L’ouverture à des négo­ci­a­tions sur le pro­jet de loi de san­té affichée cette semaine par la min­istre Marisol Touraine n’est qu’une pos­ture de façade et ne mod­ère en rien notre déter­mi­na­tion : avec nos prati­ciens, nous deman­dons le retrait en bloc du pro­jet de loi de san­té. C’est l’e­sprit même de la loi, idéologique et lib­er­ti­cide, que nous reje­tons. Nous le savons, ce pro­jet repose sur des pos­tu­lats faux. L’un d’en­tre eux est encore reto­qué par l’en­quête IFOP pub­liée lun­di qui démon­tre une nou­velle fois que le renon­ce­ment aux soins n’est pas jus­ti­fié pri­or­i­taire­ment par des motifs financiers — et d’ailleurs, que font les organ­ismes com­plé­men­taires qui cou­vrent 91 % des français ? — mais par des délais d’at­tente trop longs. Or la loi répond par l’in­stau­ra­tion du tiers payant général­isé et par des mesures qui poussent les prati­ciens libéraux à la démis­sion et les étab­lisse­ments de san­té privés MCO, à l’ex­clu­sion. Quand prati­ciens libéraux et clin­iques auront dis­paru, quels seront les délais d’at­tente à l’hôpi­tal ? Par ailleurs, le pro­jet de loi place les ARS aux manettes du sys­tème avec des moyens juridiques et financiers ren­for­cés quand l’É­tat démon­tre son incom­pé­tence dans la ges­tion de fleu­rons de notre pays — déficit chronique des CHU ou encore cette semaine le naufrage d’Are­va — qui se chiffrent en mil­liards d’eu­ros. En Espagne, en Alle­magne, des CHU placés sous ges­tion privée retrou­vent la san­té ! Cette loi pro­gramme une lente démo­li­tion de notre secteur. Nous n’al­lons pas accepter de mourir sans nous défendre : à par­tir du 5 jan­vi­er prochain, nous fer­merons les portes de nos étab­lisse­ments. Nous sommes dans une sit­u­a­tion de légitime défense car ce pro­jet de loi est une insulte à notre avenir et à celui de notre sys­tème de san­té.

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Notre min­istre répondait avant-hier dans le Figaro sur deux points durs
Les clin­iques men­a­cent de fer­mer leurs portes à par­tir de jan­vi­er parce que vous voulez leur inter­dire les dépasse­ments d’hono­raires… « Je ren­con­tr­erai de nou­veau les représen­tants des clin­iques. Ces dernières souhait­ent s’in­scrire dans le cadre du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier. J’en suis heureuse. Mais le ser­vice pub­lic, les Français savent ce que c’est : un ensem­ble de critères, dont des tar­ifs abor­d­ables. Je suis donc prête à voir avec elles ce qu’elles peu­vent pro­pos­er pour favoris­er l’ac­ces­si­bil­ité finan­cière de leurs étab­lisse­ments. » Dans le même temps, les dépasse­ments exis­teront tou­jours dans les hôpi­taux ! « Juridique­ment, cela est un tout autre sujet : les dépasse­ments dans les étab­lisse­ments publics sont fac­turés par les prati­ciens dans le cadre de leur activ­ité libérale, ce qui n’en­tre pas dans le cadre du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier ».

Oui, nos prati­ciens aiment leur clin­ique !
Ils étaient très nom­breux — 1300 — à répon­dre au ques­tion­naire en ligne de la FHP-MCO pour témoign­er de leur sat­is­fac­tion et aspi­ra­tion à notre égard. Ils sont en phase avec nous et 80 % sont sat­is­faits, voire très sat­is­faits (pour 28 % des répon­dants) des modes d’ex­er­ci­ce que nous leur offrons. Bien nom­més, ils ne sont pas « libéraux » par hasard et éri­gent la lib­erté d’ex­er­ci­ce comme la pre­mière moti­va­tion à choisir notre secteur. Pas éton­nant que nous soyons côte à côte pour lut­ter con­tre un pro­jet de loi de san­té lib­er­ti­cide. Plus inquié­tant, dans les dix ans qui vien­nent nous serons amenés à renou­vel­er 40 % de notre corps médi­cal. Retrou­vez cette info­gra­phie insérée dans le Dia­logue san­té n°16 à recevoir en début de semaine prochaine et une dépêche avec tous les résul­tats de l’en­quête jeu­di 27 novem­bre.

