Le Con­seil d’ad­min­is­tra­tion du MCO est assidu, sol­idaire, com­bat­if et sans tabou. Ses mem­bres vien­nent encore de le démon­tr­er lors du sémi­naire stratégique annuel qui se tenait en fin de semaine dernière. Comme chaque année et en toute trans­parence, le con­tenu des débats et des exposés fer­ont l’ob­jet d’un “4 pages” envoyé à cha­cun, ain­si vous saurez tout. Nous rece­vions en par­ti­c­uli­er San­té­clair et le CISS pour appro­fondir la ques­tion du TJP et les actions com­munes à con­duire con­tre ce dis­posi­tif dont l’ad­di­tion se monte à 1 mil­liard, opaque pour les patients, coû­teux pour les financeurs com­plé­men­taires… et inéquitable pour les acteurs que nous sommes… mais au final qui con­stitue autant de prélève­ments indus auprès de chaque citoyen…. Le CISS fait à nou­veau l’ac­tu­al­ité cette semaine au côté de 60 mil­lions de con­som­ma­teurs en pub­liant les DP 2013 des prati­ciens à l’hôpi­tal. Peu importe que le mon­tant des DP baisse d’ailleurs très faible­ment (0,58 %), sim­ple­ment, ils sub­sis­tent ! Chez nous, et selon la loi de San­té, la seule présence de médecins en secteur 2, nous vaudrait d’être black­listés par l’ARS et nous ferme les portes du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier. L’élite médi­cale publique serait-elle intouch­able et sous­traite à l’oblig­a­tion de favoris­er l’ac­cueil de tous ? Alors, allons plus loin, pourquoi les pro­fesseurs agrégés ne dis­penseraient-ils pas des cours privés dans les locaux des lycées publics ? La san­té ne se grandit pas, et le gou­verne­ment ne s’il­lus­tre pas en jouant aus­si grossière­ment.
Au menu de sep­tem­bre, fig­urent la per­spec­tive de la loi de San­té, dont per­son­ne sauf le Con­seil d’E­tat n’a vu la ver­sion finale, la pré­pa­ra­tion du PLFSS 2015 avec un Ondam frap­pé théorique­ment d’une aug­men­ta­tion de 2,1 %, et l’é­conomie de 2 mil­liards d’eu­ros sup­plé­men­taires à trouver…dans la san­té. Mais je con­state que plus les coups sont durs, plus cela ren­force nos con­vic­tions et nos alliances. D’ailleurs, à ce pro­pos et au cas où, ne prévoyez rien le 30…

 

 

 

 

 

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Un secteur 2 VIP !
Le CISS et 60 mil­lions de con­som­ma­teurs vien­nent de pub­li­er les nou­velles don­nées sur les dépasse­ments d’hono­raires des médecins hos­pi­tal­iers. 

« Au moment où une nou­velle loi de San­té porte par­mi ses objec­tifs à la fois la réno­va­tion du ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier et la lutte con­tre les bar­rières finan­cières à l’ac­cès aux soins, nous atten­dons qu’elle intro­duise des dis­po­si­tions très con­crètes pour répon­dre à une dérive déjà iden­ti­fiée de notre sys­tème hos­pi­tal­ier pub­lic », déclar­ent les deux asso­ci­a­tions. En 2013, ils se sont élevés à 68,7 mil­lions d’eu­ros, en baisse de 400 000 euros, sur les 2,7 mil­liards d’eu­ros des dépasse­ments au total. Des revenus estimés en moyenne à 33 000 euros par an et par médecin, 53 000 euros à Paris (don­nées Assur­ance mal­adie). Rap­pelons que la loi de San­té men­ace de refuser à l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée la pro­duc­tion de soin au pub­lic si la total­ité de l’ac­tiv­ité n’est pas en secteur 1 !

Pas de DP pour 60 % des séjours en clin­ique
Selon le rap­port annuel de la Cour des comptes sor­ti hier, les médecins tra­vail­lant dans des clin­iques privées ont perçu plus de 4,7 mil­liards d’eu­ros d’hono­raires (don­nées 2012, rap­port 2014). Les hon­o­raires à tarif oppos­able ont représen­té une masse totale de 3,9 mil­liards d’eu­ros en 2012, dont 45 % con­cer­nent la chirurgie et l’anesthésie. Cette masse représente 8 % des dépens­es de soins de ville, hors pro­duits de san­té. La Cour indique qu’il faut ajouter à ces hon­o­raires, les dépasse­ments d’hono­raires estimés à 818 mil­lions d’eu­ros en 2012 (200 mil­lions de plus qu’il y a 5 ans). « Le dépasse­ment moyen est éval­ué à 320 euros env­i­ron par séjour, dou­blant presque les hon­o­raires demandés au patient » mais « aucun dépasse­ment n’est pra­tiqué pour près de 60 % des séjours réal­isés en clin­iques » indique la Cour.

