins, à l’exclusion de leurs activ­ités annex­es. Le sens de cet arti­cle est ain­si clar­i­fié grâce aux pré­ci­sions de la DGOS.
L’oblig­a­tion de trans­met­tre à l’ARS nos comptes de façon ana­ly­tique con­stituera un exer­ci­ce certes très chronophage, mais aus­si une oppor­tu­nité de faire la démon­stra­tion que sans les recettes annex­es, nom­bre d’entre nous seraient au Tri­bunal de Com­merce. Avec un béné­fice moyen de 1% ces dernières années — sans compter les impacts de la cam­pagne tar­i­faire 2015 — et des recettes annex­es de 4 à 7%, la sit­u­a­tion finan­cière de notre secteur est limpi­de. CQFD : d’une part, les béné­fices des étab­lisse­ments qui en réalisent sont « raisonnables », et d’autre part, nos étab­lisse­ments sont dans l’in­ca­pac­ité de financer les activ­ités de soins qui leur sont con­fiées sans les recettes annex­es.

Cette nou­velle démarche per­met au gou­verne­ment français d’af­fich­er la trans­parence du finance­ment de son sys­tème hos­pi­tal­ier que demande la Com­mis­sion européenne. Il lui restera à expli­quer, désor­mais avec des preuves à charge, qu’il délègue des mis­sions publiques à des entre­pris­es sans leur en don­ner les moyens suff­isants.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

L’ACTU SANTÉ

Un anniversaire pour lancer une réforme

Elle est née en 1945 des aspi­ra­tions à un monde meilleur et con­stitue un fer­ment de cohé­sion sociale. Notre sécu est un élé­ment essen­tiel du socle de la République. La min­istre de la san­té prof­ite de cet anniver­saire pour “tra­vailler à une sim­pli­fi­ca­tion rad­i­cale de la cou­ver­ture des soins” et engager une réflex­ion qui pour­rait débouch­er à terme sur un régime uni­versel. Réduire le nom­bre d’opéra­teurs ges­tion­naires de l’as­sur­ance mal­adie au nom­bre aujour­d’hui de 86, oui ! En revanche, si la gou­ver­nance de la CNAM était revue, atten­tion au main­tien des équili­bres par­i­taires et des con­ven­tions médi­cales !

Dans la famille Prado, voici le BPCO

13 étab­lisse­ments de 11 départe­ments expéri­mentent le pro­gramme d’ac­com­pa­g­ne­ment du retour à domi­cile de patients atteints de bron­chop­neu­matie chronique obstruc­tive dont 43% sont ré-hos­pi­tal­isés dans les 6 mois. 33% des patients n’avaient pas con­sulté leur médecin trai­tant dans les 7 jours suiv­ant leur sor­tie d’hôpi­tal, 71% n’avaient pas con­sulté de pneu­mo­logue dans le trimestre et 49% et 72% des patients n’avaient pas béné­fi­cié de soins infir­miers et de kinésithérapie dans les deux mois, indique la CNAMTS. La pro­fes­sion salue les ini­tia­tives qui visent à amélior­er le par­cours de san­té des patients. Néan­moins, et pour éviter les mal­adress­es du pro­gramme mater­nité, nous espérons que celui-ci saura tenir compte des ini­tia­tives locales déjà mis­es en oeu­vre et que les déploiements sauront se faire avec dis­cerne­ment des besoins spé­ci­fiques et des inno­va­tions des ter­ri­toires.

Rejeté !

Le Con­seil d’E­tat a rejeté le 27 avril notre recours FHP et FHP-MCO con­tre l’ar­rêté du 25 févri­er 2014 fix­ant les tar­ifs des clin­iques pour 2014 en bal­ayant l’ensem­ble des argu­ments invo­qués : la régu­lar­ité de la procé­dure, la prise en compte de l’im­pact du CICE, l’ap­pré­ci­a­tion des min­istres sur le niveau des tar­ifs et les règles européennes sur les aides d’E­tat pour com­pen­sa­tion de ser­vice pub­lic. Le Con­seil d’E­tat con­sid­ère à l’in­verse que le mon­tant de la com­pen­sa­tion accordée au tra­vers des tar­ifs de presta­tion fixés dans l’ar­rêté n’ex­cé­dait pas “ce qui est néces­saire pour cou­vrir les coûts nets occa­sion­nés par l’exé­cu­tion de ces oblig­a­tions de ser­vice pub­lic, y com­pris un béné­fice raisonnable”, et qu’en l’oc­cur­rence, elle rem­plis­sait les con­di­tions pour être exemp­tée de noti­fi­ca­tion à Brux­elles.

RSE : Responsabilité Sociale des Entreprises

Ambulance commune

Depuis 2010, la Poly­clin­ique du Parc Ram­bot à Aix-en-Provence organ­ise un cov­oiturage pour ses patients. En pra­tique, les patients dont l’état de san­té le per­met peu­vent partager le même VSL avec d’autres per­son­nes, soit qui se ren­dent à une con­sul­ta­tion ou une séance de traite­ment au même endroit et aux mêmes horaires, soit qui revi­en­nent à leur domi­cile quand ils habitent une même zone géo­graphique. La Poly­clin­ique atteint ain­si un taux de partage de 40 % pour les séances de chimio­thérapie. Pour cela, un poste de régu­la­teur a été créé pour gér­er la logis­tique des flux de patients et un parte­nar­i­at signé avec le prestataire de trans­port et l’As­sur­ance mal­adie. De l’avis des patients volon­taires, être trans­portés à plusieurs est plutôt con­vivial : cela per­met de réduire le stress lié aux soins et d’échanger. « Cette ini­tia­tive représente une économie de 48 421 kilo­mètres par­cou­rus soit 12 616 kg équiv­a­lent CO2 non rejetés dans l’atmosphère en 2014. Le but est désor­mais d’étendre cette ini­tia­tive à d’autres ser­vices mal­gré les dif­fi­cultés organ­i­sa­tion­nelles que cela peut engen­dr­er pour des ser­vices d’hospitalisation com­plète et ambu­la­toire », espère Mireille Péri­don, cadre de san­té en charge des plan­nings de chimio­thérapie.

 Vidéo MCO

La naissance, une affaire privée

Lib­erté, générosité et glob­al­ité de prise en charge, autant de points forts des 176 mater­nités privées. Direc­tion Stains en Seine-St-Denis pour un reportage au sein de la mater­nité de laclin­ique de l’Estrée.