3 ques­tions à Dr Arnaud Robi­net, député-maire de Reims et secré­taire nation­al de l’UMP chargé de la san­té.
Les clin­iques et hôpi­taux privés retirent leur avis de grève, les médecins la prolongent…Comment inter­préter le cli­mat actuel autour de la loi de san­té ?
Aujour­d’hui, il est clair que la volon­té de la min­istre est de met­tre en oppo­si­tion le secteur pub­lic et le secteur privé hos­pi­tal­ier. A mon avis, la tac­tique de la min­istre est de divis­er pour mieux régn­er. Nous avons besoin d’une mobil­i­sa­tion de l’ensem­ble des acteurs de la médecine libérale. Il ne faut pas se laiss­er amadouer, ou mon­ter les uns con­tre les autres, les enjeux sont trop impor­tants. Son atti­tude se perçoit comme une véri­ta­ble volon­té de destruc­tion de la médecine libérale et du secteur hos­pi­tal­ier privé. Cette étati­sa­tion for­cée mène au chaos, au détri­ment des patients.
 

A mi-course, avez-vous l’im­pres­sion que la mobil­i­sa­tion a porté ses fruits ?
La grogne des médecins n’a tou­jours pas été enten­due. Le min­istère ne sem­ble pas plus à l’é­coute. Si aujour­d’hui, avec 2 Français sur 3 qui sou­ti­en­nent la grève des médecins, Marisol Tour­raine n’est pas amenée à pren­dre con­science des défauts de la loi de san­té, nous allons vers un dur­cisse­ment du mou­ve­ment. Qui se fera, mal­heureuse­ment, encore une fois au détri­ment des patients. Pourquoi s’at­ta­quer aux médecins, une pro­fes­sion très aimée, pour­tant qual­i­fiée à tort de « nan­tis » par cer­tains mem­bres du gou­verne­ment ? Le dog­ma­tisme pur et dur est mau­vais con­seiller.

 

Com­ment vous posi­tion­nez-vous dans ce con­texte ?
Nous avons demandé le retrait pur et sim­ple de la loi de san­té, car on ne peut con­cevoir une loi sans con­sul­ter au préal­able l’ensem­ble des acteurs de la san­té, qu’ils vien­nent du secteur pub­lic ou du secteur privé. Marisol Tour­raine doit absol­u­ment repren­dre les dis­cus­sions avec toutes les par­ties prenantes de son min­istère.
Nous avons, à l’UMP, une volon­té forte d’être aux côtés du secteur libéral de la médecine, nous avons la volon­té de tra­vailler avec l’ensem­ble des acteurs libéraux dans le domaine de la san­té, sans laiss­er per­son­ne de côté. Pour nous, cela sera l’une des pier­res angu­laires de la cam­pagne de 2017. Nous souhaiterons alors remet­tre au goût du jour la con­ver­gence tar­i­faire, dossier qui a été un peu facile­ment écarté, ou encore tra­vailler sérieuse­ment sur la rémunéra­tion des médecins. La ques­tion n’est pas seule­ment de savoir si un général­iste doit être payé 23, 24 ou 31 euros la con­sul­ta­tion. Il est néces­saire de procéder à une réelle réé­val­u­a­tion des tar­ifs des médecins en France.