À l’heure où le min­istère de l’En­vi­ron­nement change de bra­quet et aban­donne une écolo­gie puni­tive pour opter pour une écolo­gie pos­i­tive, celui de la San­té déploie tous azimuts des process de sanc­tions et adopte résol­u­ment une poli­tique de la puni­tion. Pour cela, il prévoit de don­ner un blanc seing aux organ­i­sa­tions régu­la­tri­ces qui auront le pou­voir de vie et de mort sur nos entre­pris­es sur lesquelles pour­ront s’a­bat­tre poten­tielle­ment une pluie de sanc­tions (qual­ité, activ­ité de nos médecins, etc.). Un non-sens par­ti­c­ulière­ment en ce qui con­cerne des recom­man­da­tions nou­velles qui n’ont fait l’ob­jet d’au­cune péd­a­gogie préal­able comme, par exem­ple, la per­ti­nence des actes. Au-delà, sanc­tion­ner les pro­fes­sion­nels de san­té n’aidera en rien les Français à être en meilleure san­té, et il n’est pas inutile de rap­pel­er que la final­ité de la poli­tique san­i­taire de notre pays n’est pas de faire vivre le sys­tème, mais bien de soign­er la pop­u­la­tion. De plus, con­fi­er aux ARS, juges et par­tie, la survie des étab­lisse­ments publics d’une part et la préser­va­tion d’emplois privés d’autre part, est schiz­o­phrène. Le sig­nal est donc mau­vais ! Par ailleurs, l’ex­péri­ence mon­tre que l’a­mende n’ag­it pas comme une sanc­tion morale, mais le fait qu’elle se paie en argent, l’in­scrit dans un reg­istre marc­hand. C’est l’échec par exem­ple de la taxe car­bone qui ouvre la pos­si­bil­ité d’a­cheter un droit à pol­luer. Ain­si, de cette poli­tique de la puni­tion, il est peu à atten­dre en ter­mes de respon­s­abil­i­sa­tion des acteurs mais beau­coup à per­dre en terme économique surtout pour ceux qui paieront leur dîme jusqu’au dernier cen­time, quand d’autres creuseront sim­ple­ment le déficit de la sécu­rité sociale. Notre gou­verne­ment se trompe dan­gereuse­ment de route : il choisit de pren­dre celle de l’in­fan­til­i­sa­tion alors que nous sommes prêts à emprunter, ensem­ble, celle de la con­fi­ance et de la respon­s­abil­i­sa­tion des acteurs.

 

 

 

 

 

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

 

2e Journée régionale de la FHP Pays de la Loire
14 étab­lisse­ments de san­té privés de la région Pays de Loire ouvraient leurs portes same­di 11 octo­bre pour présen­ter prin­ci­pale­ment la prise en charge ambu­la­toire : vis­ite des ser­vices ambu­la­toires, du bloc opéra­toire, et surtout ren­con­tres avec les pro­fes­sion­nels de san­té, mais encore ate­liers inter­ac­t­ifs au cours desquels des usagers ont pu manip­uler du matériel, simuler des sit­u­a­tions, etc. Cette man­i­fes­ta­tion, dont c’é­tait la deux­ième édi­tion, a pour objec­tif d’informer le grand pub­lic sur ce mode d’hospitalisation, et lui ouvrir grand les portes de nos étab­lisse­ments. Les vis­i­teurs étaient ravis et l’ac­cueil auprès des médias était très posi­tif. Pour plus d’in­for­ma­tions, con­sul­tez le com­mu­niqué de presse.

Des envies de lob­by­ing ?
Vous les con­nais­sez et avez des vel­léités de lob­by­istes ? Alors agis­sez sans mod­éra­tion ! Cinq rap­por­teurs pour le pro­jet de loi de san­té vien­nent d’être désignés mar­di selon l’ar­tic­u­la­tion suiv­ante :

  • Ren­forcer la préven­tion et la pro­mo­tion de la san­té — Olivi­er Véran (PS, Isère).
  • Faciliter au quo­ti­di­en le par­cours de san­té des Français — Bernadette Laclais (PS, Savoie).
  • Innover pour garan­tir la péren­nité du sys­tème de san­té — Jean-Louis Touraine (PS, Rhône).
  • Ren­forcer l’ef­fi­cac­ité des poli­tiques publiques et la démoc­ra­tie san­i­taire — Hélène Geof­froy (PS, Rhône).
  • Mesures de sim­pli­fi­ca­tion — Richard Fer­rand (PS, Fin­istère)

Un faible dif­féren­tiel de 2 % entre les taux de césari­enne à l’hôpi­tal et en clin­ique
Une nou­velle étude (société Heva, don­nées 2013) con­firme une faible dif­férence entre les taux de césari­enne à l’hôpi­tal (20 %) et en clin­ique (22 %). Une excel­lence notable des pra­tiques au regard des charges pénales fortes qui pèsent exclu­sive­ment sur les gyné­co­logues-obstétriciens libéraux. À titre d’ex­em­ple, un gyné­co­logue libéral indi­quait pay­er 21 000 euros par an de RCP, ce qui cor­re­spond aux hon­o­raires de 70 accouche­ments ! Pour rap­pel, les prati­ciens libéraux n’ont aucun intérêt économique à priv­ilégi­er une césari­enne puisque les hon­o­raires sont stricte­ment iden­tiques ; côté étab­lisse­ment, le tarif d’une césari­enne est de 1 758 euros pour un tarif issu de l’étude de coûts de 2 522 euros.

