Le Brésil a Ney­mar, et l’Alle­magne, une équipe ! Voilà l’analyse que partageaient les obser­va­teurs de foot­ball hier. L’équipe française, per­dante ven­dre­di dernier face à la Mannschaft avait pour­tant, elle aus­si, fait preuve d’un bel esprit et d’une grande sol­i­dar­ité d’équipe. Quel élé­ment fait-il la dif­férence ? La tac­tique. Être soudés ET stratèges est l’en­seigne­ment, certes atten­du mais qui s’im­pose, que nous pou­vons tir­er des résul­tats à ce stade de la Coupe du Monde. La men­ace de la loi de San­té et son bloc d’oblig­a­tions aujour­d’hui inac­ces­si­bles pour nous, nous incite à ren­forcer nos lignes de défense mais simul­tané­ment à dis­pos­er d’une stratégie d’at­taque. Pour mouiller le mail­lot, nous n’at­ten­drons pas le jour où Marisol Touraine accordera toute sa con­fi­ance aux acteurs de san­té et réor­gan­is­era le sys­tème de soins selon leur excel­lence. Car pour l’heure, seule l’équipe Ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier (SPH) a de la valeur à ses yeux. La san­té n’est naturelle­ment pas un jeu mais une noble mis­sion et notre respon­s­abil­ité à tous. Ce n’est donc pas une vic­toire que nous irons chercher mais notre place à chaque fois qu’elle sera légitime. Sur le ter­rain san­i­taire et selon des règles claires et iden­tiques pour tous, les Français méri­tent les meilleurs soins délivrés par les joueurs les plus per­ti­nents d’une sit­u­a­tion don­née.

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

Conférence sociale : démarrage chaotique

Pas de réel débat en l’ab­sence d’une par­tie des syn­di­cats et employeurs hos­pi­tal­iers à la table ronde sur la san­té mar­di sans compter le boy­cott d’une par­tie des organ­i­sa­tions syn­di­cales et la non-invi­ta­tion de cer­taines organ­i­sa­tions : la FHP, la FHF, la FEHAP notam­ment. Toute­fois, la FHP était représen­tée par son prési­dent Lamine Ghar­bi, via la CGPME. Pour mémoire, les con­tri­bu­tions du secteur avaient été trans­mis­es au gou­verne­ment en avril dernier.

334 médecins (dont 155 généralistes) pour 100 000 habitants

Selon Data.Drees, la France compte au 1er jan­vi­er 219 834 médecins act­ifs occupés. Par­mi eux, 108 674 exer­cent comme libéraux exclusifs (49,4 %), 63 295 comme salariés hos­pi­tal­iers (28,8 %), 26 244 comme « autres salariés » (11,9 %) et 21 621 en exer­ci­ce mixte (libéral et hos­pi­tal­ier, 9,8 %). Sur le total, 11 481 sont rem­plaçants (5,2 %). Les 102 140 médecins général­istes représen­tent près de la moitié du total (46,5 %) et 61,7 % d’en­tre eux exer­cent comme libéraux exclusifs. Les femmes représen­tent 42,6 % des médecins mais seule­ment 34,8 % des libéraux exclusifs et 31,9 % des médecins à exer­ci­ce mixte. Par ailleurs, 617 000 infir­miers sont égale­ment en activ­ité.

L’herbe est-elle plus verte en Allemagne ?

50 % des étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers tous secteurs con­fon­dus, sont défici­taires selon le baromètre du Deutsches Kranken­hausin­sti­tut (don­nées 2012). Le Kranken­haus Rat­ing Report 2014 mesure, quant à lui, 35 % d’étab­lisse­ments défici­taires dont 16 % avaient un risque fort d’in­solv­abil­ité, c’est-à-dire deux fois plus qu’en 2010 (8 %), et par­mi lesquels fig­urent 3 % d’étab­lisse­ments privés (don­nées 2012 et à par­tir des résul­tats annuels nets de 1000 étab­lisse­ments). L’Alle­magne a un nom­bre de lits par habi­tant supérieur à la France 8,3 lits pour 1000 habi­tants (France, 6,3) selon l’OCDE. La con­som­ma­tion de médica­ments y est moins élevée qu’en France (114 euros/habitant con­tre 70 euros en Alle­magne) mais leurs prix sont les plus élevés d’Eu­rope. Le panier de soins rem­boursés a été redéfi­ni. En 2013 l’ex­cé­dent de la caisse d’as­sur­ance mal­adie s’est élevé à 1,36 mil­liard (5 mil­liards en 2012). Les fonds dont dis­posent les caiss­es d’as­sur­ance mal­adie s’élèvent à presque 30 mil­liards d’eu­ros en total­ité.

