3 ques­tions à Dr Denis Franck, prési­dent de l’As­so­ci­a­tion française de can­cérolo­gie — Union nationale hos­pi­tal­ière privée de can­cérolo­gie (AFC-UNHPC), et directeur du groupe Onco­rad-Garonne.
Où en est-on aujour­d’hui dans le traite­ment du can­cer du sein ? Le can­cer du sein reste préoc­cu­pant : chaque année, 48 000 nou­veaux cas sont diag­nos­tiqués. Les can­cers du sein regroupent 31 % de l’ensemble des can­cers féminins, et occa­sion­nent env­i­ron 12 000 décès par an. Ils représen­tent 18 % de l’ensemble des décès par can­cer. Cepen­dant, depuis les années 1980, la mor­tal­ité dimin­ue chaque année de 0,6 %. Et si l’on observe les chiffres plus atten­tive­ment, la courbe s’infléchit encore à par­tir de 2005, où la mor­tal­ité perd 1,5 % tous les ans, prob­a­ble­ment sous l’effet d’une meilleure préven­tion. C’est là qu’Octo­bre rose prend tout son sens : mieux dépis­ter, pour trou­ver des tumeurs plus pré­co­ces, avec un meilleur pronos­tic.

 

Com­ment expliquez-vous le suc­cès de l’opéra­tion Octo­bre rose sur la préven­tion des can­cers du sein ? C’est une excel­lente ini­tia­tive qui met le focus sur la préven­tion et le dépistage, d’une manière beau­coup moins admin­is­tra­tive. Toute une série d’initiatives ludiques vien­nent dédrama­tis­er la préven­tion, et induire de façon indi­recte un réflexe de dépistage. Il y a quelques années, le Pic du Midi a été illu­miné de rose ! Tout cela démythi­fie le côté médi­cal, et surtout, per­met aux femmes con­fron­tées à la mal­adie de dis­cuter entre elles, au lieu de rester toutes seules chez elles.

 

Et au milieu de cette myr­i­ade d’ini­tia­tives, que faites-vous dans votre étab­lisse­ment ? Chez nous, à la Clin­ique Pas­teur, nous organ­isons une semaine du sport. La gym, l’escrime, l’aviron sont à l’honneur. Il a été prou­vé que la pra­tique sportive avait une réelle inci­dence sur le taux de guéri­son. La plu­part des femmes qui y par­ticipent ont fini leur traite­ment, mais nous avons aus­si des amé­nage­ments pour celles qui sont encore traitées en chimio­thérapie. Le sport per­met d’échanger, il booste le moral, c’est l’une des meilleures préven­tions !