Le Val-de-Grâce, emblème hos­pi­tal­ier français, ferme !
C’est le nec plus ultra des neuf hôpi­taux mil­i­taires français, il soigne les chefs d’é­tat, et pour­tant le min­istre de la Défense a pris la déci­sion de ne pas inve­stir la somme d’en­v­i­ron 250 mil­lions d’eu­ros pour sa réno­va­tion. De mil­i­taire, il n’a presque plus que le nom depuis que l’ac­tiv­ité liée directe­ment aux opéra­tions mil­i­taires se passe à Bégin et Per­cy. Jean-Yves Le Dri­an a annon­cé sa recon­ver­sion en « pôle d’ex­cel­lence réservé aux activ­ités de recherche, de for­ma­tion académique et de mémoire ».

Ouvrir un hôtel hos­pi­tal­ier
Olivi­er Véran, le nou­veau rap­por­teur du volet assur­ance mal­adie du PLFSS souhaite favoris­er de nou­velles pra­tiques con­cer­nant le quo­ti­di­en des patients. Des hôtels hos­pi­tal­iers ont déjà fait leur appari­tion, mais ces struc­tures utiles pour cer­tains patients après un séjour en ambu­la­toire, sont à leur charge. Olivi­er Véran veut dépos­er un amende­ment pour expéri­menter la con­struc­tion d’hô­tels hos­pi­tal­iers, com­prenant par exem­ple une infir­mière 24 heures sur 24. Ils seraient financés par le Fonds d’in­vestisse­ment région­al. Le prix de la nuit serait pris en charge par l’as­sur­ance mal­adie.

Quand la grande dis­tri­b­u­tion fait le tra­vail des médecins…
24 000 sci­en­tifiques ont signé une péti­tion pour s’in­surg­er con­tre l’é­ti­que­tage nutri­tion­nel de Car­refour. Ils tirent le sig­nal d’alarme sur la légitim­ité sci­en­tifique de la démarche, la con­fu­sion majeure d’in­for­ma­tions de san­té publique à l’heure où le min­istère de la San­té présente son pro­jet d’é­ti­que­tage des pro­duits, la pos­si­bil­ité que chaque opéra­teur économique fixe ses pro­pres seuils (par exem­ple, sup­pres­sion de la caté­gorie rouge par Car­refour). Les sig­nataires deman­dent aux par­lemen­taires de vot­er le principe « d’un éti­que­tage nutri­tion­nel sim­pli­fié unique » et aux pou­voirs publics de pub­li­er « dès main­tenant le for­mat de cet éti­que­tage cor­re­spon­dant au sys­tème de 5 couleurs s’ap­puyant sur les seuils fixés par l’ANS­ES ».


Tran­si­tion énergé­tique : un vaste chantier

Comme son nom l’indique la loi sur la tran­si­tion énergé­tique a pour but de pass­er d’un sys­tème de pro­duc­tion basé sur les éner­gies clas­siques vers un sys­tème basé sur les éner­gies renou­ve­lables. La rai­son de ce change­ment est avant tout écologique avec pour grands objec­tifs la réduc­tion de la con­som­ma­tion énergé­tique finale de 50 % en 2050 (par rap­port à 2012), la baisse de la con­som­ma­tion de ressources fos­siles de 30 % en 2030, la part des éner­gies renou­ve­lables portée à 23 % en 2020 et 32 % en 2030 ou encore la réduc­tion de 75 % à 50 % du poids du nucléaire dans le mix élec­trique en 2025. Cette tran­si­tion a aus­si un but économique. La pri­or­ité est don­née au bâti­ment à tra­vers une cam­pagne de réno­va­tion pour lut­ter con­tre le gaspillage. La quan­tité des déchets mis en décharge devra être réduite de moitié d’i­ci à 2025. La pro­mo­tion des trans­ports plus « pro­pres » est égale­ment au cen­tre de cette loi avec au moins 50 % de véhicules élec­triques. Par aiileurs, et présen­tée cette semaine, une nou­velle mesure de lutte con­tre la pol­lu­tion sonore sera inscrite dans le 3e Plan nation­al san­té envi­ron­nement (PNSE 3). Pour en savoir plus, cliquez ici.