Le plan d’urgence ORSAN (organ­i­sa­tion de l’offre de soins en sit­u­a­tions san­i­taires excep­tion­nelles) déclenché le 19 févri­er par la min­istre Marisol Touraine a comme objec­tif de répon­dre à l’épidémie de grippe sur le ter­ri­toire nation­al. Les étab­lisse­ments de san­té privés sont pleine­ment mobil­isés et revoient leur organ­i­sa­tion pour pou­voir apporter des soins appro­priés à un max­i­mum de patients pri­or­i­taires, notam­ment au niveau des ser­vices d’ur­gences. Un poids, deux mesures… que souhaite soulign­er la FHP-MCO ! Le dis­posi­tif ORSAN recon­nait le rôle d’acteur de san­té publique du secteur privé dans le cas de crises san­i­taires, et pour­tant la volon­té du Min­istère sem­ble tou­jours de l’exclure du futur Ser­vice Pub­lic Hos­pi­tal­ier.

Dispositif ORSAN : la gestion de crise ne fait pas la différence entre les statuts des établissements de santé

Créé en 2014, le dis­posi­tif ORSAN (organ­i­sa­tion de la réponse du sys­tème de san­té en sit­u­a­tions san­i­taires excep­tion­nelles) est un dis­posi­tif d’organisation d’urgence des soins. Il peut être déclenché dans des sit­u­a­tions excep­tion­nelles : accueil mas­sif de vic­times non con­t­a­m­inées, prise en charge de nom­breux patients suite à un phénomène cli­ma­tique, ges­tion d’une épidémie, prise en charge d’un risque biologique ou d’un risque nucléaire, radi­ologique ou chim­ique.

Les ARS (Agences Régionales de San­té) sont garantes de ce dis­posi­tif et ont pour mis­sion d’organiser et d’adapter les soins au niveau région­al dans les 3 secteurs san­i­taires (ambu­la­toire, hos­pi­tal­ier et médi­co-social) afin de pren­dre toutes les mesures néces­saires pour que les per­son­nes malades puis­sent béné­fici­er des soins appro­priés au regard des pri­or­ités iden­ti­fiées.

Con­crète­ment, il s’agit de dépro­gram­mer des activ­ités non indis­pens­ables (opéra­tion reportée si sans con­séquence pour le patient), de ren­forcer la per­ma­nence des soins en ambu­la­toire, d’ouvrir des lits sup­plé­men­taires, de rap­pel­er des pro­fes­sion­nels (libéraux ou salariés) et de ren­forcer les équipes dans les étab­lisse­ments en dif­fi­culté. Enfin, si besoin, le min­istère de la San­té peut faire appel à des réservistes san­i­taires (de l’EPRUS, des pro­fes­sion­nels de la san­té rem­plaçants, des retraités, des étu­di­ants).

Ce dis­posi­tif pré­cise qu’il est essen­tiel que les étab­lisse­ments de san­té, publics et privés, se mobilisent pour assur­er l’accueil et les soins des per­son­nes pris­es en charge.

 

En tant qu’acteur de santé publique, les établissements privés pleinement mobilisés

Les clin­iques et hôpi­taux privés ain­si que leurs pro­fes­sion­nels libéraux sont pleine­ment inté­grés dans les démarch­es de mobil­i­sa­tion excep­tion­nelle de type ORSAN.

L’hospitalisation privée offre un accueil en urgences au sein de ses 132 ser­vices d’urgences et ses pro­fes­sion­nels libéraux par­ticipent active­ment à la Per­ma­nence des soins. Par ailleurs, tous les autres étab­lisse­ments de san­té privés accueil­lent la pop­u­la­tion y com­pris pour des soins non pro­gram­més.

« Nous assumons avec fierté et revendiquons notre rôle d’acteur de san­té publique y com­pris et surtout pen­dant les crises san­i­taires. C’est pourquoi, nous com­prenons mal les attaques régulières que subit l’hospitalisation privée tant dans les dis­po­si­tions de la future loi de san­té que dans la ges­tion de la poli­tique tar­i­faire ou encore dans la remise en cause des autori­sa­tions d’activité de soins.» dénonce Ségolène Ben­hamou, Prési­dente de la FHP-MCO« Pourquoi refuser de nous inté­gr­er dans le futur SPH (Ser­vice Pub­lic Hos­pi­tal­ier) alors que nous sommes claire­ment et pleine­ment inté­grés dans le dis­posi­tif san­i­taire de notre pays ? A l’heure où l’ar­ti­cle 26 du pro­jet de loi de san­té impli­querait l’ex­clu­sion des clin­iques et hôpi­taux privés du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier, la preuve du non-sens san­i­taire d’une telle déci­sion, s’il en fal­lait une nou­velle, est aujour­d’hui faite ».