Open data

Marisol Touraine a reçu le rap­port de la Com­mis­sion Open-Data et accélère l’ou­ver­ture des don­nées publiques en san­té (don­nées du SNIIRAM et du PMSI,  don­nées rel­a­tives aux pro­fes­sion­nels et aux étab­lisse­ments, etc.). Le rap­port pro­pose d’ « uni­fi­er et sim­pli­fi­er les procé­dures d’ac­cès », selon des modal­ités dif­férentes en fonc­tion du degré d’anony­mat des don­nées en dis­tin­guant celles « stricte­ment anonymes », celles présen­tant « un très faible risque de ré-iden­ti­fi­ca­tion » et « les don­nées détail­lées ». Pour les don­nées avec un risque plus impor­tant de « réi­den­ti­fi­ca­tion », la com­mis­sion pro­pose de « sim­pli­fi­er le cir­cuit des deman­des d’ac­cès des organ­ismes privés ou publics en créant un canal unique d’au­tori­sa­tion délivrée par la CNIL ». Cet avis pour­rait être dou­blé de celui d’un comité d’ori­en­ta­tion.

L’insuffisance cardiaque : un enjeu de santé publique

Selon le récent rap­port de la Société européenne de car­di­olo­gie, l’in­suff­i­sance car­diaque est la troisième cause de mor­tal­ité car­dio­vas­cu­laire, der­rière les acci­dents vas­cu­laires cérébraux et les infarc­tus du myocarde. Elle touche 1 à 2 % de la pop­u­la­tion adulte dans les pays dévelop­pés et plus de 10 % des per­son­nes de 70 ans et plus. En France, les dif­férentes études esti­ment à plus de 2 % la pro­por­tion d’adultes touchés. Et comme sa fréquence croît avec l’âge, le nom­bre de per­son­nes con­cernées va régulière­ment aug­menter au cours des décen­nies à venir. Les auteurs soulig­nent surtout la néces­sité de pour­suiv­re et de sys­té­ma­tis­er la sur­veil­lance de l’in­suff­i­sance car­diaque, qui con­stitue un véri­ta­ble enjeu pri­or­i­taire de san­té publique.

La CMU coûte 1,6 milliard d’euros par an

… ce qui représente moins de 1 % des dépens­es de san­té. Le gou­verne­ment a élar­gi les con­di­tions d’ac­cès pour lut­ter con­tre la pau­vreté et le nom­bre de béné­fi­ci­aires de la CMU‑C frôle les 5 mil­lions de per­son­nes (+ 8,6 % en un an). La CMU est désor­mais ouverte à tout céli­bataire dont les revenus men­su­els sont inférieurs à 720 euros. Pour un cou­ple avec un enfant, le pla­fond de ressources men­su­el est de 1 297 euros.

 

 

 

 

 

 

 

Et si vous instal­liez un potager sur votre toit ?
Avez-vous déjà songé à réamé­nag­er et tir­er par­ti des immenses sur­faces de toi­tures inutil­isées ou de tout espace attenant à votre étab­lisse­ment vide, béton­né ou en proie aux mau­vais­es herbes ? De plus en plus d’établissements de san­té réin­vestis­sent les toits-ter­rass­es ou les abor­ds de leur bâti­ment en y inté­grant potagers, espaces verts, ser­res, plantes d’agrément ou nourri­cières. La Clin­ique Pas­teur en plein cen­tre-ville de Toulouse par exem­ple, vient d’aménager un potager de 500 m² sur son toit . Les 150 kilos de tomates, 35 kilos de hari­cots verts, frais­es, fram­bois­es et basil­ic, cul­tivés dans des ser­res en géo­tex­tile, seront cuis­inés une fois par mois par la can­tine de l’établissement. Un geste vert, certes, mais aus­si un geste social qui crée du lien, un tra­vail auquel peu­vent être asso­ciés les patients. Les ver­tus cura­tives du plaisir de tra­vailler la terre et d’en déguster les récoltes, c’est aus­si l’argument défendu pour la créa­tion de ces jardins sus­pendus qui par­ticipent à l’ancrage d’un étab­lisse­ment dans son envi­ron­nement, sans nuire à celui-ci, voire même en l’enrichissant.