La péri­ode est étrange : nous ten­tons de mod­élis­er l’avenir du M, du C et du O depuis plusieurs mois avec un draft ! Dès le pro­jet de cette future loi de san­té dif­fusé avant l’été, nous avons immé­di­ate­ment iden­ti­fié qu’elle por­tait en germe l’ex­clu­sion de notre secteur des mis­sions de ser­vice pub­lic. Mais nous n’avons tou­jours qu’un brouil­lon entre les mains. La pre­mière idée était d’en faire des avions de chas­se en papi­er pour les bom­barder sur les chou­c­hous de la classe, et réa­gir ain­si avec la même dés­in­vol­ture dont le min­istère fait preuve à notre égard. La deux­ième était de saisir cette chance si rare d’être autant en amont d’un grand texte de loi. Le pro­jet vient de pass­er sous les fourch­es caudines du Con­seil d’É­tat dont les con­clu­sions restent secrètes et sera présen­té au con­seil des min­istres à une date mou­vante pour être soumis au Par­lement début 2015. Ce long process vient tester la vérité de notre foi et la solid­ité de nos nerfs avec pour sim­ple résul­tat celui de ren­forcer et décu­pler notre résis­tance. Faut-il prévoir un arse­nal dis­suasif ou offen­sif ? Les deux, bien sûr ! Nous avons bien noté que blo­quer les avions sur le tar­mac fait renon­cer Air France à l’en­tièreté du pro­jet Transavia Europe, mais que les feux des agricul­teurs n’ont pas pour le moment éclairé les esprits du gou­verne­ment. Nous avons d’autres idées pour réchauf­fer le cli­mat…

 

 

 

 

 

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

À l’heure de ce 13h, 250 par­tic­i­pants et une quin­zaine d’intervenants par­ticipent à la 5e édi­tion du Con­grès des représen­tants des usagers, organ­isé par la FHP-MCO. Un suc­cès qui se con­firme !

Les médecins en embus­cade
La grogne des médecins s’am­pli­fie con­tre la poli­tique san­té du gou­verne­ment et s’est accélérée ce week-end à l’oc­ca­sion des con­grès de la CSMF et du SML qui appel­lent, par exem­ple, à la dénon­ci­a­tion de la con­ven­tion médi­cale. 97 % des médecins libéraux sont con­tre la réforme de Marisol Touraine ou encore 95 % con­tre le tiers payant général­isé (alors que 66 % des Français le plébisci­tent) selon le sondage Opin­ion­Way com­mandé par le SML. « Nous sommes inqui­ets et per­plex­es. Ce texte apporte peu de solu­tions aux prob­lèmes des médecins dans leur pra­tique et de répons­es aux patients sur le ter­rain. C’est surtout un pas de plus vers une médecine régle­men­tée et admin­istrée, qui ne peut qu’en­traîn­er un pro­fond déséquili­bre dans le sys­tème de san­té. », déclarait égale­ment Patrick Bou­et, prési­dent du CNOM. Les hos­pi­tal­iers, quant à eux, man­i­fes­taient déjà mar­di à Paris con­tre les restric­tions budgé­taires de 10 mil­liards d’eu­ros annon­cées dans le secteur de la san­té d’i­ci 2017 et le pro­jet de loi. Marisol Touraine défendait son pro­jet lors du con­grès de la CSMF : « Ce texte, il est pour moi l’oc­ca­sion de dire que notre pays doit réor­gan­is­er son sys­tème de san­té autour des médecins général­istes et des médecins spé­cial­istes qui for­ment la médecine libérale (…) L’ob­jec­tif, c’est l’or­gan­i­sa­tion des soins de prox­im­ité et des par­cours de san­té. Les ARS sont là pour s’as­sur­er de la mise en place de ces ser­vices ter­ri­to­ri­aux de san­té au pub­lic mais ce sont les acteurs de ter­rain, médecins, pro­fes­sion­nels libéraux, médi­co-soci­aux, qui définiront le con­tour dans chaque ter­ri­toire de cette organ­i­sa­tion. ».
Coup d’en­voi le 30 sep­tem­bre : fer­me­ture de cab­i­nets, de lab­o­ra­toires d’analyse et d’of­ficines, arrêt de télé­trans­mis­sions, grève des gardes, péti­tions et man­i­fes­ta­tions à Paris et en province. Pour les courageux, les 785 pages du rap­port de l’IGAS sur les pro­fes­sions régle­men­tées sont à télécharg­er sur www.economie.gouv.