Une flu­id­ité des urgences privées !
Les clin­iques gèrent mieux les rela­tions entre les urgences et les autres ser­vices que les étab­lisse­ments publics, et c’est la DREES qui le dit ! Un tra­vail a été mené le 11 juin 2013 (de 8h à 8h le lende­main) et ses résul­tats présen­tés cette semaine. 734 points d’ac­cueil ont par­ticipé, 52 018 pas­sages ont été enreg­istrés, avec 78 % des patients pris en charge dans le pub­lic, 16 % dans le secteur privé et 6 % dans un Espic. L’en­quête mon­tre que 91 % des points d’ac­cueil étaient situés dans un étab­lisse­ment ayant mis en place un tableau de bord des lits disponibles dans son ter­ri­toire et que cette pro­por­tion atteignait 99 % pour les clin­iques. La DREES observe de grandes dif­férences entre les points d’ac­cueil du pub­lic et du privé, selon la présence ou non de per­son­nel dédié à l’in­ven­taire des lits ou à l’af­fec­ta­tion d’un patient. En moyenne, 31 % des points d’ac­cueil sont situés dans un étab­lisse­ment qui dis­pose de per­son­nel dédié à l’in­ven­taire des lits, avec un taux qui atteint 80 % dans les clin­iques et seule­ment 20 % dans les CHU et CH. Du per­son­nel con­sacré à l’af­fec­ta­tion de ces lits est recen­sé dans 70 % des points d’ac­cueil du privé et seule­ment 11 % du pub­lic. La DREES pré­cise que la qua­si-total­ité des étab­lisse­ments privés déclare que des ETP de médecins urgen­tistes, con­tre 60 % des points d’ac­cueil publics. Le délai d’ob­ten­tion d’une place dans un autre ser­vice est de 20 min­utes dans les CHU et 15 min­utes dans les CH ou clin­iques.

Cherche médecin dés­espéré­ment
Le temps médi­cal disponible est en baisse. « Le vrai prob­lème de l’ac­cès aux soins, ce ne sont pas les dépasse­ments d’hono­raires mais le temps d’at­tente », déclare le porte-parole du cab­i­net Jal­ma qui sonde via l’I­FOP régulière­ment l’opin­ion publique sur ces sujets. « Vous est-il arrivé de renon­cer à des soins à cause… :

  • de la dif­fi­culté d’obtenir un ren­dez-vous dans un délai suff­isam­ment rapi­de ? 64 % (pour un médecin spé­cial­iste) et 55 % (pour un médecin général­iste et 38 % il y a 3 ans).
  • du coût de la con­sul­ta­tion ? 46 %
  • de son éloigne­ment géo­graphique ? 32 % des per­son­nes »

Il faut compter 57 jours pour un ren­dez-vous chez un gyné­co­logue, 50 jours pour un der­ma­to­logue, 111 jours pour un oph­tal­mo­logue ou encore 42 pour un car­di­o­logue ! 31% des per­son­nes inter­rogées ont déclaré finale­ment s’être ren­dues aux urgences con­tre 26 % en 2012 !

