Les meilleurs élé­ments de lan­gage des spin doc­torsdu gou­verne­ment n’ar­riveront pas à nous faire avaler la cam­pagne tar­i­faire telle qu’elle se pro­file. Les arbi­trages en cours appa­rais­sent aus­si illégitimes que le chiffre annon­cé d’une baisse des tar­ifs de ‑2,1 % est mon­strueux. Alors que d’un côté notre secteur paie en tax­es 600 mil­lions d’eu­ros de plus que le secteur pub­lic, 192 mil­lions lui seraient con­fisqués de l’autre au titre de la récupéra­tion du CICE.

Alors qu’il se pro­pose de créer 2700 emplois, 83 mil­lions d’eu­ros lui seraient repris au titre du pacte de respon­s­abil­ité. Alors que nos taux de chirurgie ambu­la­toire sont mon­trés en exem­ple, cette activ­ité ferait les frais d’une économie de 32 mil­lions d’eu­ros.  Nous « sous-exé­cu­tons » notre enveloppe en 2014 pour subir une baisse tar­i­faire en 2015 ! Les non-sens, assor­tis de mesures mor­tifères, s’empilent.

Alors que pro­posons-nous ? De chang­er de par­a­digme en changeant les pri­or­ités de finance­ment.
Depuis des années, la con­struc­tion de la cam­pagne tar­i­faire s’effectue en met­tant l’évolution des GHS comme la vari­able d’ajustement, comme la résul­tante d’une mécanique com­plexe : à par­tir de l’ONDAM hos­pi­tal­ier, l’État fixe le vol­ume prévi­sion­nel, l’évolution des MIGAC, l’évolution des dépens­es de la liste en sus (médica­ments et DMI) et con­state ce qu’il « reste » (ou pas) pour l’évolution des tar­ifs.
Nous pro­posons la con­struc­tion suiv­ante : à par­tir de l’ONDAM hos­pi­tal­ier, l’État fix­erait le vol­ume prévi­sion­nel, l’évolution des tar­ifs des GHS, l’évolution des dépens­es de la liste en sus (médica­ments et DMI) et con­stat­erait ce qu’il « reste » (ou pas) pour l’évolution des MIGAC.
Un tel change­ment porte en lui toute sa légitim­ité, car le pre­mier méti­er des étab­lisse­ments de san­té, publics ou privés, est bien de pren­dre en charge les besoins en soins de la pop­u­la­tion. Les divers­es mis­sions qui y sont rat­tachées n’auront plus de rai­son d’être quand les étab­lisse­ments ne seront plus en mesure d’assurer des soins de qual­ité. De sur­croît, le manque de trans­parence qui per­dure dans le finance­ment de ces mis­sions et dans la jus­ti­fi­ca­tion de l’u­til­i­sa­tion des sub­ven­tions perçues, nous laisse imag­in­er leur faible effi­cience organ­i­sa­tion­nelle et économique, voire leur illégitim­ité. Pour repren­dre les pro­pos du Pre­mier min­istre, il nous faut « du car­bu­rant pour con­tin­uer les réformes », à savoir, con­crète­ment pour nos étab­lisse­ments, le néces­saire renou­velle­ment de nos investisse­ments et la refonte pro­gres­sive de nos organ­i­sa­tions pour nous adapter aux muta­tions des pris­es en charge san­i­taires (développe­ment de la chirurgie ambu­la­toire, nou­velles tech­niques médi­cales, diminu­tion con­tin­ue des durées de séjour d’hospitalisation, développe­ment des patholo­gies chroniques, etc.).

Il faut redonner la pri­or­ité au finance­ment de notre cœur de méti­er, au finance­ment des soins, aux tar­ifs des GHS.

 

 

 

 

 

 

 

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Des taux d’évo­lu­tion tar­i­faires insup­port­a­bles…

  • 2005 : mise en place de la T2A
  • 2006 : — 4 %
  • 2007 : + 4 %
  • 2008 : + 0,8 % (1,2 % si mater­nité)
  • 2009 : + 0,47 %
  • 2010 : + 0 %
  • 2011 : — 0,05 %
  • 2012 : + 0,16 % (+ 0,5% mater­nité)
  • 2013 : — 0,21 %
  • 2014 : — 0,24 %

Sur huit ans, les étab­lisse­ments de san­té privés MCO ont subi une évo­lu­tion tar­i­faire cumulée de 1,17 % (1,91 % si mater­nité) pour un taux d’inflation cumulé de 11,82 % (indice 110,34 / 98,67). Quelle économie peut infliger un tel régime à ses entre­pris­es ?

