Après le temps de l’analyse puis la phase d’in­com­préhen­sion dépassée, c’est aujour­d’hui une pos­ture de dénon­ci­a­tion qu’adopte la FHP-MCO. La déci­sion de l’ARS Franche-Comté de refuser la réou­ver­ture de la mater­nité privée de Mont­béliard est injuste. L’équipe de la FHP-MCO suit depuis plusieurs semaines ce dossier et nous affir­mons aujour­d’hui que l’ar­gu­men­ta­tion de la tutelle est injuste et inéquitable car les exi­gences régle­men­taires des décrets de 1998 sont aujourd’hui très large­ment respec­tées. L’étab­lisse­ment répond désor­mais en tout point aux deman­des de l’ad­min­is­tra­tion et apporte toutes les garanties req­ui­s­es. La Com­mis­sion spé­cial­isée de l’or­gan­i­sa­tion des soins (CSOS) a d’ailleurs délivré un avis favor­able. Le cas de Mont­béliard est emblé­ma­tique car il repose la ques­tion majeure du cadre admin­is­tratif du régime des autori­sa­tions. La pro­fes­sion ne peut pas accepter ce traite­ment par­tial et inique qui pénalise dans ce cas, 150 salariés et de très nom­breux prati­ciens mais égale­ment les par­turi­entes en les pri­vant de la lib­erté du choix de leur étab­lisse­ment et de leur médecin. À lui seul, ce cas résume la par­tial­ité de la tutelle et l’opac­ité du sys­tème. Les règles sont les règles et les mêmes droits et devoirs s’im­posent à chaque acteur de san­té pub­lic comme privé. FHP, FHP-MCO, syn­di­cat Le Bloc et Kapa San­té auquel appar­tient la clin­ique, ont fait savoir que le dépôt d’un recours juridique est aujourd’hui acté.

Lamine Ghar­bi
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO

La loi de santé : ce qu’il faut savoir…

La loi est artic­ulée autour de qua­tre pri­or­ités : la préven­tion, socle de la poli­tique de san­té ; la médecine de par­cours, le ser­vice ter­ri­to­r­i­al de san­té au pub­lic, l’accès aux soins, le pre­mier recours et l’hôpital ; l’in­no­va­tion (métiers, com­pé­tences, tech­nolo­gies) ; la gou­ver­nance et la démoc­ra­tie san­i­taire. La loi remet en cause les mis­sions de ser­vice pub­lic mis­es en place par la loi HPST. Elle remet en place un ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier y com­pris via les étab­lisse­ments asso­ci­at­ifs PSPH (par­tic­i­pant au ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier)… le tout étant inté­gré dans un ser­vice ter­ri­to­r­i­al de san­té au pub­lic (STSP). L’ac­cès au Ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier est acquis pour les étab­lisse­ments de san­té publics et les étab­lisse­ments de san­té asso­ci­at­ifs (NDLR : « droit de nais­sance »). L’ac­cès au ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier pour les étab­lisse­ments de san­té privés « à but lucratif » est sur demande auprès de l’ARS et sous réserve de son accep­ta­tion. Notre accès à ce ser­vice pub­lic appa­raît impos­si­ble en l’état actuel des critères notam­ment celui sur « l’absence de fac­tura­tion au patient de dépasse­ments des tar­ifs fixés par l’autorité admin­is­tra­tive et des tar­ifs des hon­o­raires prévus au 1° du I de l’article L. 162–14‑1 du code de la sécu­rité sociale. Les garanties énon­cées aux 1° à 5° du présent I sont assurées aux patients en toutes cir­con­stances par les étab­lisse­ments exé­cu­tant le ser­vice pub­lic hos­pi­tal­ier et les pro­fes­sion­nels de san­té y exerçant. Ces garanties sont appliquées à l’ensemble des presta­tions dis­pen­sées au patient ; y com­pris lorsque ce dernier est, dans le décours de sa prise en charge, trans­féré tem­po­raire­ment dans un autre étab­lisse­ment de san­té pour cer­tains actes médi­caux. »

