3 ques­tions à Marielle Guil­laud, direc­trice de la Clin­ique Pas­teur à Roy­an.
La mater­nité de la Clin­ique Pas­teur de Roy­an fer­mera ses portes le 31 décem­bre prochain. Pourquoi ?

Nous n’avons pas trou­vé de prati­cien pour rem­plac­er le départ en retraite de l’un de nos deux gyné­co­logues-obstétriciens. Nous ne pour­rons plus assur­er les gardes, la sécu­rité et la qual­ité des soins. Le Con­seil d’administration a validé la fer­me­ture jeu­di dernier. Depuis plus de trois ans, nous cher­chons dés­espéré­ment à recruter des prati­ciens. D’im­por­tants moyens ont été mis en œuvre : deux cab­i­nets de recrute­ment médi­cal spé­cial­isés ont été mis­sion­nés, nous avons pub­lié de nom­breuses annonces sur les sites spé­cial­isés, envoyé plus de 800 pla­que­ttes aux cen­tres hos­pi­tal­iers sur le ter­ri­toire mét­ro­pol­i­tain, démarché en direct des gyné­co­logues-obstétriciens ; les salariées de la mater­nité se sont active­ment impliquées dans nos recherch­es, le réseau péri­na­tal du Poitou-Char­entes nous a aidés, etc. En trois ans, nous n’avons reçu que deux can­di­da­tures mais qui ne cor­re­spondaient pas aux critères d’ex­i­gence médi­cale de notre étab­lisse­ment. La sit­u­a­tion de notre mater­nité ressem­ble à celle de beau­coup d’autres : une excel­lente répu­ta­tion, une équipe de soignants dévoués et très pro­fes­sion­nels, mais 600 nais­sances et des prati­ciens vieil­lis­sants. Je pré­cise que nous béné­fi­cions d’une allo­ca­tion de l’ARS Poitou-Char­entes pour main­tenir une offre de qual­ité et de prox­im­ité dans le bassin de Roy­an.

Une mater­nité qui ferme, c’est un sym­bole fort qui dis­paraît…

Oui, elle occupe tou­jours une place à part dans une clin­ique, sym­bol­ique, c’est le lieu où débute la vie. Des mil­liers de Roy­an­nais y sont nés. C’est pour nous l’échec de trois ans de com­bat ! C’est une déci­sion dif­fi­cile et douloureuse. Mal­gré nos sol­lic­i­ta­tions répétées et insis­tantes auprès des pou­voirs poli­tiques et san­i­taires de la région, nos alertes sont restées let­tre morte trop longtemps. Roy­an, une ville de 85 000 habi­tants, n’au­ra plus de mater­nité et les par­turi­entes devront compter l’été près d’une heure de voiture pour accouch­er aux CH de Saintes ou Rochefort. Nous tou­chons du doigt les lim­ites de notre sys­tème de san­té et la pop­u­la­tion en prend con­science à ses dépens. Toute­fois, rapi­de­ment, l’ARS a pris toute la mesure des enjeux et a réu­ni l’ensem­ble des acteurs régionaux de la nais­sance pour étudi­er les dif­férents scé­nar­ios pos­si­bles et toutes les options ont été étudiées.

Quelle est la suite ?

La déci­sion de fer­me­ture n’a été prise qu’après s’être assurés de l’or­gan­i­sa­tion de la con­ti­nu­ité de l’ac­tiv­ité et la pos­si­bil­ité de réin­ser­tion des salariées. La Clin­ique Pas­teur a tou­jours veil­lé à tenir une posi­tion d’opéra­teur de san­té respon­s­able au regard de ses mis­sions de ser­vice pub­lic au sein d’un ter­ri­toire de san­té où plusieurs étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers inter­agis­sent. Dès jan­vi­er sera mis en place un Cen­tre Péri­na­tal de Prox­im­ité (CPP) à l’hôpi­tal de Roy­an. Il s’agira d’un cen­tre de con­sul­ta­tions avancées pré et post-natales assurées par des gyné­co­logues obstétriciens et des sages-femmes. Les prati­ciens des hôpi­taux de Saintes et Rochefort y assureront une per­ma­nence en journée, de sorte que les futures mamans soient suiv­ies sur Roy­an tout au long de leur grossesse puis après leur séjour en mater­nité et n’aient à se déplac­er à Saintes ou Rochefort que pour leur accouche­ment.