Ini­tiale­ment val­orisé dans un souci de sécu­rité san­i­taire et de réduc­tion des coûts de retraite­ment, le con­cept d’usage unique en matière de dis­posi­tifs médi­caux est par­tielle­ment remis cause par l’in­fla­tion des dépens­es de san­té. Cette réal­ité explique les reven­di­ca­tions con­tem­po­raines en faveur de la réu­til­i­sa­tion de cer­tains dis­posi­tifs médi­caux à usage unique — ou repro­cess­ing -­ con­fortées par l’es­sor des tech­niques de retraite­ment.

Qu’est ce que le reprocessing ?

Le repro­cess­ing des dis­posi­tifs médi­caux est défi­ni comme la col­lecte, le démon­tage, le rem­place­ment des pièces, l’assemblage, l’emballage, la reval­i­da­tion fonc­tion­nelle et la stéril­i­sa­tion de dis­posi­tifs médi­caux à usage unique — con­for­mé­ment à des stan­dards inter­na­tionaux, en vue de leur réu­til­i­sa­tion.

Il est com­plète­ment dis­tinct de la stéril­i­sa­tion habituelle­ment réal­isée en étab­lisse­ment, puisqu’il s’adresse à des matériels dont la pos­si­bil­ité de les réu­tilis­er n’a pas été démon­trée par les pro­duc­teurs ; il s’agit donc en pre­mier lieu de met­tre au point des procédés qui per­me­t­tront de préserv­er les qual­ités fonc­tion­nelles et san­i­taires des dis­posi­tifs et de doc­u­menter, en lieu et place du fab­ri­cant, que cela est pos­si­ble.

 

Quels seraient les bénéfices du reprocessing des dispositifs médicaux pour la France ?

Sur le plan économique :

  • Util­i­sa­tion de dis­posi­tifs de qual­ité à un coût réduit sans per­turber les habi­tudes des prati­ciens util­isa­teurs : Le Club des Acheteurs de Pro­duits de San­té a estimé les économies poten­tielles au niveau nation­al à env­i­ron 80 à 100Mn€ / an; ces économies peu­vent soit faciliter l’équili­bre des étab­lisse­ments de san­té ou être partagées avec l’as­sur­ance mal­adie.
  • Réduc­tion du coût des déchets (1 tonne de DASRI – Déchets d’Activités de Soins à Risques Infec­tieux – ~700€),
  • Stim­u­la­tion de la com­péti­tion : les étab­lisse­ments util­isant le repro­cess­ing con­sta­tent une diminu­tion du coût de leurs dis­posi­tifs médi­caux neufs, par l’existence d’une alter­na­tive viable,
  • Créa­tion d’emplois indus­triels en France (marché de prox­im­ité).

Sur le plan environnemental :

Aujourd’hui la majorité de ces déchets font par­tie des DASRI et sont inc­inérés.

Aucun type de reval­ori­sa­tion des com­posants, con­tenant des métaux pré­cieux pour cer­tains, n’est donc pos­si­ble à ce jour. Le repro­cess­ing con­tribuerait à la préser­va­tion de l’environnement via :

  • La reval­ori­sa­tion des matériels col­lec­tés au lieu d’une inc­inéra­tion (plusieurs tonnes par an par étab­lisse­ment chirur­gi­cal),
  • Une réduc­tion du bilan car­bone des dis­posi­tifs util­isés (le retraite­ment des dis­posi­tifs étant à ce jour un marché de prox­im­ité alors que les dis­posi­tifs Usage Unique sont majori­taire­ment fab­riqués hors Europe – aux Amériques et en Asie notam­ment).

Sur le plan sociétal & éthique :

  • Une meilleure allo­ca­tion des ressources de notre sys­tème de san­té, dans un con­texte de plus en plus con­traint,
  • L’accès pour un plus grand nom­bre de patients à des avancées tech­nologiques sou­vent liées à de la chirurgie moins inva­sive, du fait de leur moin­dre coût.

Cer­taines entre­pris­es inter­na­tionales se sont spé­cial­isées dans cette démarche, et des pays – en par­ti­c­uli­er les USA et l’Allemagne – l’ont adop­tée depuis plusieurs années. En France le retraite­ment, le recy­clage et la re-stéril­i­sa­tion d’un dis­posi­tif médi­cal à usage unique en vue de sa réu­til­i­sa­tion est formelle­ment inter­dite