280 millions d’euros d’économies sur le dos des maternités

L’as­sur­ance mal­adie prévoit de pou­voir faire sor­tir davan­tage de mamans au bout de trois jours et vise ain­si à économiser 280 mil­lions d’eu­ros. « Il s’agit là d’un effet d’annonce de la part de la CNAMTS, sans fonde­ments économiques pré­cis et sans lien avec la réal­ité de la prise en charge quo­ti­di­enne et des moyens mobil­isés au cours d’un séjour obstétri­cal. Si elle était réper­cutée telle quelle sur les étab­lisse­ments, cette mesure d’économie con­duirait à désta­bilis­er com­plète­ment des mater­nités déjà bien frag­iles », déclare Ségolène Ben­hamou, vice-prési­dente de la FHP-MCO dans un com­mu­niqué de presse dif­fusé le 1er juil­let. La struc­ture des coûts de pris­es en charge n’est pas linéaire mais dégres­sive. Les moyens mobil­isés sont plus impor­tants le pre­mier jour avec le recours au bloc obstétri­cal ou bien encore le besoin de recours aux pro­fes­sion­nels médi­caux et paramédi­caux. Le coût de la dernière journée est le plus faible. La baisse de la durée de séjour ne remet pas en cause les charges de l’établissement en place. La FHP-MCO demande offi­cielle­ment la com­mu­ni­ca­tion de la méthodolo­gie de la val­ori­sa­tion de ces soi-dis­ant économies.
Lire le com­mu­niqué de presse

2015 : 2,9 milliards d’euros d’économies en 25 actions

Économiser 10 mil­liards dans la san­té d’i­ci 2017 veut déjà dire économiser 2,9 mil­liards d’eu­ros en 2015 avec une pro­gres­sion de dépens­es rem­boursées par l’as­sur­ance mal­adie lim­itée à 2,1 %, ce qui serait la pro­gres­sion la plus faible depuis vingt ans. Or vieil­lisse­ment et mal­adies chroniques poussent une aug­men­ta­tion des dépens­es de l’or­dre de 3,7 %. La CNAM pro­pose un plan d’é­conomies en 25 actions, par exem­ple : 700 mil­lions en maîtrisant les pre­scrip­tions ; 780 mil­lions en bais­sant le prix des médica­ments et favorisant les génériques ; 300 mil­lions sur l’op­ti­mi­sa­tion des achats des hôpi­taux ; 150 mil­lions en bais­sant les tar­ifs des radi­o­logues et biol­o­gistes.

Les IRM des membres inférieurs sous l’œil de la sécu

Dans le plan d’é­conomies en 25 actions, présen­té cette semaine, la CNAM pré­conise de rac­cour­cir les séjours en mater­nité, amélior­er les pre­scrip­tions ou encore éviter les actes inutiles. Elle s’in­ter­roge une nou­velle fois sur la per­ti­nence de cer­tains actes chirur­gi­caux. « La vari­abil­ité des pra­tiques médi­cales selon les ter­ri­toires reste très impor­tante » et « les patients sont par­fois sur-diag­nos­tiqués et sur-traités ». Pour 2015, il s’a­gi­rait notam­ment de mieux cibler les appen­dicec­tomies, les abla­tions de la thy­roïde ou encore la chirurgie ORL. Économies atten­dues : 43 mil­lions d’eu­ros. Enfin, elle piste les par­cours de soins pour les IRM des mem­bres inférieurs (plus d’un mil­lion en 2013) qui pour l’ex­plo­ration des lésions des mem­bres est d’ailleurs « très supérieure » par rap­port aux pays européens et nord-améri­cains. Pour 52 % des béné­fi­ci­aires, elle n’a pas été précédée d’une radi­ogra­phie, comme le recom­mande la HAS. Lim­iter le recours à cet acte per­me­t­trait d’é­conomiser 29 mil­lions d’eu­ros (réduc­tion de 15 % de ces IRM), et 30 mil­lions sup­plé­men­taires pour les IRM du rachis.