Mobil­i­sa­tion
L’U­nion nationale des pro­fes­sions libérales (Unapl) se mobilise con­tre la volon­té du gou­verne­ment de libéralis­er les pro­fes­sions régle­men­tées en lançant 5 actions ciblées : une journée « cab­i­net mort » le 30 sep­tem­bre, une cam­pagne sur Twit­ter, des actions de lob­by­ing en direc­tion des par­lemen­taires et des élus locaux et une péti­tion lancée con­tre la « loi Macron » ou loi de Crois­sance. Michel Chas­sang garde la porte ouverte aux négo­ci­a­tions. « Nous sommes ouverts à des évo­lu­tions mais pas n’im­porte com­ment. Nous voulons relancer le chantier de la sim­pli­fi­ca­tion admin­is­tra­tive.» Deux­ième con­di­tion pour une ouver­ture de négo­ci­a­tions : une équité de traite­ment entre le secteur pub­lic et le secteur privé. « Qui peut aujour­d’hui dire que la fin de la con­ver­gence des tar­ifs entre pub­lic et privé va dans le bons sens ? Si l’on réforme dans le secteur privé, il faut aus­si réformer les hôpi­taux, les tri­bunaux, et déclin­er ces réformes dans tous les corps de méti­er.» L’hos­pi­tal­i­sa­tion privée, aux côtés de nom­breux syn­di­cats de médecins libéraux, sou­tient cette mobil­i­sa­tion avec des actions com­plé­men­taires, à suiv­re…

La pro­fes­sion audi­tion­née à l’Assem­blée sur le CICE
La nou­velle mis­sion d’in­for­ma­tion sur le CICE à l’Assem­blée nationale audi­tion­nait notam­ment des représen­tants de la FHP, de la FHF. Occa­sion pour Lamine Ghar­bi de rap­pel­er que la pleine appli­ca­tion du CICE aurait été « une bouf­fée d’oxygène mag­nifique » pour des étab­lisse­ments de san­té privés à but lucratif, dont 30 % sont en déficit face à « une con­trainte économique forte ». Cette pleine appli­ca­tion leur aurait per­mis de « redress­er leurs comptes » et d’in­ve­stir pour la qual­ité des soins. Il a par ailleurs rap­pelé que les clin­iques, qui « per­dent des parts de marché, notam­ment en chirurgie », con­nais­saient un dif­féren­tiel de charges sup­plé­men­taires de 600 mil­lions d’eu­ros par rap­port aux hôpi­taux publics. La récupéra­tion du CICE via les tar­ifs créé une « dis­tor­sion de con­cur­rence » dans le secteur de la san­té. « Je suis forte­ment choqué par cette récupéra­tion, qui n’a aucun fonde­ment économique (…) J’y vois la volon­té de, peut-être, faire en sorte que notre secteur dis­paraisse et je pèse mes mots » et de citer par exem­ple le fait que « 30 départe­ments de notre ter­ri­toire n’ont plus de mater­nité privée ».

« Relancer le débat », on est pour !
Les « élé­ments de tra­vail » du Medef — remise en cause des 35h, baisse du Smic, etc. — pour « relancer la dynamique de créa­tion d’emplois en France » révélés ce week end, ont fait l’ef­fet d’une bombe sur l’échiquier syn­di­cal. Au MCO, nous savons qu’un tra­vail de péd­a­gogie de la moder­nité est vital et on appré­cie aus­si cette manière de « relancer le débat » comme s’en est jus­ti­fié Pierre Gat­taz.

« L’as­sur­ance mater­nité: une place à clar­i­fi­er »
Selon la Cour des comptes, « l’as­sur­ance mater­nité ne fait pas l’ob­jet d’un pilotage spé­ci­fique de ses dépens­es alors même que celles-ci sont impor­tantes » : 7,3 mil­liards d’eu­ros en 2013, dont 45 % de presta­tions en espèces, 41 % de soins en étab­lisse­ments de san­té et 14 % de soins de ville. Un mon­tant mul­ti­plié par 2,5 depuis 1990. La Cour émet 5 recom­man­da­tions :

  • inté­gr­er les indem­nités jour­nal­ières (IJ) liées à la mater­nité dans l’ON­DAM
  • « redéfinir la place et le périmètre de l’as­sur­ance mater­nité », selon 2 scé­nar­ios : soit « l’in­té­gra­tion à garanties inchangées au sein du risque mal­adie », soit la « con­sti­tu­tion à côté de l’as­sur­ance mal­adie d’une assur­ance mater­nité plus cohérente, plus com­plète et plus fer­me­ment pilotée »
  • accélér­er la DMS mater­nité et « redéfinir en con­séquence les modal­ités de tar­i­fi­ca­tion de l’ac­couche­ment et de la nais­sance pour faire béné­fici­er l’as­sur­ance mal­adie des économies en résul­tant »
  • con­di­tion­ner le déploiement de Pra­do à la réduc­tion de la DMS
  • « mod­i­fi­er la nomen­cla­ture des actes pro­fes­sion­nels des sages-femmes libérales pour réori­en­ter, à enveloppe con­stante, leur activ­ité vers des actes à plus forte respon­s­abil­ité, notam­ment le suivi post-natal ».