Le débat sur les 35 heures ressur­git à l’ini­tia­tive de la FHF
Loin de con­tribuer à une vie plus équili­brée, la réduc­tion du temps de tra­vail a débouché sur un sys­tème qual­i­fié dans l’é­tude de la FHF sur 151 étab­lisse­ments, d’« ingérable » avec des cadres noyés dans les plan­nings « de plus en plus com­plex­es », et perçus comme des « ges­tion­naires et non comme des ani­ma­teurs d’u­nités de soins ». La FHF note que les RTT ne se sont pas traduites par une diminu­tion de la péni­bil­ité pour les per­son­nels soignants. Faute de créa­tions de postes suff­isantes pour pal­li­er les absences, les hôpi­taux ont recou­ru à l’in­térim à hau­teur de 67 mil­lions en 2011 et à des con­tractuels à hau­teur de 700 mil­lions. La FHF dénonce une aug­men­ta­tion « sans précé­dent » de la masse salar­i­ale de plus de 30 % entre 2002 et 2012. Elle souhaite desser­rer le car­can des 35 heures et évoque le pro­jet d’un pla­fon­nement des RTT à 15 jours par an, ce qui per­me­t­trait de dégager 640 000 journées de tra­vail.

Com­bi­en coûte notre tra­vail ?
Comme chaque année l’ATIH pro­duit un panora­ma com­plet des coûts dans l’ensemble des étab­lisse­ments de san­té publics et privés. L’enjeu est impor­tant car ces don­nées ser­vent de base pour la con­struc­tion des tar­ifs hos­pi­tal­iers et la clas­si­fi­ca­tion médi­co-économique des séjours. L’analyse des coûts selon la nature de l’activité fait appa­raître une grande dis­par­ité des coûts selon le type de prise en charge : hos­pi­tal­i­sa­tion com­plète, ambu­la­toire, séances… et selon la sévérité des cas (don­nées 2012).
Vous pou­vez con­sul­ter le rap­port en suiv­ant ce lien.

Les urgences en burn-out
Le prési­dent du Samu-Urgences de France (SUDF), organ­isa­teur des 3e Assis­es de l’ur­gence, rap­pelait que 62 % des urgen­tistes sont en pré-burn-out, 11 % en burn-out (étude 2010). Une autre enquête menée sur le départe­ment de la Loire indique que 23 % des urgen­tistes en poste en 2000 avaient quit­té leur tra­vail en 2010, en moyenne après sept ans d’ex­er­ci­ce et majori­taire­ment pour une réori­en­ta­tion vers la médecine générale. Et le Dr Patrick Pel­loux, prési­dent de l’As­so­ci­a­tion des médecins urgen­tistes de France (AMUF) de con­clure : « il ne se passe rien à la DGOS sur la péni­bil­ité. On nous dit seule­ment qu’il faut tra­vailler 48 heures, si bien que ce pla­fond horaire est devenu un planch­er ! »

La san­té entre au super­marché
Wal­mart, le géant de la dis­tri­b­u­tion améri­cain prévoit l’ou­ver­ture de 5 000 points médi­caux « low-cost » dans ses super­marchés. Ces spots accueilleront les patients 7j/7, pour un prix de con­sul­ta­tion fixé à 40 dol­lars (très abor­d­able pour les Améri­cains). Ces points sont des­tinés à pren­dre en charge les patholo­gies mineures comme les rhumes, la grippe, les petites entors­es. Ils pour­ront égale­ment servir de cen­tre de vac­ci­na­tion. D’autres chaînes comme CVS, Tar­get ou Wal­greens ont déjà déployé 2 000 cen­tres de ce type sur le ter­ri­toire améri­cain. Pour l’in­stant, il ne s’ag­it pas de télémédecine, mais une fois les réseaux mis en place, les con­nex­ions ne tarderont pas à se faire.


Vers un monde de la san­té

À l’heure du Som­met de l’ONU sur le cli­mat à New York et à l’aube de la COP 21, 21e con­férence mon­di­ale sur le Cli­mat qui se tien­dra à Paris en 2015, la France doit vis­er l’exemplarité envi­ron­nemen­tale pour con­va­in­cre le reste du monde d’œuvrer dans le même sens. La San­té se doit elle aus­si de don­ner l’ex­em­ple. Le C2DS vient de pub­li­er un man­i­feste qui s’in­scrit dans la dynamique à la fois du pro­jet de Stratégie nationale de tran­si­tion écologique vers un développe­ment durable 2014-2020 (SNTEDD) du gou­verne­ment, mais égale­ment du 3e plan nation­al san­té envi­ron­nement (PNSE 3) du min­istère de la San­té, et enfin de la Tran­si­tion énergé­tique vers un développe­ment durable du min­istère de l’Écologie. Ce man­i­feste a été remis aux min­istères de la San­té et de l’E­colo­gie ain­si qu’á l’Elysée. Voir le Com­mu­niqué de presse et le Man­i­feste.