Quel est votre sentiment sur la Stratégie nationale de santé ?

Sur la forme, nous sommes forte­ment agacés par son manque de clarté. Le mode de com­mu­ni­ca­tion  du min­istère de la San­té est assez par­ti­c­uli­er : con­férences de presse, com­mu­ni­ca­tion par dia­po­ra­ma, etc. Nous avons accès à des bribes de textes… Il est dif­fi­cile d’é­val­uer les risques réels quand il n’y a pas encore de texte, c’est une stratégie con­nue. Sur le fond, cer­tains points parais­sent inac­cept­a­bles et dan­gereux pour l’offre de soin. Par exem­ple, l’exclusion des étab­lisse­ments privés des mis­sions de ser­vice pub­lic. Le secteur privé par­ticipe aujour­d’hui pleine­ment au ser­vice pub­lic de san­té, avec des étab­lisse­ments qui accueil­lent aux urgences 24h sur 24 tout type de patients dans le cadre de la per­ma­nence des soins.

Quelles contradictions la Stratégie nationale de santé soulève-t-elle ?

Nous ne com­prenons pas du tout la posi­tion du gou­verne­ment qui inter­di­rait la prise en charge des urgences si les étab­lisse­ments privés tra­vail­lent avec des prati­ciens de secteur II. Aujour­d’hui, près de 80 % des chirurgiens libéraux exer­cent en secteur II. La pos­si­bil­ité de fac­tur­er des com­plé­ments d’honoraires est néces­saire à la pra­tique de notre activ­ité. Pénalis­er les étab­lisse­ments privés qui tra­vail­lent avec des prati­ciens de secteur II a d’au­tant moins de sens que l’hôpital pub­lic a lui aus­si un secteur privé… La loi ne remet pas pour autant en ques­tion son appar­te­nance au ser­vice pub­lic. Ce qui est présen­té est extrême­ment dan­gereux pour l’offre de soin dans les années à venir.

Quelle est la stratégie du Bloc face à cette situation ?

Pour l’instant, nous sommes dans l’analyse et l’information. Nous aver­tis­sons nos con­frères sur les risques de cette loi, nous menons une réflex­ion avec l’ensemble des pro­fes­sion­nels libéraux, la FHP et son nou­veau prési­dent pour être prêts à réa­gir dès la paru­tion des textes. Nous fer­ons aus­si de l’information en direc­tion des patients, car ce seront les pre­miers con­cernés, et les pre­miers pénal­isés. Il faut que les Français com­pren­nent ce qui va se pass­er. L’articulation de la loi et du PLFSS reste encore à pré­cis­er. Si les annonces se con­fir­ment, une vaste mobil­i­sa­tion du monde libéral sera inéluctable.