Rifi­fi
La FHF annonce une dégra­da­tion des comptes du secteur pub­lic en 2013 : il man­querait 300 mil­lions d’eu­ros de ressources pour cou­vrir les dépens­es, con­tre seule­ment 142 mil­lions en 2012. En cause, « la poli­tique tar­i­faire 2013 des pou­voirs publics, qui a favorisé les clin­iques privées » déclare la FHF à laque­lle la FHP répondait qu’elle s’in­ter­ro­geait sur le « maquil­lage » des comptes des hôpi­taux publics, que Marisol Touraine avait annon­cé avant l’été « qua­si à l’équili­bre ».

Une France moyenne
Ber­tels­mann, la pre­mière fon­da­tion privée alle­mande, a com­paré les per­for­mances des 28 pays européens dans 6 domaines : la préven­tion de la pau­vreté, l’é­d­u­ca­tion, le marché du tra­vail, la san­té, l’é­gal­ité intergénéra­tionnelle et la cohé­sion sociale : la France ne se classe qu’au 12e rang, juste avant le Roy­aume-Uni et la moyenne européenne. En matière de san­té, con­sid­érée comme un point fort, la France n’oc­cupe que la 9e place, juste devant l’Alle­magne. Les auteurs pointent l’é­cart « énorme » entre une Europe du Nord (Suède, Fin­lande, Dane­mark, Pays-Bas) qui, glob­ale­ment, est par­v­enue à préserv­er un sys­tème social effi­cace mal­gré quelques lacunes, et une Europe du Sud et du Sud-Est en plein marasme qui ne parvient pas à con­tenir les injus­tices sociales. Ils soulig­nent égale­ment que, même si en moyenne les pays les plus rich­es sont aus­si les plus justes sur le plan social, d’autres, aux per­for­mances médiocres, s’il­lus­trent par un niveau de jus­tice sociale (République Tchèque, Slovénie et Estonie). Les auteurs pré­cisent enfin que des économies mas­sives dans cer­tains secteurs peu­vent être extrême­ment dan­gereuses et de citer les con­séquences de l’austérité sur le sys­tème de san­té grec.

Un coup de starter pour le numérique
5 pro­jets (sur 18) sont retenus dans le cadre du pro­gramme Ter­ri­toire de soins numérique choi­sis pour leur car­ac­tère « inno­vant et pérenne », leur adapt­abil­ité au niveau nation­al, leur « capac­ité à mobilis­er » les acteurs de san­té et leur impact sur le développe­ment de la e‑santé. Les 5 ARS gag­nantes se partageront une enveloppe de 80 mil­lions d’eu­ros : Aquitaine : XL Ens, pour Lan­des espaces numérique de san­té ; Bour­gogne  E_Ticss, pour Ter­ri­toire inno­vant coor­don­né san­té social ; Île-de-France : TerriS@nté, pour Le numérique au ser­vice de la san­té en métro­pole du Grand Paris ; Rhône-Alpes : Pas­ca­line, pour Par­cours de san­té coor­don­né et accès à l’in­no­va­tion numérique et l’Océan Indi­en : Plexus OI.


Opéra­tion pesée des biodéchets

2014 est l’année européenne de lutte con­tre le gaspillage ali­men­taire. Les chiffres du min­istère de l’Agriculture indiquent que, de tous les métiers de la restau­ra­tion col­lec­tive, celle dis­pen­sée par les étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux enreg­istre le plus gros vol­ume de pertes et gaspillages avec 264 g par per­son­ne et par repas en moyenne, avec des résul­tats encore plus alar­mants pour les courts séjours à l’hôpital. Afin de pren­dre toute la mesure de l’étendue de la ques­tion, le C2DS lançait début 2014 la cam­pagne « journée pesée des biodéchets » et lancera à l’occasion de la journée nationale de lut­tre con­tre le gaspillage ali­men­taire, le 16 octo­bre prochain, une cam­pagne « Engage­ments restau­ra­tion durable » en étab­lisse­ment de san­té. La cam­pagne « journée pesée des biodéchets » se pour­suit jusqu’au 31 décem­bre 2014, date lim­ite pour envoy­er vos résul­tats. Tous les étab­lisse­ments non encore inscrits sont invités à le faire en con­tac­tant Wiebke Win­kler : wiebke.winkler@c2ds.eu L’alimentation est un geste de san­té et la chas­se au gaspi, un geste de bon sens.