Égal­ité homme-femme dans la gou­ver­nance de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée : ren­dez-vous le 15 décem­bre !
L’égalité entre les hommes et les femmes est un fac­teur clé du développe­ment économique et social de nos sociétés. Cette ques­tion du genre mas­culin — féminin tra­verse pro­gres­sive­ment les réflex­ions des décideurs en san­té. Ici comme ailleurs, ils sont peu féminins alors que les femmes représen­tent 51 % de la pop­u­la­tion, sont éminem­ment pre­scrip­tri­ces en san­té et com­posent l’essen­tiel des troupes de soignants. Le chemin de la par­ité au sein des direc­tions des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers privés est long car seules 28 % des direc­tions sont féminines (sondage FHP-MCO mars 2013). Toute­fois, il a été amor­cé il y a déjà qua­tre ans, avec l’or­gan­i­sa­tion d’une journée annuelle à des­ti­na­tion des femmes man­agers en san­té et de leurs col­lègues mas­culins — le 8 mars — pour se con­naître, et bâtir pro­gres­sive­ment une force de réflex­ion sur leur place et leurs valeurs ajoutées fortes dans le secteur de la san­té. Le Cer­cle Simone, club de réflex­ion, et la FHP vous invi­tent à Paris à la Cité de la Mode et du Design, le lun­di 15 décem­bre de 16h à 20h, la veille des Ren­con­tres annuelles de la FHP.
Voir le pro­gramme
Par­tic­i­pa­tion gra­tu­ite mais inscrip­tion oblig­a­toire : contact@lecerclesimone.com

« Un nou­veau mod­èle de con­quête »
San­té-Cité est la V2 du Club des 15. Aujour­d’hui, ils sont 73 et cumu­lent un chiffre d’affaires de 1,7 mil­liard d’euros. San­té-Cité regroupe des étab­lisse­ments indépen­dants sans partage cap­i­tal­is­tique et a pour objec­tif la mutu­al­i­sa­tion des achats et la ratio­nal­i­sa­tion des organ­i­sa­tions. Ils sont ani­més par la volon­té de rompre l’isole­ment des indépen­dants et de lancer un « nou­veau mod­èle de con­quête » ! Unique dans le paysage san­i­taire, ce mod­èle s’inspire des groupe­ments indépen­dants du monde du com­merce (les Cen­tres Leclerc, Joué­Club) et de l’agriculture (la coopéra­tive laitière Sodi­aal).

Qui arbore la plus belle mous­tache ?
Les per­son­nels et prati­ciens des clin­iques d’Au­vergne adopteront-ils le look hip­ster qui prône barbe et mous­tache ? La FHP Auvergne lance l’opéra­tion Movem­ber auprès de leurs 19 adhérents et invite les per­son­nels et prati­ciens des clin­iques à se faire pouss­er la mous­tache tout au long du mois de novem­bre, afin de sus­citer des débats autour de la san­té mas­cu­line (can­cer de la prostate et des tes­tic­ules) pour sen­si­bilis­er le grand pub­lic et obtenir des dons pour la recherche médi­cale. Le Con­cours de la plus belle mous­tache des clin­iques et hôpi­taux privés d’Au­vergne 2014 est lancé ! Votre dossier de can­di­da­ture est à retourn­er à la FHP Auvergne avant le 30 novem­bre au soir, présen­tant à la fois la mous­tache can­di­date, mais égale­ment les actions menées tout au long du mois en faveur de la san­té mas­cu­line.
Pour plus d’in­for­ma­tions, suiv­ez ce lien.


Jardins en étab­lisse­ments de san­té : une bouf­fée d’air aux ver­tus thérapeu­tiques
Ségolène Roy­al a ouvert mar­di dernier le Sym­po­sium inter­na­tion­al « Les jardins à but thérapeu­tique en milieu hos­pi­tal­ier et médi­co-social », un des axes de tra­vail du PNSE 3. Déjà de belles ini­tia­tives dans l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée : la Clin­ique Pas­teur à Toulouse avec son jardin potager sur le toit ou les jardins japon­ais zen de la Clin­ique Saint-Roch à Cam­brai. Un geste vert, certes, un geste social qui crée du lien, mais surtout un tra­vail thérapeu­tique auquel peu­vent être asso­ciés les patients. Les ver­tus thérapeu­tiques du plaisir de tra­vailler la terre et d’en déguster les récoltes sont nom­breuses, mais beau­coup d’aspects curat­ifs restent encore à explor­er. Ce « jardin de sup­port » ou « jardin qui aide les patients à guérir » vient en com­plé­ment des thérapies cura­tives et améliore la qual­ité de vie des patients en cours de soins et après les traite­ments.