Les jeunes médecins s’in­stal­lent en secteur 2
Selon le récent rap­port de l’In­see, les jeunes médecins sont beau­coup plus nom­breux que leurs aînés à s’installer en secteur 2, quelle que soit la spé­cial­ité : « six spé­cial­istes sur dix se sont instal­lés ces dernières années dans le secteur à hon­o­raires libres, alors qu’au total, en 2011, ce secteur con­cerne qua­tre spé­cial­istes sur dix (…) Les jeunes ORL, chirurgiens, gyné­co­logues ou oph­tal­mo­logues ont en par­ti­c­uli­er choisi plus de huit fois sur dix ce secteur. Seuls les radi­o­logues, les pneu­mo­logues et les car­di­o­logues s’installent encore aujourd’hui plus fréquem­ment en secteur 1 qu’en secteur 2 », pré­cise l’in­sti­tut.

Sun­shine act, une trans­parence toute rel­a­tive
Suite au Médi­a­tor, toute la trans­parence sur les rela­tions entre l’in­dus­trie prin­ci­pale­ment phar­ma­ceu­tique et les médecins devait être faite. Le Sun­shine act était lancé en mai 2013. Ain­si les avan­tages de plus de 10 euros con­sen­tis aux médecins devaient être déclarés par les indus­triels. 146 mil­lions d’eu­ros ont été dis­tribués en direc­tion des quelque 260 000 pro­fes­sion­nels de san­té : 1200 euros en moyenne pour les car­di­o­logues, 800 pour les chirurgiens ou 413 pour les général­istes. Mais aucun éclairage n’est porté sur les hon­o­raires payés dans le cadre de con­férences par exem­ple cou­verts par le secret des affaires. Sur l’essen­tiel, donc, nous ne saurons rien.

La patien­tèle privée, un marché juteux à l’hôpi­tal
Le marché de l’ac­tiv­ité libérale au sein des Hôpi­taux de Paris s’él­e­vait en 2013 à 32 mil­lions d’eu­ros (+3,7 %). Une rede­vance de 8 mil­lions d’eu­ros est rever­sée par les 358 médecins con­cernés sans que l’on con­naisse la part cor­re­spon­dant aux DP. Dif­fi­cile en effet d’y renon­cer… ce que, pré­cisé­ment, le pro­jet de loi de san­té con­tin­ue de garan­tir. Rap­pelons que le mon­tant nation­al des hon­o­raires des médecins exerçant en secteur privé à l’hôpital pub­lic en France dépasserait les 150 mil­lions d’euros.

Pro­téger vos don­nées
Après le piratage infor­ma­tique de l’un des plus gros assureurs des États-Unis, les experts annon­cent 2015, comme « l’an­née sans con­teste des piratages des don­nées en san­té ». Les objec­tifs des cyber­crim­inels sont le chan­tage, l’es­pi­onnage et naturelle­ment la monéti­sa­tion des don­nées. En France, l’ensem­ble des fédéra­tions ont exprimé à l’ATIH leur volon­té de s’en­gager dans le pro­jet de cen­tral­i­sa­tion des bases d’in­for­ma­tions de san­té exis­tantes en un « grand sys­tème nation­al des don­nées de san­té » (SNDS), mais égale­ment de par­ticiper à la déf­i­ni­tion de sa mise en œuvre et en pre­mier lieu sa sécuri­sa­tion.

Les pro­priétés œstrogéniques, une his­toire de famille chez les bis­phénols
Le grand frère bis­phénol A, inter­dit dans les biberons en Europe depuis 2011, et depuis le 1er jan­vi­er 2015 en France dans les con­tenants ali­men­taires, a cédé la place à ses petits frères S et F, au titre des alter­na­tives néces­saires. Seule­ment, ces deux derniers pro­duits ne sont pas régle­men­tés et sont util­isés sans restric­tion, alors même qu’une équipe de chercheurs français, qui vient de pub­li­er un rap­port dans la revue Fer­til­i­ty & Steril­i­ty, stip­ule que les bis­phénols S et F ont des struc­tures chim­iques et des com­porte­ments sim­i­laires au bis­phénol A. Selon l’Anses, dans un avis pub­lié en avril 2014, « l’analyse des don­nées disponibles mon­tre que la struc­ture chim­ique com­mune aux com­posés de la famille des bis­phénols leur con­fère des pro­priétés œstrogéniques ». Un bis­phénol peut ain­si en cacher un autre, et plus que jamais, les pro­fes­sion­nels de san­té doivent rester vig­i­lants. Dans cette optique, le C2DS vous invite à par­ticiper à l’élaboration de sa cam­pagne Étab­lisse­ment sans per­tur­ba­teur endocrinien, en cours de lance­ment.