L’Observatoire économique et financier FHP-MCO/CTC Conseil : pour vous défendre

La FHP-MCO s’est engagée dans une stratégie reven­dica­tive, en par­ti­c­uli­er pour dénon­cer la sit­u­a­tion économique et finan­cière dra­ma­tique dans laque­lle se trou­vent les étab­lisse­ments de san­té MCO. Il est pri­mor­dial que nos actions por­tent sur des don­nées les plus récentes pos­si­bles, au moment de la con­struc­tion de la cam­pagne tar­i­faire en octo­bre. Nous vous invi­tons à adhér­er à l‘Observatoire économique et financier 2014, afin qu’un nom­bre impor­tant d’étab­lisse­ments four­nisse les élé­ments néces­saires à CTC Con­seil, chargé par la FHP-MCO de col­lecter les don­nées et d’en garan­tir l’anonymat. Pour cela, vous trou­verez ci-joint le ques­tion­naire 2014, à retourn­er rem­pli à info@ctc-conseil.com. Grâce à vos retours, nous sommes en capac­ité de vous défendre. L‘an dernier, l’ob­ser­va­toire fai­sait état de 37 % d’établissements en sit­u­a­tion défici­taire, con­tre 22 % en 2006 ! 71 % des étab­lisse­ments se situent en dessous du seuil de résul­tat net min­i­mum pré­con­isé par les experts financiers (à savoir 3 %).

Transparence sur les relations médecins/industriels

C’est l’objet du site www.transparence.sante.gouv.fr qui affiche tous les liens d’in­térêt entre les pro­fes­sion­nels et les indus­tries phar­ma­ceu­tiques. Mais « qui dit lien d’in­térêt ne dit pas néces­saire­ment con­flit d’in­térêts », a tenu à pré­cis­er la min­istre Marisol Touraine. On y trou­ve les « avan­tages » con­sen­tis sans que cela donne lieu à une con­trepar­tie directe (invi­ta­tion à déje­uner, par­tic­i­pa­tion à une for­ma­tion, délivrance d’ob­jets, etc.). Une autre par­tie con­cerne des « con­ven­tions » passées entre les deux par­ties, don­nant lieu à des oblig­a­tions récipro­ques (déplace­ment à un con­grès à l’é­tranger pour une inter­ven­tion dans une réu­nion organ­isée par l’in­dus­triel, rôle d’« expert », de « con­seil » ou rédac­tion de rap­ports, études de marché). Pour ces « con­ven­tions », les lab­o­ra­toires ont obtenu que ces sommes, par­fois non nég­lige­ables, ne soient pas ren­dues publiques.


Les impacts san­i­taires des per­tur­ba­teurs endocriniens coû­tent cher
Réduire l’exposition aux per­tur­ba­teurs endocriniens per­me­t­trait de réalis­er 31 mil­liards d’euros d’économies dans l’Union européenne, c’est ce qu’avance le Réseau Envi­ron­nement San­té (RES). L’ONG HEAL (Health and Envi­ron­ment Alliance) a con­fié à deux écon­o­mistes le soin d’évaluer le mon­tant des frais de san­té résul­tant de cinq caté­gories de trou­bles liés à des déséquili­bres hor­monaux : infan­til­ité ; mal­for­ma­tions géni­tales chez des petits garçons ; can­cers hor­mono-dépen­dants ; obésité et dia­bète ; trou­bles autis­tiques et neu­ro-com­porte­men­taux des enfants. Des patholo­gies qui pèsent 82 mil­liards dans l’escarcelle de la san­té française. Sur cette somme, les écon­o­mistes ont alors estimé la part due à ces sub­stances de syn­thèse présentes dans les embal­lages, les pes­ti­cides et autres cos­mé­tiques en étayant leur hypothèse sur une étude épidémi­ologique améri­caine. Selon leurs cal­culs, cette expo­si­tion coûterait à la France pas moins de 4 mil­liards d’euros par an.